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Hérode Antipas

Hérode Antipas est le fils d'Hérode le Grand qui gouverne la Galilée du vivant de Jésus : c'est lui qui fait décapiter Jean-Baptiste, et lui que Pilate fait comparaître Jésus devant lui pendant la Passion.

À ne pas confondre

Trois personnages différents portent ce nom dans le Nouveau Testament, et il faut absolument les distinguer. Hérode le Grand est le père : c'est lui qui règne à la naissance de Jésus, reçoit les mages et fait tuer les enfants de Bethléem (Mt 2) ; il meurt vers 4 av. J.-C., donc bien avant la vie publique de Jésus. Hérode Antipas, son fils, est celui de tous les épisodes évangéliques ultérieurs : Jean-Baptiste, la Passion. Hérode Agrippa (Agrippa I<sup>er</sup>), petit-fils d'Hérode le Grand, n'apparaît pas dans les évangiles mais dans les Actes des Apôtres, où il fait exécuter l'apôtre Jacques (Ac 12) ; son fils Agrippa II entend Paul plus tard (Ac 25-26).

Ne pas confondre non plus Antipas avec son demi-frère Philippe, également tétrarque, mais d'une autre région (Lc 3, 1). Enfin, le personnage qui condamne Jésus à mort est Ponce Pilate, le gouverneur romain, non Hérode : celui-ci se contente de le railler et de le renvoyer.

Qui c'est

Hérode Antipas (né vers 20 av. J.-C., mort après 39 apr. J.-C.) est l'un des fils d'Hérode le Grand. À la mort de son père, le royaume est partagé entre plusieurs héritiers : Antipas reçoit la Galilée et la Pérée, région située à l'est du Jourdain, qu'il gouverne pendant une quarantaine d'années, c'est-à-dire pendant toute la vie publique de Jésus.

Son titre officiel est celui de tétrarque, littéralement « chef d'un quart » de territoire : c'est un rang inférieur à celui de roi, et il ne règne que par la faveur de Rome. L'évangile de Marc l'appelle pourtant « roi » (Mc 6, 14), sans doute par usage courant. Les évangiles, eux, le désignent le plus souvent par le seul nom d'« Hérode », ce qui est la source de bien des confusions.

Il a épousé Hérodiade, qui était la femme de son frère — un mariage que la Loi juive interdisait, et que Jean-Baptiste lui reproche publiquement. Les évangiles ne disent rien de sa fin ; l'historien juif Flavius Josèphe rapporte qu'il fut destitué par Rome et envoyé en exil.

Dans les évangiles

Luc le situe précisément : « Hérode était tétrarque de Galilée » l'année où Jean-Baptiste commence à prêcher (Lc 3, 1). C'est le repère chronologique qui ancre l'évangile dans l'histoire.

Son premier acte rapporté est l'arrestation de Jean-Baptiste, qui lui reprochait d'avoir pris la femme de son frère. Marc raconte longuement la suite : Hérode craignait Jean, le savait juste et saint, l'écoutait volontiers tout en restant perplexe ; mais lors d'un banquet d'anniversaire, séduit par la danse de la fille d'Hérodiade, il promet par serment de lui donner ce qu'elle demandera. Poussée par sa mère, elle réclame la tête de Jean. Hérode est « attristé », mais à cause de ses serments et des convives, il fait exécuter le prisonnier (Mc 6, 17-29). L'évangile ne donne pas le nom de la jeune fille.

Ensuite, Hérode entend parler de Jésus et s'interroge : certains disent que Jean est ressuscité. « Jean, je l'ai fait décapiter. Mais celui-ci, qui est-il ? » Et il cherchait à le voir (Lc 9, 7-9). Des pharisiens avertissent plus tard Jésus qu'Hérode veut le faire mourir ; Jésus répond : « Allez dire à ce renard… » (Lc 13, 31-32).

Au moment de la Passion, Luc est le seul à rapporter que Pilate, apprenant que Jésus est galiléen, l'envoie à Hérode alors présent à Jérusalem. Hérode se réjouit, espérant lui voir faire un miracle, et le presse de questions ; Jésus ne lui répond rien. Hérode le tourne en dérision, le revêt d'un manteau brillant et le renvoie à Pilate. Ce jour-là, note Luc, les deux hommes devinrent amis (Lc 23, 6-12).

Ce que la tradition en retient

La tradition chrétienne retient surtout Hérode Antipas comme la figure du pouvoir qui sait, hésite et cède : les évangiles le montrent écoutant Jean-Baptiste avec intérêt, puis le faisant tuer pour ne pas perdre la face devant ses invités. Son silence face au silence de Jésus (Lc 23, 9) a souvent été médité comme le refus d'une curiosité qui cherche le spectacle plutôt que la vérité.

Le récit du banquet a nourri une immense postérité artistique, autour du personnage traditionnellement appelé Salomé — un nom qui ne vient pas des évangiles, mais de l'historien juif Flavius Josèphe. La liturgie du 29 août fait mémoire du martyre de Jean-Baptiste, dont Antipas est l'exécuteur.

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