Aller au contenu
comprendrelamesse.fr

S. Pio de Pietrelcina (Padre Pio), prêtre

25ème Semaine du Temps Ordinaire

Première visite ? Ce que vous lisez ici

Ces textes sont ceux lus aujourd'hui dans toutes les églises catholiques : une lecture de l'Ancien Testament, un psaume chanté en réponse, parfois une lettre d'apôtre le dimanche, puis l'Évangile.

Comprendre ces pages explique le reste : pourquoi plusieurs lectures, ce que veut dire « Temps Ordinaire », et comment lire l'analyse.

Première lecture Ancien Testament

Proverbes 30, 5-9

« Ne me donne ni pauvreté ni richesse mais accorde-moi ma part de pain »

5 Toute parole de Dieu est éprouvée par le feu ; il est un bouclier pour ceux qui se réfugient auprès de lui.

6 N’ajoute rien à ses paroles, de peur qu’il ne te reprenne et que tu ne sois trouvé menteur.

7 Je te demande deux choses, ne me les refuse pas avant que je meure :

8 Eloigne de moi la fausseté et la parole mensongère ; ne me donne ni pauvreté, ni richesse, accorde-moi le pain qui m’est nécessaire :

9 de peur que, rassasié, je ne te renie et ne dise : « Qui est Yahweh ? » ; et que, devenu pauvre, je ne dérobe, et n’outrage le nom de mon Dieu.

Comprendre ce passage

Deux réponses qui débloquent la lecture, puis des repères, puis ce qui intéresse les curieux.

Où l’on se trouve Pour situer le passage avant de lire

Les Proverbes rassemblent des sentences. Une sagesse accumulée sur plusieurs siècles, attribuée en bloc au roi Salomon. Mais la fin du livre juxtapose de petites collections signées d'autres noms, et le chapitre 30 s'ouvre sur les « paroles d'Agour, fils de Yaqé », un sage dont on ignore tout et qui, selon toute vraisemblance, n'était pas israélite.

Juste avant notre passage, Agour avoue son ignorance. Il déclare n'avoir pas appris la sagesse, puis enchaîne les questions : qui est monté au ciel, qui tient le vent dans ses poings, qui a fixé les limites de la terre ? L'homme ne sait pas. Dieu seul sait. Notre extrait en tire les conséquences : si l'homme ne peut connaître Dieu par ses propres moyens, il lui reste la parole donnée (versets 5-6) et la prière (versets 7-9). Passé le verset 9, le chapitre bascule dans une série de proverbes chiffrés (« trois choses… et même quatre »).

En semaine, la première lecture de la messe avance dans un livre à son propre rythme, sans lien voulu avec l'évangile du jour.

Qui est là Les personnages, en deux lignes chacun
Agour, fils de Yaqé

Sage à qui le chapitre 30 des Proverbes est attribué ; on ignore tout de lui, et son nom comme celui de son père ne sont pas israélites, ce qui suggère que la sagesse d'Israël a intégré des paroles venues d'ailleurs.

C'est lui qui parle ici : après avoir avoué son incapacité à connaître Dieu par ses seules forces, il formule une double demande, unique en son genre dans le livre des Proverbes.

Dieu

Le Dieu d'Israël, désigné dans le passage par sa parole, par son nom et par le titre de Seigneur.

Il est celui à qui la prière s'adresse, mais aussi celui dont la parole est décrite comme fiable et protectrice, et dont le nom peut être déshonoré par la conduite du croyant.

Le riche et le voleur

Deux figures typiques de la littérature de sagesse, qui ne désignent pas des personnes précises mais des situations humaines.

Ils servent d'arguments : Agour explique pourquoi il redoute autant l'abondance que la misère, chacune menaçant à sa manière sa relation à Dieu.

Ce qui surprend dans cette traduction

Le texte affiché est celui de Sainte Bible néo-Crampon Libre (2022). Ce n’est pas la traduction lue à la messe, qui appartient à l’AELF : les mots diffèrent, le sens est le même.

« éprouvée au feu »

L'image vient du travail des métaux : l'or ou l'argent passés au creuset perdent leurs impuretés. Dire que la parole de Dieu est éprouvée, c'est dire qu'elle est pure, sans alliage, et donc entièrement fiable.

« profaner le nom »

Profaner signifie traiter comme banal ce qui est sacré. Dans la Bible, le nom de Dieu représente Dieu lui-même : une conduite indigne de la part de celui qui se réclame de lui revient à salir ce nom aux yeux des autres.

Ailleurs dans l’Écriture
Ps 18, 31 Ancien Testament

Ce psaume contient presque mot pour mot l'affirmation du verset 5 : la parole de Dieu est éprouvée comme un métal purifié, et Dieu fait bouclier pour ceux qui se réfugient en lui. Agour ne crée donc pas une formule. Il cite un texte déjà connu et prié en Israël, ce qui indique qu'il s'inscrit dans une tradition reçue plutôt qu'il ne parle de son propre fonds.

Dt 4, 2 Ancien Testament

Le Deutéronome interdit d'ajouter quoi que ce soit aux commandements donnés par Dieu, et d'en retrancher quoi que ce soit. Le verset 6 reprend cette règle et l'étend à la parole divine en général. L'enjeu ne change pas : ce que Dieu dit suffit, et le compléter reviendrait à lui prêter ce qu'il n'a pas dit.

Ps 12, 7 Ancien Testament

L'image y est développée : les paroles du Seigneur sont comparées à de l'argent passé au creuset et affiné sept fois. On comprend alors ce que signifie une parole « éprouvée ». Non pas soumise au doute, mais purifiée de tout alliage, donc entièrement fiable.

Mt 6, 11

La demande du pain dans le Notre Père rejoint la troisième requête d'Agour : ni réserve accumulée, ni manque, la ration du jour. Le rapprochement frappe. Il s'agit pourtant de deux textes indépendants qui expriment une même sobriété devant Dieu, et non d'une citation.

Clés de lecture
De la parole reçue à la prière

Le passage articule deux gestes : accueillir la parole de Dieu sans y ajouter les siennes, puis s'adresser à lui. L'ordre compte. Parce que Dieu a parlé et que sa parole tient, on peut lui demander quelque chose, et la mise en garde du verset 6 protège précisément cette fiabilité.

Deux demandes, un même souci

La première demande écarte le mensonge, la seconde les extrêmes de fortune. Elles paraissent hétérogènes, pourtant elles visent la même chose : ce qui pourrait fausser le rapport à Dieu. La richesse rend l'homme suffisant. La misère le pousse au vol. Dans les deux cas, c'est la vérité de sa relation à Dieu qui se défait.

Le vol comme profanation

Le raisonnement du verset 9 surprend : voler n'est pas seulement une injustice envers une victime, c'est un déshonneur infligé au nom de Dieu. Dans la logique biblique, la conduite du croyant engage la réputation de celui dont il porte le nom. Tort social et offense religieuse ne se séparent pas.

Une sagesse de la juste mesure

Ce que demande Agour n'est ni un idéal de pauvreté ni une prospérité bénie, mais la ration de subsistance. Position originale dans un livre qui associe souvent la sagesse à la réussite matérielle, et preuve que les Proverbes ne tiennent pas un discours unique.

Ce que la tradition catholique y lit

Au sens littéral, ce texte enseigne deux choses : on peut se fier à la parole de Dieu, qu'aucun homme ne saurait compléter, et la condition matérielle n'est pas religieusement neutre, puisqu'elle peut mettre la fidélité en péril. L'interdiction d'ajouter à la parole divine a nourri la réflexion chrétienne sur la Révélation. Dieu s'est dit lui-même, et l'Église se comprend comme gardienne de ce dépôt, non comme productrice de révélations nouvelles.

La tradition chrétienne a lu la demande du pain à la lumière de la prière enseignée par Jésus, où il s'agit du pain de ce jour et non de réserves accumulées ; certains y ont vu aussi une ouverture vers le pain eucharistique. La méfiance envers la richesse rejoint l'avertissement évangélique sur l'impossibilité de servir deux maîtres. Quant au refus de la misère, il rappelle que l'indigence n'est pas voulue par Dieu : elle expose l'homme à des situations où sa dignité et sa droiture sont compromises.

Pour les curieux Rien d’indispensable
Quel genre de texte

Deux genres se succèdent ici. Les versets 5-6 relèvent de la sentence de sagesse : une affirmation générale sur la parole de Dieu, suivie d'une mise en garde.

Les versets 7-9 forment une prière, chose rare dans un livre fait de maximes. Elle suit un schéma numérique cher à la sagesse : annoncer un nombre, puis énumérer. Lire ce passage, c'est entendre un maître quitter l'enseignement pour la supplication, et appuyer sa demande sur un raisonnement plutôt que sur une émotion.

Qui écrit, et pour qui

Les Proverbes se donnent comme une œuvre de Salomon, ce roi réputé pour sa sagesse, mais le livre signale lui-même des collections d'origines diverses, dont celle d'Agour au chapitre 30. Les spécialistes situent la mise en forme finale du recueil après le retour d'exil, vers les Ve-IVe siècles avant Jésus-Christ, à partir de matériaux bien plus anciens. La datation reste discutée.

Ces textes servaient à éduquer. Ils s'adressent à des jeunes gens que l'on forme à une conduite juste, en Israël comme chez les grands voisins, Égypte et Mésopotamie, où circulaient des recueils comparables.

Lectures et références
  • Dt 8, 3 — Le désert apprend à Israël que l'homme ne vit pas seulement de pain, mais de ce qui sort de la bouche de Dieu : les deux thèmes du passage y sont déjà joints.
  • Mt 6, 24 — Jésus énonce sous forme d'alternative le danger que la prière d'Agour cherche à éviter : l'argent devenu maître à la place de Dieu.
  • Catéchisme, § 2837 — Le Catéchisme commente la demande du pain quotidien et la sobriété qu'elle implique.
  • Catéchisme, § 2534 — Sur la convoitise des biens d'autrui et le désordre qu'elle introduit dans le cœur.

À retenir

Un sage demande à Dieu ni fortune ni misère, mais le strict nécessaire, parce que l'une et l'autre risquent de rompre sa relation à celui dont la parole seule est fiable.

Vous voulez aller plus loin ? Connectez-vous pour demander un développement de ce passage : un texte plus ample, produit en une à deux minutes, et conservé ensuite pour tous les lecteurs.

Échanges

Aucun échange sur ce passage pour l’instant.

Pour laisser un commentaire, il faut créer un compte.

C’est immédiat et sans mot de passe : vous donnez votre adresse, vous cliquez sur le lien reçu, et c’est fait. Le compte sert aussi à mettre des lectures en favori et à les retrouver.

Créer un compte

Lire le site, lui, ne demande rien.

Psaume

Psaumes 118, 29 . 118, 72 . 118, 89 . 118, 101 . 118, 104 . 118, 163

29 Eloigne de moi la voie du mensonge, et accorde-moi la faveur de ta loi.

72 Mieux vaut pour moi la loi de ta bouche ; que des monceaux d’or et d’argent.

89 A jamais, Yahweh, ta parole est établie dans les cieux.

101 Je retiens mon pied loin de tout sentier mauvais, afin de garder ta parole.

104 Par tes ordonnances je deviens intelligent, aussi je hais tous les sentiers du mensonge.

163 Je hais le mensonge, je l’ai en horreur ; j’aime ta loi.

La numérotation des psaumes diffère entre la liturgie et les bibles imprimées : le découpage ci-dessus peut s'écarter d'un verset de la sélection liturgique.

Échanges

Aucun échange sur ce passage pour l’instant.

Pour laisser un commentaire, il faut créer un compte.

C’est immédiat et sans mot de passe : vous donnez votre adresse, vous cliquez sur le lien reçu, et c’est fait. Le compte sert aussi à mettre des lectures en favori et à les retrouver.

Créer un compte

Lire le site, lui, ne demande rien.

Évangile

Luc 9, 1-6

« Il les envoya proclamer le règne de Dieu et guérir les malades »

1 Ayant assemblé les Douze, Jésus leur donna puissance et autorité sur tous les démons, et le pouvoir de guérir les maladies.

2 Et il les envoya prêcher le royaume de Dieu et guérir les malades,

3 et il leur dit : « Ne prenez rien pour le voyage, ni bâton, ni sac, ni pain, ni argent, et n’ayez pas deux tuniques.

4 Dans quelque maison que vous entriez, demeurez-y jusqu’à ce que vous partiez de ce lieu.

5 Si l’on refuse de vous recevoir, sortez de cette ville et secouez même la poussière de vos pieds en témoignage contre eux. »

6 Les disciples étant partis allèrent de village en village, prêchant l’Évangile et opérant partout des guérisons.

Comprendre ce passage

Deux réponses qui débloquent la lecture, puis des repères, puis ce qui intéresse les curieux.

Où l’on se trouve Pour situer le passage avant de lire

Nous sommes toujours en Galilée, dans le nord, là où Jésus a commencé sa prédication itinérante. Juste avant, Luc a enchaîné les récits d'autorité : la tempête apaisée, un homme délivré d'un esprit mauvais, une femme malade depuis douze ans guérie, la fille de Jaïre rendue à la vie.

Ici, quelque chose bascule. Ce que Jésus faisait seul, il le confie désormais à d'autres : il rassemble les Douze, ce groupe restreint choisi parmi ses disciples (Lc 6, 12-16), et les envoie faire ce qu'il fait lui-même.

Ensuite viennent l'inquiétude d'Hérode, qui entend parler de Jésus et se demande qui il peut bien être, le retour des envoyés, puis la multiplication des pains. En semaine, l'évangile se lit ainsi en continu, chapitre après chapitre, sans rapport voulu avec la première lecture du jour.

Qui est là Les personnages, en deux lignes chacun
Jésus

Prédicateur itinérant de Galilée que les évangiles présentent comme l'envoyé de Dieu ; il guérit, enseigne et rassemble autour de lui un groupe de disciples.

Il est celui qui donne : de lui viennent le pouvoir, la mission, les consignes de route. Il ne les accompagne pas. Il les délègue.

les Douze

Douze hommes choisis par Jésus parmi le groupe plus large de ses disciples, pour vivre avec lui de façon permanente. Le chiffre douze renvoie aux douze tribus d'Israël et signifie que Jésus rassemble le peuple de Dieu.

Ils reçoivent une autorité qui n'est pas la leur et l'exercent en son nom, parcourant les villages pour annoncer et guérir.

les habitants des maisons et des villes

Population juive de Galilée, chez qui les envoyés vont chercher l'hospitalité ; l'accueil d'un voyageur à sa table et sous son toit était une obligation sociale forte.

Un choix leur est posé : accueillir ou refuser les envoyés, ce qui revient à accueillir ou refuser le message lui-même.

Mots à connaître
le règne de Dieu

Expression juive qui ne désigne pas un territoire mais le moment où Dieu exerce enfin sa royauté, rétablit la justice et libère son peuple. Guérisons et libérations opérées par les envoyés sont présentées comme les premiers signes visibles de cette intervention.

secouer la poussière de ses pieds

Geste symbolique connu dans le judaïsme : en rentrant de territoire étranger, on secouait ses sandales pour ne rien rapporter d'impur. Appliqué ici à des villes juives, il signifie que les envoyés n'emportent rien de ce refus, dont la responsabilité revient à ceux qui l'ont opposé.

la tunique

Vêtement de dessous porté à même le corps. En emporter un second, sur les longues routes, relevait de la précaution ordinaire du voyageur. L'interdiction d'en prendre un de rechange signifie que les envoyés partent sans aucune réserve.

le sac

Besace du voyageur, mais aussi sacoche dans laquelle les prédicateurs ambulants de l'époque recueillaient les aumônes. L'interdiction coupe court à toute confusion entre les envoyés de Jésus et ces mendiants professionnels.

Ailleurs dans l’Écriture
Mc 6, 7-13 même épisode, autre évangile

Marc raconte le même envoi, mais autorise le bâton et les sandales, là où Luc interdit tout bagage. Marc précise aussi que les Douze partent deux par deux et font des onctions d'huile sur les malades. Ces écarts n'ont pas à être excusés comme des contradictions : chaque évangéliste ajuste les consignes au dénuement qu'il veut souligner.

Mt 10, 1-15 même épisode, autre évangile

Matthieu étire le même épisode en un long discours de mission, avec la consigne de n'aller d'abord que vers les brebis perdues d'Israël et l'annonce des persécutions à venir. Luc va à l'essentiel et repousse les avertissements sur les persécutions à d'autres endroits de son récit.

Lc 10, 1-12

Plus loin, Luc raconte un second envoi, celui de soixante-douze disciples, avec des consignes très proches. Ce redoublement lui est propre. Il suggère que la mission déborde le cercle des Douze et s'élargit, ce qui prépare le récit de l'expansion de l'Église dans les Actes des Apôtres, livre du même auteur.

Clés de lecture
Une autorité reçue, non acquise

Les Douze ne disposent de rien par eux-mêmes, et le texte y insiste : le pouvoir sur les esprits mauvais comme la capacité de guérir leur sont donnés. Leur action prolonge celle de Jésus sans s'y substituer.

Parole et guérison ensemble

Luc associe systématiquement les deux. Annoncer et guérir ne forment pas deux missions distinctes : la guérison rend crédible et visible ce que la parole affirme, à savoir que Dieu intervient dès maintenant.

Le dénuement comme méthode

Partir sans bagage n'est pas un exercice d'ascèse pour lui-même. Cela oblige les envoyés à dépendre de l'hospitalité de ceux qu'ils rencontrent. Rester dans la première maison qui accueille interdit par ailleurs de chercher un logement plus confortable, donc de transformer la mission en carrière.

La liberté du refus

Jésus prévoit explicitement le rejet du message, et n'ordonne ni insistance ni représaille. La poussière secouée laisse le refus à ceux qui le posent, et libère les envoyés pour aller ailleurs.

Ce que la tradition catholique y lit

Au sens littéral, il s'agit d'une mission limitée dans le temps, en Galilée, du vivant de Jésus. La tradition catholique y lit pourtant la racine de ce que deviendra l'envoi des apôtres après Pâques : le mot grec apostolos signifie « envoyé », et c'est ici que les Douze commencent à mériter ce nom.

L'Église y reconnaît le fondement de sa mission. Ce qu'elle annonce ne lui appartient pas, elle le tient du Christ, et l'autorité de ceux qui prêchent est une autorité reçue. Le dénuement demandé est lu traditionnellement comme le signe que l'annonce ne s'impose pas par les moyens du pouvoir ou de la richesse.

Parole et guérison vont ensemble : très tôt, on en a conclu que soigner les corps appartient à l'annonce, et n'en est pas une œuvre annexe.

Pour les curieux Rien d’indispensable
Quel genre de texte

Ce court texte mêle un récit d'envoi et une série de consignes pratiques. Rien d'un règlement intemporel : c'est le récit d'une mission précise, limitée dans le temps, dont Luc retient les conditions matérielles.

Le style est dépouillé, volontairement. Luc encadre les paroles de Jésus par le départ et le retour, si bien que l'obéissance des envoyés répond mot pour mot à l'ordre reçu.

Qui écrit, et pour qui

La tradition attribue l'évangile selon Luc à un compagnon de Paul, médecin de formation. Il n'a pas connu Jésus. Il a recueilli des témoignages, comme il l'explique dès les premières lignes de son livre.

Il écrit sans doute vers les années 80, pour des communautés de culture grecque, largement non juives, installées hors de Palestine ; la date et le lieu exacts restent débattus. Son évangile forme un ensemble avec les Actes des Apôtres, qui racontent comment l'annonce partie de Jérusalem gagne le monde. L'envoi en mission y occupe donc une position stratégique.

Lectures et références
  • Lc 6, 12-16 — Récit du choix des Douze par Jésus, auquel ce passage fait directement suite.
  • Lc 9, 10 — Le retour des envoyés, qui rendent compte à Jésus de ce qu'ils ont fait.
  • Ac 13, 51 — Paul et Barnabé accomplissent le geste de secouer la poussière de leurs pieds, signe que cette consigne a été reçue comme une pratique missionnaire.
  • Catéchisme, § 858 — Explique le sens du mot apôtre comme envoyé et le lien entre la mission du Christ et celle des Douze.

À retenir

Jésus délègue aux Douze sa propre action, annoncer et guérir, en leur imposant de partir sans rien, pour que l'autorité du message ne repose sur aucun moyen humain.

Vous voulez aller plus loin ? Connectez-vous pour demander un développement de ce passage : un texte plus ample, produit en une à deux minutes, et conservé ensuite pour tous les lecteurs.

Ce que les Pères de l’Église en ont dit

Extraits de la Chaîne d’or, compilation des commentaires des Pères réunie par saint Thomas d’Aquin vers 1263. Contrairement au reste de cette page, ces textes ne sont pas produits par une intelligence artificielle : ils sont recopiés sans modification.

S. Cyrille

Il convenait que les ministres établis de Dieu pour enseigner la sainte doctrine, eussent le pouvoir de faire des miracles et de faire reconnaître par leurs oeuvres, qu’ils étaient les envoyés de Dieu : « Jésus ayant assemblé les douze Apôtres, leur donna puissance et autorité sur tous les démons, » etc. Il abaisse ainsi la fierté superbe du démon, qui avait osé dire autrefois : Nul ne peut me contredire. ( Is 10, 14.)

Eusèbe

Comme il veut conquérir par eux tout le genre humain, il leur donne non seulement le pouvoir de chasser les esprits mauvais, mais encore de guérir en son nom toute espèce d’infirmité : « Et pour guérir les maladies. »

S. Cyrille

(Très. , 14, 14.) Considérez ici la divine puissance du Fils de Dieu, qui ne peut convenir à aucune nature créée, car si les saints faisaient des miracles, ce n’était point en vertu d’un pouvoir naturel, mais par la participation de l’Esprit saint. Ils ne pouvaient d’ailleurs en aucune façon communiquer cette puissance aux autres, car comment une nature créée pourrait-elle disposer en maître des dons de l’Esprit saint ? Au contraire, Notre-Seigneur Jésus-Christ étant Dieu par nature, distribue cette grâce à qui il veut, il n’appelle pas sur ceux qui la reçoivent une vertu étrangère, il la leur communique de ses propres trésors.

S. Chrys

(hom. 33 sur S. Matth.) Mais ce n’est qu’après qu’il les a fortifiés par un long commerce avec lui, et qu’ils ont acquis une conviction raisonnée de sa puissance qu’il leur donne cette mission : « Et il les envoya prêcher le royaume de Dieu. » Remarquez l’objet précis de leur mission, ce n’est point d’annoncer des choses temporelles, comme Moïse et les prophètes, qui promettaient la terre et les biens de la terre, les Apôtres annoncent et promettent le royaume de Dieu et tout ce qu’il renferme.

14 autres commentaires sur ce passage. Traduction de l’abbé J.-M. Peronne, 1868. Texte mis en ligne par eschatologie.free.fr, avec son autorisation.

Échanges

Aucun échange sur ce passage pour l’instant.

Pour laisser un commentaire, il faut créer un compte.

C’est immédiat et sans mot de passe : vous donnez votre adresse, vous cliquez sur le lien reçu, et c’est fait. Le compte sert aussi à mettre des lectures en favori et à les retrouver.

Créer un compte

Lire le site, lui, ne demande rien.