Aller au contenu
comprendrelamesse.fr

Le Saint Nom de Marie

23ème Semaine du Temps Ordinaire

Première visite ? Ce que vous lisez ici

Ces textes sont ceux lus aujourd'hui dans toutes les églises catholiques : une lecture de l'Ancien Testament, un psaume chanté en réponse, parfois une lettre d'apôtre le dimanche, puis l'Évangile.

Comprendre ces pages explique le reste : pourquoi plusieurs lectures, ce que veut dire « Temps Ordinaire », et comment lire l'analyse.

Première lecture Nouveau Testament

1 Corinthiens 10, 14-22

« La multitude que nous sommes est un seul corps, car nous avons tous part à un seul pain »

14 C’est pourquoi, mes bien-aimés, fuyez l’idolâtrie.

15 Je vous parle comme à des hommes intelligents ; jugez vous-mêmes de ce que je dis.

16 Le calice de bénédiction, que nous bénissons, n’est-il pas une communion au sang du Christ ? Et le pain, que nous rompons, n’est-il pas une communion au corps du Christ ?

17 Puisqu’il y a un seul pain, nous formons un seul corps, tout en étant plusieurs ; car nous participons tous à un même pain.

18 Voyez Israël selon la chair : ceux qui mangent les victimes ne participent-ils pas à l’autel ?

19 Qu’est-ce à dire ? Que la viande sacrifiée aux idoles soit quelque chose, ou qu’une idole soit quelque chose ?

20 [Nullement] ; je dis que ce que les païens offrent en sacrifice, ils l’immolent à des démons, et non à Dieu ; or je ne veux pas que vous soyez en communion avec les démons.

21 Vous ne pouvez boire à la fois au calice du Seigneur et au calice des démons ; vous ne pouvez prendre part à la table du Seigneur et à la table des démons.

22 Voulons-nous provoquer la jalousie du Seigneur ? Sommes-nous plus forts que lui ?

Comprendre ce passage

Deux réponses qui débloquent la lecture, puis des repères, puis ce qui intéresse les curieux.

Où l’on se trouve Pour situer le passage avant de lire

Ce passage vient au cœur d'une longue réponse de Paul à une question très concrète posée par les chrétiens de Corinthe : peut-on manger la viande d'animaux sacrifiés dans les temples des dieux grecs et romains ? Depuis le chapitre 8, Paul répond par étapes : d'abord au nom de la charité envers les consciences fragiles, puis, au début du chapitre 10, en rappelant l'exemple des Hébreux au désert, comblés de dons de Dieu et pourtant tombés dans l'idolâtrie.

Le passage du jour tire la conclusion de cet avertissement : Paul y appuie son raisonnement sur ce que les Corinthiens vivent chaque fois qu'ils se rassemblent, le repas du Seigneur. Juste après, il reviendra à des cas pratiques — la viande achetée au marché, l'invitation chez un voisin non chrétien —, avant d'aborder au chapitre 11 les désordres de leurs assemblées eucharistiques.

En semaine, la première lecture avance dans une lettre de façon continue, d'un jour au suivant, sans lien voulu avec l'évangile du jour : le découpage suit simplement le fil de l'argumentation de Paul.

Qui est là Les personnages, en deux lignes chacun
Paul

Juif de Tarse d'abord hostile aux disciples de Jésus, devenu après une expérience bouleversante l'un des principaux missionnaires du christianisme naissant. Il a fondé la communauté de Corinthe vers 50-51 et lui écrit ensuite pour régler ses difficultés.

Il argumente, en interpellant ses lecteurs comme des adultes capables de juger : il ne donne pas un ordre arbitraire mais construit un raisonnement à partir de leur propre expérience du repas du Seigneur.

Les Corinthiens

Les membres de la communauté chrétienne de Corinthe, grand port commercial de Grèce, pour la plupart issus du paganisme et vivant au milieu de temples et de cultes très actifs.

Destinataires du raisonnement. Certains estimaient que, les idoles n'existant pas, participer aux banquets sacrés était sans conséquence : Paul leur montre que la question n'est pas seulement intellectuelle.

Les Israélites

Le peuple de l'Alliance ancienne, dont le culte au Temple de Jérusalem comportait des sacrifices dont une partie était consommée par les offrants.

Ils servent d'exemple : leur repas sacrificiel montre que manger ce qui a été offert crée un lien réel avec celui à qui l'offrande est faite.

Les démons

Dans le vocabulaire biblique de langue grecque, puissances mauvaises auxquelles la tradition juive rattachait les cultes des nations.

Paul ne concède aucune existence divine aux idoles, mais il refuse de traiter les cultes païens comme inoffensifs : il les rattache à ces puissances, ce qui rend le partage impossible.

Mots à connaître
Les viandes sacrifiées aux idoles

Dans les villes grecques, une grande part de la viande consommée provenait des sacrifices offerts dans les temples ; le reste était vendu au marché ou servi lors de banquets tenus dans les enceintes sacrées. Refuser d'en manger revenait donc à se couper d'une bonne part de la vie sociale et familiale.

La coupe de bénédiction

Dans les repas juifs, on prononçait une bénédiction sur une coupe de vin partagée entre les convives. L'expression renvoie à cet usage, repris par Jésus au dernier repas et devenu un geste central des rassemblements chrétiens.

Rompre le pain

Au début du repas juif, le chef de table rompait un pain unique et en distribuait les morceaux : le geste faisait des convives des commensaux. « La fraction du pain » a été l'un des premiers noms de l'eucharistie.

L'autel et les victimes

Dans le culte d'Israël, certains sacrifices n'étaient pas entièrement brûlés : une part revenait aux prêtres et aux offrants, qui la mangeaient. Ce repas était compris comme une communion à la table de Dieu.

Communion

Le mot grec employé ici, koinônia, signifie participation, mise en commun, association. Il ne désigne pas un simple sentiment de proximité mais un partage réel qui engage : c'est la clé de tout le raisonnement.

Ailleurs dans l’Écriture
1 Co 11, 23-26

Un chapitre plus loin, Paul rapporte les paroles de Jésus au dernier repas, avec la coupe et le pain. Notre passage suppose ce récit connu de ses lecteurs : il ne l'explique pas, il s'en sert comme d'un point d'appui admis. Les deux textes éclairent ce que les premières communautés faisaient et disaient en se rassemblant.

Dt 32, 17 Ancien Testament

Dans le grand poème de Moïse, Israël est accusé d'avoir sacrifié à des puissances qui ne sont pas Dieu. Paul reprend cette manière de parler pour qualifier les cultes de son temps. Il ne fait donc pas une théorie nouvelle sur les démons : il applique une lecture juive traditionnelle des religions environnantes.

Dt 32, 21 Ancien Testament

Le même poème décrit Dieu comme provoqué par l'infidélité de son peuple. La question finale de Paul, sur la jalousie du Seigneur, renvoie à ce langage de l'Alliance, où Dieu est comparé à un époux qui ne partage pas.

1 Co 12, 12-27

Deux chapitres plus loin, Paul développe longuement l'image de la communauté comme un corps aux membres divers. Ici, cette image apparaît brièvement et se trouve liée au pain unique. Le rapprochement montre que, chez Paul, l'unité de l'Église et le repas du Seigneur ne sont pas deux sujets séparés.

Clés de lecture
Un mot répété qui structure tout

La même notion de participation revient à propos de la coupe, du pain, des sacrifices israélites, puis des cultes païens. Paul l'applique successivement à quatre situations pour établir une règle : manger à une table, c'est entrer dans une alliance. D'où l'impossibilité qu'il énonce ensuite.

Ni superstition, ni indifférence

Paul maintient deux affirmations que ses lecteurs avaient tendance à opposer. Les idoles ne sont rien : sur ce point il donne raison aux Corinthiens éclairés. Mais un acte de culte n'est jamais neutre, et l'on ne peut pas se rendre disponible à deux appartenances contraires.

Du pain unique au corps unique

Le raisonnement fait un pas inattendu : de l'unité du pain partagé, Paul conclut à l'unité de ceux qui le partagent. Le mot corps désigne alors à la fois ce dont on communie et ce que la communauté devient. Ce glissement volontaire est au cœur de la théologie paulinienne de l'Église.

Deux questions pour finir

Paul ne conclut pas par une menace mais par deux questions laissées ouvertes, qui renvoient au langage biblique de l'Alliance exclusive. Il laisse ses lecteurs tirer eux-mêmes la conséquence, conformément à l'appel au jugement lancé au début du passage.

Ce que la tradition catholique y lit

Au sens littéral, Paul règle un problème de conduite : la participation aux banquets sacrificiels païens est incompatible avec l'appartenance au Christ, parce que tout repas cultuel scelle une alliance.

La tradition catholique lit dans ces lignes l'un des témoignages les plus anciens sur l'eucharistie : les gestes de la coupe et du pain rompu y sont déjà décrits comme une participation réelle au corps et au sang du Christ, et non comme un simple souvenir. Le texte est ainsi devenu un appui majeur de la doctrine de la présence réelle et du sacrifice eucharistique.

Il fonde aussi le lien que l'Église établit entre communion sacramentelle et unité des baptisés : le sacrement fait l'Église comme un corps, et cette unité engage à ne pas vivre de compromissions contraires à la foi professée. C'est de là que vient l'exigence, dans la pratique catholique, de recevoir la communion en cohérence avec ce qu'elle signifie.

Pour les curieux Rien d’indispensable
Quel genre de texte

Ce n'est pas un récit mais une argumentation pastorale, écrite pour trancher un cas de conscience précis. Paul y enchaîne des questions dont la réponse est évidente pour ses lecteurs : cette technique de discussion, courante chez les orateurs de l'époque, fait avancer le raisonnement en obtenant l'accord pas à pas.

Le passage n'est donc pas d'abord un exposé sur l'eucharistie : c'est un argument qui s'appuie sur ce que la communauté vit déjà, et qui nous renseigne au passage sur cette pratique.

Qui écrit, et pour qui

La lettre est de Paul, dont l'authenticité n'est pas discutée pour ce texte. Il l'écrit vraisemblablement d'Éphèse, vers 54-55, quelques années après avoir fondé la communauté de Corinthe.

Il répond à des nouvelles reçues et à des questions posées par lettre ou par messagers : divisions internes, désordres moraux, conflits sur la liberté chrétienne. « Première aux Corinthiens » signifie simplement que c'est la première des deux lettres à cette Église conservées dans le Nouveau Testament.

Lectures et références
  • 1 Co 10, 1-13 — Les versets qui précèdent immédiatement, où Paul tire de l'histoire d'Israël au désert l'avertissement dont notre passage est la conclusion.
  • Catéchisme, § 1396 — Ce paragraphe s'appuie précisément sur ces versets pour expliquer que la communion fait l'unité du corps de l'Église.
  • Catéchisme, § 1329 — Il présente les noms anciens de l'eucharistie, dont la fraction du pain, que ce passage atteste.
  • Ex 20, 3-5 — Le premier commandement du Décalogue, avec son refus des idoles et l'image de la jalousie de Dieu, arrière-plan direct de l'argument de Paul.

À retenir

Paul raisonne à partir du repas du Seigneur : parce que manger et boire à une table crée une appartenance réelle, on ne peut pas s'asseoir en même temps à deux tables qui s'excluent.

Vous voulez aller plus loin ? Connectez-vous pour demander un développement de ce passage : un texte plus ample, produit en une à deux minutes, et conservé ensuite pour tous les lecteurs.

Échanges

Aucun échange sur ce passage pour l’instant.

Pour laisser un commentaire, il faut créer un compte.

C’est immédiat et sans mot de passe : vous donnez votre adresse, vous cliquez sur le lien reçu, et c’est fait. Le compte sert aussi à mettre des lectures en favori et à les retrouver.

Créer un compte

Lire le site, lui, ne demande rien.

Psaume

Psaumes 115, 12-13 . 115, 17-18

12 Que rendrai-je à Yahweh pour tous ses bienfaits à mon égard !

13 J’élèverai la coupe du salut, et j’invoquerai le nom de Yahweh.

17 Je t’offrirai un sacrifice d’actions de grâces, et j’invoquerai le nom de Yahweh.

18 J’accomplirai mes vœux envers Yahweh, en présence de tout son peuple,

La numérotation des psaumes diffère entre la liturgie et les bibles imprimées : le découpage ci-dessus peut s'écarter d'un verset de la sélection liturgique.

Échanges

Aucun échange sur ce passage pour l’instant.

Pour laisser un commentaire, il faut créer un compte.

C’est immédiat et sans mot de passe : vous donnez votre adresse, vous cliquez sur le lien reçu, et c’est fait. Le compte sert aussi à mettre des lectures en favori et à les retrouver.

Créer un compte

Lire le site, lui, ne demande rien.

Évangile

Luc 6, 43-49

« Pourquoi m’appelez-vous en disant : “Seigneur ! Seigneur !” et ne faites-vous pas ce que je dis ? »

43 En effet, il n’y a pas de bon arbre qui porte de mauvais fruits, ni de mauvais arbre qui porte de bons fruits ;

44 chaque arbre se reconnaît à son fruit. On ne cueille pas de figues sur les épines ; on ne coupe pas de raisin sur les ronces.

45 L’homme bon tire le bien du bon trésor de son cœur ; et, de son mauvais trésor, l’homme méchant tire le mal ; car la bouche parle de l’abondance du cœur.

46 Pourquoi m’appelez-vous Seigneur, Seigneur, et ne faites-vous pas ce que je dis ?

47 Tout homme qui vient à moi, qui écoute mes paroles, et les met en pratique, je vous montrerai à qui il est semblable.

48 Il est semblable à un homme qui, bâtissant une maison, a creusé bien avant, et en a posé les fondements sur le roc. Une inondation étant survenue, le torrent s’est jeté contre cette maison, et il n’a pu l’ébranler, parce qu’elle était fondée sur le roc.

49 Mais celui qui écoute et ne met pas en pratique, est semblable à un homme qui a bâti sa maison sur la terre, sans fondements ; le torrent est venu se heurter contre elle, et elle est tombée aussitôt, et grande a été la ruine de cette maison. »

Comprendre ce passage

Deux réponses qui débloquent la lecture, puis des repères, puis ce qui intéresse les curieux.

Où l’on se trouve Pour situer le passage avant de lire

Ce passage clôt le grand discours que Luc place au début de la vie publique de Jésus, souvent appelé Discours dans la plaine (Lc 6, 20-49) parce que Luc situe la scène dans un lieu plat, au bas de la montagne où Jésus venait de choisir les Douze. Ce discours a commencé par les béatitudes et l'appel à aimer ses ennemis, puis par un avertissement sur celui qui prétend guider les autres sans voir ses propres travers (la paille et la poutre, v. 39-42).

On arrive donc à la conclusion : après avoir dit ce qu'il attend, Jésus donne deux images pour dire comment reconnaître une vie ajustée à sa parole, l'arbre et son fruit, puis la maison et ses fondations.

Immédiatement après, Luc enchaîne avec la guérison du serviteur d'un officier romain à Capharnaüm (Lc 7, 1-10) : un homme qui, précisément, prend la parole de Jésus au sérieux. En semaine, l'évangile est lu de façon continue, jour après jour, dans l'ordre du livre : ce découpage suit simplement la fin du discours.

Qui est là Les personnages, en deux lignes chacun
Jésus

Prédicateur itinérant de Galilée que les évangiles présentent comme le Messie et le Fils de Dieu. Luc vient de le montrer choisissant douze disciples proches, appelés les apôtres, avant de descendre enseigner.

Il parle en maître qui enseigne avec autorité et conclut son discours par deux comparaisons empruntées à la vie ordinaire, l'arboriculture et la construction.

les disciples

Un cercle plus large que les douze apôtres : tous ceux qui suivent Jésus et se mettent à son école. Le mot signifie « élève ».

Ils sont les destinataires directs du discours ; l'avertissement final les vise, eux qui appellent Jésus « Seigneur » sans que cela garantisse la mise en pratique.

la foule

Selon Luc 6, 17-19, une grande assemblée venue de Judée, de Jérusalem et de la région de Tyr et Sidon, attirée par les guérisons.

Elle forme l'auditoire présent autour des disciples : l'enseignement est donné devant elle, ce qui donne à ces paroles une portée publique.

Ailleurs dans l’Écriture
Mt 7, 24-27 même épisode, autre évangile

Matthieu place la même parabole des deux constructeurs à la fin du Discours sur la montagne, mais l'opposition porte sur le terrain : le roc contre le sable, et la menace vient de la pluie et des vents. Luc, lui, insiste sur le travail de fondation creusée en profondeur et sur une crue de rivière qui frappe la maison. La différence reflète deux mondes : celui d'un auditoire habitué aux torrents saisonniers et celui de lecteurs de culture urbaine méditerranéenne, pour qui Luc écrit.

Mt 7, 16-21 même épisode, autre évangile

Chez Matthieu, l'image de l'arbre et du fruit sert à démasquer les faux prophètes, et la question du « Seigneur, Seigneur » est suivie d'une scène de jugement où certains invoquent leurs miracles. Luc supprime le cadre prophétique et le jugement final : il applique l'image à tout homme et à ce qui sort de son cœur. Même matériau, intentions distinctes.

Mt 12, 33-35 même épisode, autre évangile

Matthieu reprend ailleurs le motif du trésor du cœur d'où sort le bien ou le mal, mais dans une controverse avec les pharisiens sur l'origine du pouvoir de Jésus. Cela montre que ces paroles brèves circulaient et étaient replacées par chaque évangéliste dans le contexte qui servait son propos.

Si 27, 6 Ancien Testament

Ce livre de sagesse écrit en hébreu vers 180 av. J.-C. affirme déjà que le fruit d'un arbre révèle la qualité de sa culture, comme la parole révèle le cœur de l'homme. Jésus parle donc dans une tradition de sagesse bien établie, qu'il reprend en la rapportant à l'écoute de sa propre parole.

Clés de lecture
Du dehors vers le dedans

La première image regarde ce qui se voit, le fruit ; la deuxième explique d'où il vient, le cœur, désigné comme un trésor, une réserve intérieure. Dans la Bible, le cœur n'est pas le siège des émotions mais le centre de la personne, là où elle décide.

Le titre ne suffit pas

La question du verset 46 est le pivot du passage : appeler Jésus Seigneur est juste, mais ce titre reste vide s'il ne change rien à l'agir. Luc ne dit pas que la parole compte peu, il dit qu'une parole sans acte se dénonce elle-même.

Écouter n'est pas encore bâtir

Les deux constructeurs de la finale ont ceci de commun qu'ils ont tous les deux entendu. Ce qui les sépare est le travail invisible du sous-sol, creusé ou négligé. La crue ne crée pas la différence : elle la révèle.

Ce que la tradition catholique y lit

Au sens littéral, Jésus conclut son enseignement par un avertissement de sagesse : une conduite révèle une disposition intérieure, et seule la mise en pratique donne à une vie de quoi tenir dans l'épreuve.

La tradition catholique y lit d'abord une parole sur le Christ lui-même : il parle non comme un sage qui commente la Loi, mais comme celui dont les paroles constituent le fondement, le roc. Elle y lit aussi l'articulation de la foi et des œuvres : croire n'est pas d'abord proclamer un titre mais recevoir une parole qui transforme le cœur, d'où les actes découlent ensuite.

La crue est traditionnellement comprise comme l'épreuve, la persécution, et finalement le jugement : ce qui n'a pas de fondation ne survit pas. L'image de la maison bien bâtie a nourri, dans la réflexion chrétienne, la description de l'Église édifiée sur la parole du Christ.

Pour les curieux Rien d’indispensable
Quel genre de texte

Ce sont des paroles de sagesse et deux petites paraboles, c'est-à-dire des comparaisons tirées de la vie quotidienne qui éclairent une réalité spirituelle. Les images de l'arbre, du buisson d'épines, de la maison ne décrivent pas des faits : elles fonctionnent par contraste, deux termes opposés côte à côte.

Il ne faut donc pas presser le détail (quelle inondation ? quel arbre ?), mais saisir le point de bascule de chaque image. La forme brève, symétrique, était faite pour être retenue par cœur.

Qui écrit, et pour qui

L'évangile est attribué par la tradition à Luc, compagnon de Paul, qui écrit probablement vers 80-90 pour des communautés de langue grecque hors de Palestine ; le nom de l'auteur n'apparaît pas dans le texte lui-même et la datation reste discutée.

Son prologue (Lc 1, 1-4) annonce une enquête ordonnée à partir de témoignages antérieurs, adressée à un certain Théophile. Luc écrit pour des lecteurs qui n'ont pas connu Jésus et qui doivent apprendre à distinguer une adhésion de façade d'une vie réellement transformée.

Lectures et références
  • Jc 1, 22-25 — La lettre de Jacques développe la même distinction entre écouter la parole et la mettre en pratique.
  • Ps 1, 3 — L'image du juste comme arbre qui porte du fruit appartient au fonds biblique que Jésus réemploie.
  • Lc 8, 15 — Dans la parabole du semeur, Luc reprend le lien entre un cœur bon, la parole gardée et le fruit produit.
  • Catéchisme, § 1970 — Le Catéchisme présente la loi évangélique comme un choix entre deux voies, dont ces deux constructeurs sont l'image.

À retenir

Deux images en miroir, l'arbre et la maison, disent la même chose : ce qui se voit d'une vie vient de ce qui a été enfoui en elle, et l'épreuve ne fait que le manifester.

Vous voulez aller plus loin ? Connectez-vous pour demander un développement de ce passage : un texte plus ample, produit en une à deux minutes, et conservé ensuite pour tous les lecteurs.

Ce que les Pères de l’Église en ont dit

Extraits de la Chaîne d’or, compilation des commentaires des Pères réunie par saint Thomas d’Aquin vers 1263. Contrairement au reste de cette page, ces textes ne sont pas produits par une intelligence artificielle : ils sont recopiés sans modification.

Bède

Notre-Seigneur continue à parler ici contre les hypocrites : « L’arbre qui produit de mauvais fruits, n’est pas bon, » etc. ; paroles dont voici le sens : Si vous voulez avoir une vertu véritable et sincère, montrez-vous dans les oeuvres ce que vous êtes en paroles ; car l’hypocrite qui se couvre du masque de la vertu, n’est cependant pas vertueux, s’il fait le mal ; et s’il ose reprendre un innocent, ses reproches ne le rendent pas pour cela mauvais, puisqu’il fait le bien.

Tite de Bostra

Que ces paroles ne favorisent point votre négligence, un arbre est soumis aux lois qui régissent la nature végétale ; pour vous, au contraire, vous avez l’usage de votre libre arbitre ; tout arbre stérile a été créé pour une fin particulière ; pour vous, vous avez été créé pour pratiquer la vertu.

S. Isidore

(Liv. 4, lettre 81.) Ce n’est point le repentir, mais la persévérance dans le mal, que le Sauveur condamne par ces paroles ; tant que la disposition de l’âme reste mauvaise, elle ne peut produire de bons fruits ; mais si elle se tourne du côté du bien, alors elle produit des fruits de vertu. La nature de l’arbre s’appelle en nous l’affection, aussi elle peut ce qui est impossible à un arbre mauvais, c’est-à-dire produire de bons fruits.

S. Chrys

(Hom. 43 sur S. Matth.) Quoique le fruit naisse de l’arbre, il le fait néanmoins connaître, en ce sens, que la nature, l’espèce d’un arbre se distinguent par ses fruits.

21 autres commentaires sur ce passage. Traduction de l’abbé J.-M. Peronne, 1868. Texte mis en ligne par eschatologie.free.fr, avec son autorisation.

Échanges

Aucun échange sur ce passage pour l’instant.

Pour laisser un commentaire, il faut créer un compte.

C’est immédiat et sans mot de passe : vous donnez votre adresse, vous cliquez sur le lien reçu, et c’est fait. Le compte sert aussi à mettre des lectures en favori et à les retrouver.

Créer un compte

Lire le site, lui, ne demande rien.