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Les disciples

Dans les évangiles, les disciples sont l'ensemble des personnes qui suivent Jésus et reçoivent son enseignement. Le mot est beaucoup plus large que « les Douze » apôtres : il désigne une foule d'hommes et de femmes, dont les Douze ne sont qu'un noyau.

À ne pas confondre

La confusion la plus fréquente est d'identifier les disciples aux douze apôtres. Tout apôtre est un disciple, mais tout disciple n'est pas apôtre : les Douze sont un groupe restreint choisi à l'intérieur d'un ensemble bien plus large. Attention aussi : les disciples ne sont pas la « foule », qui écoute mais ne suit pas, et Jean-Baptiste comme les pharisiens avaient eux aussi leurs propres disciples, mentionnés dans les évangiles. Enfin, le « disciple que Jésus aimait », dans l'évangile de Jean, désigne un personnage particulier et non le groupe.

Qui c'est

Le mot français « disciple » traduit un mot grec qui signifie littéralement celui qui apprend, l'élève d'un maître. Au temps de Jésus, il était courant qu'un maître juif reconnu, appelé rabbi, soit entouré d'élèves qui vivaient avec lui, l'écoutaient et cherchaient à imiter sa manière de vivre. Jean-Baptiste avait ainsi ses propres disciples, et les pharisiens aussi.

La particularité de Jésus est qu'il appelle lui-même ses disciples au lieu d'attendre qu'ils se présentent, et qu'il demande de tout quitter pour le suivre. Le groupe est composite : des pêcheurs de Galilée, un collecteur d'impôts, des femmes qui subviennent aux besoins matériels du groupe, des sympathisants plus discrets.

Le nombre n'est jamais fixe. Les évangiles parlent tantôt de quelques personnes, tantôt de soixante-douze envoyés en mission, tantôt d'une foule de disciples. Après la résurrection, le mot continuera à désigner l'ensemble des croyants.

Dans les évangiles

Les évangiles racontent d'abord des appels individuels : Simon et André, Jacques et Jean quittent leurs filets ; Lévi, assis à son bureau de collecteur d'impôts, se lève et suit Jésus. Ces récits sont brefs et sans explication : Jésus dit « suis-moi », et l'homme suit.

Parmi cet ensemble, Jésus en choisit douze qu'il nomme aussi apôtres, c'est-à-dire « envoyés », pour être avec lui et pour être envoyés prêcher. Le texte de Luc est explicite : il appelle ses disciples et en choisit douze d'entre eux. Les Douze sont donc un sous-groupe, pas la totalité.

D'autres disciples apparaissent hors des Douze : soixante-douze envoyés deux par deux dans les villages, des femmes qui accompagnent Jésus et le servent, les deux hommes qui marchent vers Emmaüs le jour de Pâques et que Luc appelle disciples sans les compter parmi les Douze.

Les évangiles ne les idéalisent pas. Les disciples comprennent mal, se disputent pour savoir qui est le plus grand, s'endorment au jardin des Oliviers, prennent la fuite à l'arrestation. Jean rapporte même qu'après un enseignement difficile, beaucoup de disciples cessèrent de suivre Jésus. Les conditions posées sont exigeantes : porter sa croix, préférer Jésus à tout attachement.

Ce que la tradition en retient

La tradition chrétienne a étendu le mot au-delà du cercle qui a physiquement suivi Jésus : tout baptisé est appelé disciple, en réponse à l'envoi final « faites des disciples de toutes les nations ». La distinction entre les Douze, envoyés comme fondements de l'Église, et le cercle plus large des disciples est restée structurante.

Certaines traditions ont donné des noms et des biographies aux soixante-douze envoyés, ou à tel disciple anonyme des récits : ces listes viennent d'écrits postérieurs aux évangiles et ne s'appuient pas sur eux. Les évangiles, eux, laissent la plupart des disciples sans nom.

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