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25ème dimanche du Temps Ordinaire (semaine I du Psautier)

Première visite ? Ce que vous lisez ici

Ces textes sont ceux lus aujourd'hui dans toutes les églises catholiques : une lecture de l'Ancien Testament, un psaume chanté en réponse, parfois une lettre d'apôtre le dimanche, puis l'Évangile.

Comprendre ces pages explique le reste : pourquoi plusieurs lectures, ce que veut dire « Temps Ordinaire », et comment lire l'analyse.

Première lecture Ancien Testament

Isaïe 55, 6-9

« Mes pensées ne sont pas vos pensées »

6 Cherchez Yahweh, pendant qu’on peut le trouver ; invoquez-le, tandis qu’il est près.

7 Que le méchant abandonne sa voie, et le criminel ses pensées ; qu’il revienne à Yahweh, et il lui fera grâce ; à notre Dieu, car il pardonne largement.

8 Car mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos voies ne sont pas mes voies, — oracle de Yahweh.

9 Autant les cieux sont élevés au-dessus de la terre, autant mes voies sont élevées au-dessus de vos voies et mes pensées au-dessus de vos pensées.

Comprendre ce passage

Deux réponses qui débloquent la lecture, puis des repères, puis ce qui intéresse les curieux.

Où l’on se trouve Pour situer le passage avant de lire

Ce passage clôt la grande section d'Isaïe qu'on appelle « Livre de la consolation » (chapitres 40 à 55). Elle s'adresse aux Israélites déportés à Babylone au VIe siècle avant J.-C. au moment où l'exil touche à sa fin.

Le chapitre 55 s'ouvre juste avant sur une invitation criée comme celle d'un marchand sur la place : venir acheter de la nourriture sans argent, autrement dit recevoir gratuitement ce que Dieu donne. Notre passage enchaîne, pressant les auditeurs de saisir ce moment favorable. Suit la comparaison de la parole de Dieu avec la pluie et la neige, qui ne remontent pas au ciel sans avoir fait germer la terre. Puis l'annonce d'un retour joyeux au pays.

Le découpage liturgique isole le cœur de l'appel : un appel à la conversion, que Dieu lui-même vient ensuite justifier. Dans le cycle dominical, ce texte accompagne la parabole des ouvriers envoyés à la vigne à des heures différentes et payés pareillement (Mt 20, 1-16). Les deux disent que la logique de Dieu déconcerte la nôtre.

Qui est là Les personnages, en deux lignes chacun
Le Seigneur

Le Dieu d'Israël, désigné dans le texte hébreu par son nom propre, que les traductions modernes rendent par « le Seigneur ». Dans tout le livre d'Isaïe, il est celui qui juge, mais aussi celui qui console et ramène son peuple.

Il est à la fois celui qu'on doit chercher et celui qui prend la parole aux deux derniers versets pour expliquer la distance entre sa manière de faire et celle des hommes.

Le prophète

Le porte-parole anonyme qui s'exprime dans les chapitres 40 à 55 du livre. Un prophète, dans la Bible, n'est pas d'abord un devin : c'est un homme chargé de faire entendre la parole de Dieu à ses contemporains.

Il lance l'appel des premiers versets, puis introduit la parole divine par une formule qui en garantit l'origine.

Le méchant et l'homme perfide

Deux figures typiques du vocabulaire biblique : non pas des criminels d'exception, mais quiconque mène une vie tordue, injuste, détournée de Dieu.

Ils sont les destinataires précis de l'appel. Ce n'est pas leur situation qui est déclarée sans issue, mais leur conduite qui est appelée à changer.

Les exilés

Les Judéens déportés après la destruction de Jérusalem en 587 avant J.-C., loin de leur pays et de leur Temple, tentés de croire que Dieu les a définitivement abandonnés.

Ils forment l'auditoire implicite : c'est à des gens découragés qu'on annonce que Dieu reste proche et prêt à pardonner.

Mots à connaître
Chemin

Le mot hébreu traduit par « chemin » désigne moins une route qu'une manière de vivre, une conduite habituelle. Opposer les chemins de Dieu à ceux des hommes, c'est parler de façons d'agir, pas d'itinéraires.

Oracle du Seigneur

Formule technique des prophètes, insérée dans la phrase comme une signature. Elle signale que ce qui vient d'être dit n'est pas l'opinion du prophète mais une parole reçue de Dieu. Les traductions la placent souvent entre tirets, comme ici.

Tant qu'il se laisse trouver

L'idée d'un temps favorable, limité, revient souvent dans la Bible : il existe des moments où Dieu se rend particulièrement accessible, et l'occasion peut se manquer. Pour les exilés, c'est la fin annoncée de la déportation.

Le ciel au-dessus de la terre

Dans la représentation du monde de l'époque, le ciel est une voûte solide immensément éloignée du sol. L'image ne mesure donc pas une hauteur. Elle dit une distance que l'homme ne peut pas franchir par ses propres moyens.

Ce qui surprend dans cette traduction

Le texte affiché est celui de Sainte Bible néo-Crampon Libre (2022). Ce n’est pas la traduction lue à la messe, qui appartient à l’AELF : les mots diffèrent, le sens est le même.

« – Parole du Seigneur » à la fin

Cette ligne n'appartient pas au livre d'Isaïe : c'est l'acclamation que prononce le lecteur à la messe pour signaler la fin de la lecture. Elle ne doit pas être confondue avec la formule « oracle du Seigneur » insérée à l'intérieur du texte.

Ailleurs dans l’Écriture
Ex 34, 6 Ancien Testament

Après la faute du veau d'or, Dieu se présente lui-même à Moïse comme miséricordieux, lent à la colère et riche en bonté. La formule est devenue une sorte de définition de Dieu, reprise dans tout l'Ancien Testament. Isaïe s'en fait l'écho : le pardon n'est pas une exception consentie, il correspond à ce que Dieu est.

Ez 18, 21-23 Ancien Testament

Ézéchiel, prophète de la même époque d'exil, développe longuement l'idée que le méchant qui se détourne de sa conduite vivra, et que Dieu ne prend pas plaisir à la mort du pécheur. Le rapprochement montre que l'appel d'Isaïe n'est pas une exhortation morale isolée. C'est une conviction partagée par la prédication de l'exil.

Is 55, 10-11

Les versets qui suivent immédiatement prolongent l'image : comme la pluie ne remonte pas au ciel sans avoir fécondé la terre, la parole sortie de la bouche de Dieu accomplit ce pour quoi elle est envoyée. La distance entre ciel et terre servait ici à dire l'écart. Elle sert alors à dire l'efficacité de ce qui descend d'en haut.

Rm 11, 33-34

Au terme d'une longue réflexion sur les desseins de Dieu à l'égard d'Israël, Paul s'exclame devant l'insondable de ses jugements et demande qui a connu la pensée du Seigneur. Il reprend, dans une lettre chrétienne du milieu du Ier siècle, l'intuition d'Isaïe sur l'écart entre les projets divins et les calculs humains.

Clés de lecture
Une urgence, non une menace

Les premiers versets pressent d'agir maintenant. Le motif invoqué n'est pourtant pas la peur du châtiment, mais la proximité de Dieu et sa générosité dans le pardon. L'urgence tient à l'occasion offerte, pas à un compte à rebours.

Abandonner un chemin et des pensées

La conversion demandée touche les deux niveaux, la conduite extérieure et la manière intérieure de penser. Ce n'est pas un hasard si les deux derniers versets reprennent exactement ces deux mots, chemins et pensées, pour les appliquer à Dieu. Le texte est cousu d'un bout à l'autre.

Un écart qui est une bonne nouvelle

On lit souvent la dernière strophe comme un rappel humiliant de l'ignorance humaine. Dans le contexte, elle dit autre chose : si Dieu pardonne si largement, c'est précisément parce qu'il ne raisonne pas comme nous comptons nos dettes. Sa transcendance est ici du côté de la miséricorde, non de la sévérité.

Ce que la tradition catholique y lit

Au sens littéral, ce texte annonce à des déportés que le retour est possible parce que Dieu pardonne au-delà de ce qu'ils imaginent. Il appartient à ce que la tradition appelle l'appel à la conversion : un retournement de la vie entière vers Dieu, dont l'initiative revient à Dieu qui se rend proche.

La lecture chrétienne y reconnaît une préparation de ce qui s'accomplit dans le Christ. La proximité de Dieu, que le prophète déclarait offerte pour un temps, est comprise comme définitivement donnée dans l'Incarnation. Quant à la démesure du pardon divin, que le texte affirme sans l'expliquer, elle trouve sa figure dans les paraboles où le maître paie l'ouvrier de la dernière heure comme celui du matin, ou le père accueille sans compter le fils qui revient.

Ces versets servent aussi depuis longtemps de garde-fou dans la manière de parler de Dieu : tout ce que l'on en dit à partir de mots humains reste en deçà de ce qu'il est.

Pour les curieux Rien d’indispensable
Quel genre de texte

C'est un oracle prophétique : une parole présentée comme venant de Dieu et transmise par un intermédiaire. Deux registres s'y combinent, une exhortation à l'impératif, puis une déclaration de Dieu à la première personne qui fonde cette exhortation.

Le texte relève de la poésie hébraïque, construite sur le parallélisme : chaque idée est dite deux fois, en variant les mots. Chercher et invoquer, les pensées et les chemins, le ciel et la terre. Ces couples ne sont pas des redites, ils installent l'idée par balancement. À lire lentement, à voix haute, comme un poème et non comme un raisonnement.

Qui écrit, et pour qui

Le livre d'Isaïe porte le nom d'un prophète qui a exercé son ministère à Jérusalem au VIIIe siècle avant J.-C. Les spécialistes reconnaissent pourtant depuis longtemps que l'ouvrage rassemble des textes de plusieurs époques. Les chapitres 40 à 55, dont fait partie ce passage, supposent que la déportation à Babylone est déjà en cours et s'achève, soit environ deux siècles plus tard.

On attribue ces chapitres à un prophète anonyme, ou à un groupe de disciples travaillant dans la ligne d'Isaïe, actif vers 550-540 avant J.-C. Il écrit pour les exilés, qu'il faut convaincre qu'un retour est possible et que Dieu n'a pas rompu son alliance. Son identité précise reste inconnue et discutée.

Lectures et références
  • Catéchisme, § 42 — Le Catéchisme rappelle, dans la ligne de ce passage, que Dieu dépasse toute créature et que notre langage à son sujet doit être sans cesse purifié.
  • Catéchisme, § 1431 — Définit la pénitence intérieure comme une réorientation radicale de toute la vie, exactement ce que demandent les premiers versets.
  • Lc 15, 11-32 — La parabole du fils retrouvé met en récit la surabondance du pardon que ce passage affirme en poème.
  • 2 P 3, 9 — Cette lettre du Nouveau Testament explique le délai apparent de Dieu par sa patience, qui veut laisser à chacun le temps de se convertir.

À retenir

Dieu invite à revenir vers lui sans attendre. La raison qu'il en donne : sa façon de pardonner dépasse tout ce que l'on peut en calculer.

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Psaume

Psaumes 144, 2-3 . 144, 8-9 . 144, 17-18

2 Je veux chaque jour te bénir, et célébrer ton nom toujours et à jamais.

3 Yahweh est grand et digne de toute louange, et sa grandeur est insondable.

8 Yahweh est miséricordieux et compatissant, lent à la colère et plein de bonté.

9 Yahweh est bon envers tous, et sa miséricorde s’étend sur toutes ses créatures.

17 Yahweh est juste dans toutes ses voies, et miséricordieux dans toutes ses œuvres.

18 Yahweh est près de tous ceux qui l’invoquent, de tous ceux qui l’invoquent d’un cœur sincère.

La numérotation des psaumes diffère entre la liturgie et les bibles imprimées : le découpage ci-dessus peut s'écarter d'un verset de la sélection liturgique.

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Deuxième lecture Nouveau Testament

Philippiens 1, 20-24 . 1, 27

« Pour moi, vivre c’est le Christ »

20 selon l’attente où je suis et l’espérance que j’ai que je ne serai confondu en rien ; mais que, maintenant comme toujours, avec la plus entière assurance, le Christ sera glorifié dans mon corps, soit par ma vie, soit par ma mort ;

21 car le Christ est ma vie, et la mort m’est un gain.

22 Cependant si en vivant [plus longtemps] dans la chair je dois tirer du fruit, je ne sais que choisir.

23 Je suis pressé des deux côtés : j’ai le désir de partir et d’être avec le Christ, ce qui est de beaucoup le meilleur ;

24 mais il est plus nécessaire que je demeure dans la chair à cause de vous.

27 Seulement, conduisez-vous d’une manière digne de l’Évangile du Christ, afin que, soit que je vienne et que je vous voie, soit que je demeure absent, j’entende dire de vous que vous tenez ferme dans un seul et même esprit, combattant d’un même cœur pour la foi de l’Évangile,

Comprendre ce passage

Deux réponses qui débloquent la lecture, puis des repères, puis ce qui intéresse les curieux.

Où l’on se trouve Pour situer le passage avant de lire

Paul écrit la lettre aux Philippiens depuis la prison (il évoque ses chaînes quelques versets plus haut), après avoir expliqué que sa détention n'a pas bloqué l'annonce de l'Évangile mais l'a fait avancer, et il attend l'issue de son procès avec confiance.

Le passage retenu est le moment où il pèse à voix haute les deux issues possibles : mourir, ou continuer à vivre pour ses communautés. La lecture saute deux versets à l'intérieur du passage (1, 25-26), où Paul se dit persuadé qu'il restera parmi eux et qu'il les reverra. Ce saut laisse la délibération plus ouverte qu'elle ne l'est dans la lettre.

Le dernier verset retenu fait basculer le propos vers les Philippiens eux-mêmes : c'est l'ouverture de la grande exhortation qui conduira, au chapitre 2, au célèbre poème sur l'abaissement et l'élévation du Christ. Aux dimanches du Temps ordinaire, la deuxième lecture parcourt une lettre apostolique de semaine en semaine, sans lien voulu avec l'évangile du jour.

Qui est là Les personnages, en deux lignes chacun
Paul

Juif de Tarse devenu, après une rencontre bouleversante avec le Christ ressuscité, l'un des principaux missionnaires du christianisme naissant. Il fonde des communautés dans le monde grec et leur écrit ensuite des lettres, appelées épîtres, dont plusieurs figurent dans le Nouveau Testament.

Il parle ici à la première personne, depuis la prison, et expose sans détour le conflit intérieur entre son désir de mourir pour rejoindre le Christ et l'utilité de sa vie pour ses communautés.

les Philippiens

Les chrétiens de Philippes, ville de Macédoine (nord de la Grèce actuelle) où Paul avait fondé une communauté. Les Actes des Apôtres racontent qu'il y fut emprisonné lors de son premier séjour.

Destinataires de la lettre, ils sont la raison qui fait pencher la balance : c'est pour eux que Paul juge préférable de rester en vie. Le dernier verset les prend directement à partie.

le Christ

Jésus de Nazareth, reconnu par les chrétiens comme ressuscité et vivant. « Christ » traduit un titre hébreu signifiant « oint », c'est-à-dire celui que Dieu a consacré pour sauver.

Il est le terme unique auquel Paul rapporte tout : la vie, la mort, le corps, l'espérance et la conduite demandée à la communauté.

Mots à connaître
Philippes

Ville de Macédoine, en Grèce du nord, refondée comme colonie romaine : une partie de ses habitants jouissaient du statut de citoyens de Rome et en tiraient une grande fierté. Le détail donne son relief au vocabulaire de la citoyenneté que Paul emploie dans cette lettre.

la prison de Paul

Dans l'Empire romain, la détention servait surtout à garder un accusé en attente de jugement ; l'issue pouvait être la libération ou la condamnation à mort. Les deux hypothèses que Paul envisage sont donc réelles, et proches.

« dans mon corps »

Pour Paul, le corps n'est pas une enveloppe méprisable mais la personne tout entière en tant qu'elle vit, agit et se donne à voir. Dire que le Christ est glorifié dans son corps, c'est dire que son existence concrète, jusque dans une éventuelle exécution, rend le Christ manifeste.

Ce qui surprend dans cette traduction

Le texte affiché est celui de Sainte Bible néo-Crampon Libre (2022). Ce n’est pas la traduction lue à la messe, qui appartient à l’AELF : les mots diffèrent, le sens est le même.

« Frères » en tête de lecture

Ce mot d'adresse ne se trouve pas à cet endroit de la lettre : le lectionnaire l'ajoute pour signaler qu'une lecture commence. Dans le grec de Paul, le terme désigne l'ensemble des membres de la communauté, femmes comprises.

Ailleurs dans l’Écriture
Ga 2, 20

Dans sa lettre aux Galates, Paul formule autrement la même expérience : ce n'est plus lui qui vit, c'est le Christ qui vit en lui. Le rapprochement montre que la formule des Philippiens n'est pas un élan de ferveur passager mais une manière constante, chez Paul, de décrire son existence.

2 Co 5, 6-8

Paul y dit également préférer quitter ce corps pour être auprès du Seigneur. La comparaison éclaire ce que veut dire « partir » : non pas un mépris du corps, mais le désir d'une présence directe au Christ, encore voilée dans la condition présente.

Ph 3, 20

Plus loin dans la même lettre, Paul dit que la cité dont les chrétiens sont citoyens est dans les cieux. Cela éclaire le dernier verset de la lecture : le verbe grec qu'il emploie pour « vous conduire » signifie littéralement « se comporter en citoyens », image parlante pour une ville dont les habitants étaient fiers de leur statut romain.

Ph 2, 6-11

L'exhortation qui commence au verset 27 débouche, un chapitre plus loin, sur un poème décrivant le Christ qui s'abaisse jusqu'à la mort et que Dieu élève. Le passage lu amorce donc un raisonnement dont le modèle final est le Christ lui-même.

Clés de lecture
Une balance à deux plateaux

Tout le passage est organisé autour d'une alternative : vivre ou mourir. Paul commence par affirmer que l'issue, quelle qu'elle soit, tournera à la gloire du Christ ; ce n'est qu'ensuite qu'il avoue préférer, pour lui-même, la mort.

Ce qui fait pencher la balance

Le renversement tient en un mot : « à cause de vous ». Paul ne choisit pas selon son propre désir mais selon l'utilité pour les autres. Les deux versets enjambés par la lecture prolongeaient cette conviction en annonçant qu'il resterait effectivement auprès d'eux.

Du « je » au « vous »

La dernière phrase retenue opère un basculement voulu : après avoir parlé de lui, Paul renvoie la communauté à sa propre conduite. Le lien implicite ? La cohérence entre la vie et l'Évangile, qu'il vient d'illustrer dans son cas, est demandée à tous.

Ce que la tradition catholique y lit

Au sens premier, Paul décrit sa situation d'homme emprisonné qui pourrait être condamné. Sa réponse n'est ni la résignation ni le désir de mourir pour échapper à l'épreuve : il tient ensemble un attachement au Christ si fort que la mort devient un gain, et un sens du service qui le retient du côté des vivants.

La tradition catholique a lu ici l'une des expressions les plus denses de l'espérance chrétienne : la mort n'est pas d'abord une perte mais un passage vers une présence plus complète au Christ, ce que le Catéchisme reprend en citant directement ce texte. Elle y voit aussi un modèle de la vie apostolique, où le désir personnel se soumet au bien de la communauté. Reste le verset final, qui donne le critère de la vie chrétienne ordinaire : une conduite en accord avec ce qui est annoncé, la cohérence entre ce que l'on croit et ce que l'on fait.

Pour les curieux Rien d’indispensable
Quel genre de texte

C'est un passage de lettre, mais construit comme une délibération à voix haute : Paul expose deux options, les pèse, laisse un moment la question en suspens. Le procédé était courant dans la rhétorique antique. Il n'avoue aucune indécision, il entraîne le lecteur dans le raisonnement.

La dernière phrase retenue change de registre : on passe de la confidence à l'exhortation, c'est-à-dire à l'appel adressé à la communauté. Lire ce texte, c'est suivre un mouvement qui va de l'expérience personnelle à la consigne collective.

Qui écrit, et pour qui

L'auteur est Paul, et sa paternité sur cette lettre n'est pas contestée. Il s'adresse à la communauté de Philippes, à laquelle il tient particulièrement, entre autres parce qu'elle lui a envoyé une aide matérielle pendant sa détention.

Il écrit depuis une prison, mais laquelle ? Rome, vers 61-63, selon la tradition la plus ancienne ; Éphèse ou Césarée, plus tôt, selon d'autres hypothèses. Certains spécialistes estiment aussi que la lettre actuelle réunit plusieurs billets envoyés à des moments différents. Rien de tout cela ne change le sens du passage : un homme dont la vie est en jeu écrit à ceux qu'il a évangélisés.

Lectures et références
  • Catéchisme, § 1011 — Ce paragraphe sur la mort chrétienne cite explicitement le désir de Paul de partir pour être avec le Christ.
  • Rm 14, 8 — Paul y formule la même conviction sous une autre forme : dans la vie comme dans la mort, le croyant appartient au Seigneur.
  • Ac 16, 11-15 — Récit de l'arrivée de Paul à Philippes et des débuts de cette communauté à laquelle il écrit.
  • Ph 1, 12-14 — Les versets qui précèdent immédiatement expliquent la situation de détention supposée par le passage.

À retenir

Prisonnier et menacé de mort, Paul explique que son existence n'a plus d'autre contenu que le Christ, et qu'il ne reste en vie que pour l'utilité de ceux à qui il écrit.

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Évangile

Matthieu 20, 1-16

« Ton regard est-il mauvais parce que moi, je suis bon ? »

1 « Car le royaume des cieux est semblable à un père de famille qui sortit de grand matin afin de louer des ouvriers pour sa vigne.

2 Étant convenu avec les ouvriers d’un denier par jour, il les envoya à sa vigne.

3 Il sortit vers la troisième heure et en vit d’autres qui se tenaient sur la place sans rien faire.

4 Il leur dit : Allez aussi à ma vigne, et je vous donnerai ce qui sera juste ;

5 et ils y allèrent. Il sortit encore vers la sixième et vers la neuvième heure, et fit la même chose.

6 Enfin, étant sorti vers la onzième heure, il en trouva d’autres qui étaient là oisifs, et il leur dit : Pourquoi vous tenez-vous ici toute la journée sans rien faire ?

7 Ils lui répondirent : C’est que personne ne nous a loués. Il leur dit : Allez, vous aussi, à ma vigne.

8 Le soir étant venu, le maître de la vigne dit à son intendant : Appelle les ouvriers et paie leur salaire, en allant des derniers aux premiers.

9 Ceux de la onzième heure vinrent et reçurent chacun un denier.

10 Les premiers, venant à leur tour, pensaient qu’ils recevraient davantage ; mais ils reçurent aussi chacun un denier.

11 En le recevant, ils murmuraient contre le père de famille,

12 en disant : Ces derniers n’ont travaillé qu’une heure, et tu leur donnes autant qu’à nous, qui avons porté le poids du jour et de la chaleur.

13 Mais le Maître s’adressant à l’un d’eux, répondit : Mon ami, je ne te fais pas d’injustice : n’es-tu pas convenu avec moi d’un denier ?

14 Prends ce qui te revient, et va-t’en. Pour moi, je veux donner à ce dernier autant qu’à toi.

15 Ne m’est-il pas permis de faire de mon bien ce que je veux ? Et ton œil sera-t-il mauvais parce que je suis bon ?

16 Ainsi les derniers seront les premiers, et les premiers, les derniers ; car il y a beaucoup d’appelés, mais peu d’élus. »

Comprendre ce passage

Deux réponses qui débloquent la lecture, puis des repères, puis ce qui intéresse les curieux.

Où l’on se trouve Pour situer le passage avant de lire

Jésus a quitté la Galilée et marche vers Jérusalem, où il sera arrêté et mis à mort, et juste avant cette montée un homme riche s'est éloigné de lui sans parvenir à tout quitter, tandis que Pierre posait la question qui déclenche tout : les disciples, eux, ont tout laissé, qu'auront-ils en retour ? Jésus lui promet le centuple. Puis il conclut par une formule sur les premiers et les derniers.

La parabole vient commenter cette formule et la reprend à la fin. Le texte est encadré par la même phrase, signe qu'il faut y lire une réponse à Pierre et non un enseignement isolé.

Aussitôt après, Jésus annonce sa mort pour la troisième fois, et la mère de deux disciples vient réclamer pour ses fils les meilleures places : la question du rang et de la récompense continue de courir. Seul Matthieu rapporte cette parabole.

Qui est là Les personnages, en deux lignes chacun
Jésus

Prédicateur itinérant de Galilée, que les évangiles présentent comme le Messie envoyé par Dieu ; il enseigne le plus souvent par des récits imagés tirés de la vie quotidienne.

Il raconte l'histoire et la conclut lui-même par une sentence : c'est lui qui donne la clé de lecture, en rattachant le récit au « royaume des Cieux ».

les disciples

Ceux qui suivent Jésus sur les routes ; le groupe est plus large que les douze apôtres, mais il inclut ces derniers.

Ils sont les destinataires explicites de la parabole. Ayant tout quitté, ils risquent de se voir comme des ouvriers de la première heure, en droit d'attendre davantage.

le maître du domaine

Propriétaire terrien qui embauche lui-même sa main-d'œuvre : personnage banal de l'économie rurale de Galilée et de Judée.

Il mène l'action de bout en bout, sort cinq fois chercher des ouvriers et impose l'ordre de paiement. Sa liberté, dans la logique du récit, figure celle de Dieu.

les ouvriers de la première heure

Journaliers embauchés à l'aube, avec un accord explicite sur le montant du salaire.

Ils protestent non d'avoir été lésés, mais d'avoir été égalés aux autres. Leur récrimination est le ressort du récit et amène la question finale du maître.

les ouvriers de la dernière heure

Journaliers restés sur la place jusqu'au soir faute d'employeur : les plus fragiles du marché du travail.

Ils ne demandent rien et ne disent rien au moment du paiement. Leur seule parole, plus tôt, explique leur inaction : personne ne les avait pris.

l'intendant

Régisseur chargé d'administrer le domaine et de payer la main-d'œuvre pour le compte du propriétaire.

Simple exécutant, il reçoit la consigne de payer en commençant par les derniers arrivés, et c'est cet ordre inhabituel qui rend le scandale visible.

Mots à connaître
le denier

Pièce d'argent romaine qui correspondait à la journée de travail d'un ouvrier agricole, tout juste de quoi faire vivre une famille un jour. Le montant fixé au début n'a rien de mesquin : c'est le salaire normal, le minimum vital.

l'embauche sur la place

Les journaliers sans terre se rassemblaient au petit matin sur la place du village, attendant qu'un propriétaire vienne les recruter pour la journée. N'être pas choisi, c'était rentrer les mains vides et ne pas manger le soir. Rester là jusqu'à la fin de l'après-midi signale une situation désespérée, pas de la paresse.

les heures de la journée

On comptait les heures à partir du lever du soleil, vers six heures du matin. Les cinq sorties du maître balaient toute la journée de travail, jusqu'à la toute dernière heure avant le coucher du soleil.

le paiement au coucher du soleil

La Loi d'Israël imposait de payer le journalier pauvre le jour même, avant la nuit, puisqu'il en dépendait pour vivre. Le maître de la parabole se conforme à une exigence de justice que l'auditoire connaissait bien.

le royaume des Cieux

Expression propre à Matthieu, qui dit « les Cieux » par respect, pour éviter de prononcer le nom de Dieu ; les autres évangiles écrivent « royaume de Dieu ». Il ne s'agit pas d'un lieu après la mort, mais du règne de Dieu qui vient et transforme déjà les rapports entre les hommes.

Ce qui surprend dans cette traduction

Le texte affiché est celui de Sainte Bible néo-Crampon Libre (2022). Ce n’est pas la traduction lue à la messe, qui appartient à l’AELF : les mots diffèrent, le sens est le même.

« ton regard est-il mauvais »

Traduction littérale d'une expression grecque qui parle de l'œil mauvais ; en hébreu comme en grec biblique, l'œil mauvais désigne l'envie et l'avarice. Une bible d'aujourd'hui peut rendre la phrase par « es-tu jaloux ? ».

« Mon ami »

Le mot grec employé ici n'est pas le terme habituel de l'amitié : c'est une adresse polie mais distante, que Matthieu réserve à des moments de reproche. Le maître répond avec courtoisie, non avec familiarité.

Ailleurs dans l’Écriture
Mt 19, 27-30

C'est la scène qui précède immédiatement : Pierre rappelle que les disciples ont tout quitté et demande ce qu'ils y gagneront. Jésus répond par une promesse, puis par la sentence sur les premiers et les derniers, que la parabole reprendra mot pour mot à la fin. Le récit des ouvriers met donc en garde ceux qui suivent Jésus depuis le début.

Lc 15, 25-32

Dans la parabole du fils prodigue, le fils aîné refuse d'entrer à la fête et reproche à son père celle qu'il fait au cadet, en invoquant ses années de service irréprochable. Même structure : un service ancien, une générosité jugée excessive, une colère. Luc et Matthieu construisent chacun leur récit, mais tous deux placent le conflit entre deux façons de comprendre la bonté, non entre le bien et le mal.

Is 5, 1-7 Ancien Testament

Le prophète Isaïe chante une vigne que son propriétaire soigne et qui ne donne rien ; il précise lui-même que cette vigne est le peuple d'Israël. Le décor viticole était déjà chargé de sens pour les auditeurs de Jésus. Matthieu réutilisera ce cadre dans deux autres paraboles au chapitre 21.

Jon 4, 1-11 Ancien Testament

Le prophète Jonas se met en colère parce que Dieu pardonne à la ville de Ninive, et Dieu lui répond par une question qui reste ouverte, comme ici. Même irritation devant une miséricorde jugée déplacée. Le rapprochement montre que la parabole prolonge une tension déjà présente dans les Écritures d'Israël.

Clés de lecture
Le récit est encadré par la même phrase

La sentence sur les premiers et les derniers ouvre la parabole dans la scène qui précède et la referme à la fin. Cet encadrement indique que le récit sert à expliquer la formule, et non l'inverse. L'enjeu n'est pas le salaire, mais le rang.

L'ordre du paiement fait tout

Payés d'abord, les premiers embauchés seraient rentrés satisfaits, sans rien voir. Le maître impose délibérément un ordre qui rend sa générosité publique. La parabole ne raconte pas une injustice, elle organise la révélation d'une gratuité.

Aucun contrat pour les derniers

Seuls les ouvriers du matin ont négocié une somme ; aux suivants, le maître promet ce qui est juste, et aux derniers il ne promet rien. Deux régimes s'opposent : le dû calculé, et la confiance. La récrimination vient de ceux qui ont un contrat, précisément parce qu'ils ont de quoi comparer.

Une question laissée ouverte

Le maître ne conteste pas les faits invoqués par les mécontents : il les renvoie à leur propre regard. L'expression employée, qui parle littéralement d'un œil mauvais, désigne l'envie dans le langage biblique. Rien n'est dit de la réponse de l'homme. La place est laissée à l'auditeur.

Ce que la tradition catholique y lit

Au sens littéral, Jésus répond à Pierre et aux siens : celui qui suit depuis longtemps ne peut pas transformer sa fidélité en créance. Le maître ne retire rien à personne, il donne davantage à d'autres, et c'est cet excès qui blesse. De la récompense, la question glisse vers la bonté de celui qui donne.

La tradition catholique y a lu très tôt la gratuité de la grâce : nul n'entre dans le Royaume parce qu'il l'aurait produit par son travail, mais parce qu'il a été appelé, et l'appel peut retentir à toute heure d'une vie ou de l'histoire. On y a vu aussi la place faite aux nations païennes, venues tard, aux côtés d'Israël appelé le premier. Cette lecture spirituelle ne supprime pas le sens premier ; elle prolonge l'avertissement adressé aux disciples de la première heure, dans l'Église comme sur les routes de Judée.

Pour les curieux Rien d’indispensable
Quel genre de texte

C'est une parabole : un récit bref, emprunté à la vie ordinaire, qui vise un seul point et ne fonctionne pas comme une allégorie où chaque détail aurait sa correspondance. Inutile d'y chercher un modèle de politique salariale. Mieux vaut suivre le mouvement du récit jusqu'à sa pointe.

Tout repose sur la surprise : l'auditeur est amené à approuver la protestation des premiers ouvriers, puis une question du maître retourne sa position. La fin reste volontairement suspendue à cette question, adressée en réalité à celui qui écoute.

Qui écrit, et pour qui

La tradition ancienne attribue l'évangile à Matthieu, ce collecteur d'impôts appelé par Jésus. Les spécialistes en discutent : le texte que nous avons est écrit en grec et travaille manifestement des sources antérieures.

Il a vraisemblablement été composé vers les années 80, sans doute en Syrie, pour des communautés chrétiennes de culture juive au moment où elles se séparaient douloureusement de la synagogue. D'où l'insistance de Matthieu sur l'accomplissement des Écritures et sur la place des derniers venus dans le peuple de Dieu.

Lectures et références
  • Is 55, 8-9 — Dieu y déclare que ses pensées ne sont pas celles des hommes, ce qui éclaire la logique déconcertante du maître de la vigne.
  • Dt 24, 14-15 — La Loi impose de payer le journalier avant le coucher du soleil, arrière-plan direct de la scène du soir.
  • Mt 22, 1-14 — Autre parabole de Matthieu où un maître appelle librement des invités imprévus et où l'un des convives est interpellé par le même mot d'adresse.
  • Catéchisme, § 546 — Le Catéchisme explique pourquoi Jésus enseigne par paraboles et ce qu'elles demandent à celui qui les entend.
  • Catéchisme, § 2006 — Sur la question du mérite devant Dieu, qui est précisément l'objet du litige dans la parabole.

À retenir

Les ouvriers du matin reçoivent exactement ce qui était convenu. Ce qu'ils supportent mal, c'est que la bonté du maître envers les derniers ne se calcule pas sur leur peine.

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Ce que les Pères de l’Église en ont dit

Extraits de la Chaîne d’or, compilation des commentaires des Pères réunie par saint Thomas d’Aquin vers 1263. Contrairement au reste de cette page, ces textes ne sont pas produits par une intelligence artificielle : ils sont recopiés sans modification.

S. Rémi

Notre-Seigneur venait de dire que plusieurs de ceux qui étaient les premiers seraient les derniers, et que plusieurs de ceux qui étaient les derniers deviendraient les premiers ; pour confirmer cette vérité, il propose la parabole suivante : « Le royaume des cieux est semblable, » etc.

S. Chrys

(sur S. Matth.) Le père de famille c’est Jésus-Christ, le ciel et la terre sont comme sa maison ; sa famille, ce sont toutes les créatures qui habitent le ciel, la terre et les enfers ; la vigne c’est la justice en général qui renferme toutes les différentes espèces de justices comme autant de plants de vigne, la douceur, la patience, et les autres vertus qui sont toutes comprises sous le nom général de justice. Les ouvriers de cette vigne sont les hommes. Le texte ajoute : « Il sortit le matin pour louer des ouvriers, » etc. Dieu a comme répandu la justice dans nos facultés, non pas pour lui, mais pour notre utilité. Nous sommes donc, ne l’oublions pas, des mercenaires qui avons été loués. Or, personne ne loue un mercenaire uniquement pour qu’il travaille à gagner sa nourriture ; ainsi Jésus-Christ ne nous a pas appelés à son service pour nous occuper seulement de nos intérêts, mais encore pour travailler à la gloire de Dieu. Et de même que le mercenaire commence par remplir sa tâche avant de songer à la nourriture de chaque jour, ainsi nous devons d’abord nous appliquer à ce qui doit procurer la gloire de Dieu, avant de songer à nos propres intérêts. Le mercenaire, encore, consacre toute sa journée au service de son maître, et ne réserve qu’une heure seulement par jour pour prendre sa nourriture ; ainsi nous devons consacrer toute notre vie à la gloire de Dieu, et n’en donner qu’une faible partie à nos besoins temporels. Enfin si le mercenaire passe un jour sans travailler, il n’ose paraître devant son maître pour demander son pain, et comment ne rougissez-vous pas d’entrer dans l’église de Dieu et de paraître en sa présence le jour où vous n’avez fait aucune bonne action sous ses yeux.

S. Grég

(hom. 15.) Dans un autre sens, le père de famille, c’est-à-dire notre Créateur, a une vigne, qui est l’Eglise universelle, et qui, depuis le juste Abel jusqu’à la fin du monde, a poussé autant de ceps qu’elle a produit de saints. Or, dans aucun temps, Dieu n’a cessé d’envoyer des ouvriers pour instruire son peuple comme pour cultiver sa vigne ; car il l’a cultivée successivement, d’abord par les patriarches, puis par les docteurs de la loi, ensuite par les prophètes, et enfin par les Apôtres comme par autant d’ouvriers. On peut dire, toutefois, que tout homme qui fait le bien avec une intention droite est en quelque manière et dans une certaine mesure un des ouvriers de cette vigne.

Origène

(traité 10 sur S. Matth.) Nous pouvons bien dire que toute cette vie n’est qu’un seul jour, jour d’une grande étendue par rapport à nous, mais d’une courte durée si on le compare à la vie de Dieu.

43 autres commentaires sur ce passage. Traduction de l’abbé J.-M. Peronne, 1868. Texte mis en ligne par eschatologie.free.fr, avec son autorisation.

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