Aller au contenu
comprendrelamesse.fr

← Qui est qui

La foule

Dans les évangiles, « la foule » désigne la masse anonyme des gens qui se pressent autour de Jésus : elle le suit, l'écoute, l'acclame, et finit par réclamer sa mort. Ce n'est pas un personnage, mais un groupe mouvant qui sert de miroir tout au long du récit.

À ne pas confondre

La foule n'est pas le groupe des disciples : les évangiles distinguent constamment ceux qui suivent Jésus durablement et la masse qui va et vient. Elle n'est pas non plus les autorités religieuses (grands prêtres, anciens, pharisiens), qui lui sont souvent opposées dans le récit — plusieurs passages disent même que ces autorités craignent la foule. Chez Jean, l'expression « les Juifs » désigne fréquemment ces autorités, et non la population : la confondre avec la foule fausse la lecture. Enfin, rien dans les textes ne permet d'affirmer que la foule des Rameaux et celle du procès sont les mêmes gens, et il serait faux d'y lire une accusation contre le peuple juif dans son ensemble.

Qui c'est

La foule n'est pas une personne ni même un groupe identifiable : c'est la population ordinaire de Galilée et de Judée, paysans, pêcheurs, malades, curieux, femmes et enfants, que les évangiles nomment sans jamais donner de noms. Le mot grec employé, ochlos, signifie « attroupement, multitude » ; il n'a rien d'honorifique et désigne les gens du commun, par opposition aux notables et aux autorités religieuses.

On la rencontre au singulier (« la foule ») ou au pluriel (« les foules »), sans différence de sens réelle. Elle apparaît partout : sur les routes, au bord du lac, dans les synagogues, aux portes des maisons, et jusque dans les rues de Jérusalem pendant la Pâque, où la ville était gonflée de pèlerins venus de tout le pays.

Son époque est celle du ministère public de Jésus, dans les années 30 de notre ère, sous occupation romaine. Sa présence constante rappelle que rien de ce que fait Jésus dans les évangiles ne se passe en privé.

Dans les évangiles

La foule suit. Dès les débuts en Galilée, « des foules nombreuses » viennent de partout, attirées par les guérisons et par une manière d'enseigner qui les frappe (Mt 4, 25 ; Mt 7, 28-29). Elle est si dense qu'elle empêche parfois Jésus et ses proches de manger, oblige à monter dans une barque pour parler depuis l'eau, ou force un homme de petite taille comme Zachée à grimper dans un arbre pour voir.

Elle est aussi l'objet d'un regard : voyant la foule, Jésus « fut saisi de compassion, car ils étaient comme des brebis sans berger », et il se met à leur enseigner longuement (Mc 6, 34). C'est à la foule qu'il parle en paraboles, et c'est elle qu'il nourrit dans le récit des pains multipliés.

Elle acclame. Après la multiplication des pains, elle veut l'enlever pour le faire roi, et Jésus s'y dérobe (Jn 6, 15). À l'entrée à Jérusalem, elle étend ses manteaux sur le chemin et crie « Hosanna ! » (Mc 11, 8-10). Peu après, on nous dit qu'« une foule nombreuse l'écoutait avec plaisir » dans le Temple.

Elle se retourne. Devant Pilate, les évangiles précisent que les grands prêtres poussent la foule à réclamer la libération de Barabbas et la crucifixion de Jésus (Mc 15, 11-15). Après la mort, chez Luc, « toutes les foules venues en spectateurs » repartent en se frappant la poitrine (Lc 23, 48). Les textes ne disent nulle part que ce sont exactement les mêmes personnes qu'aux Rameaux.

Ce que la tradition en retient

La tradition catholique retient de la foule d'abord ce que disent les évangiles : elle est celle qui a faim d'une parole, celle sur qui Jésus pose un regard de compassion, celle à qui les Béatitudes sont adressées. Sa versatilité — de l'acclamation à la condamnation — a été très tôt lue comme un miroir tendu à tout lecteur, plutôt que comme le portrait d'un peuple particulier. La liturgie du dimanche des Rameaux fait d'ailleurs entendre le même jour l'acclamation et le récit de la Passion. L'Église enseigne aujourd'hui de manière explicite que la responsabilité de la mort de Jésus ne peut être imputée collectivement aux Juifs, ni de ce temps-là ni d'aujourd'hui.

Passages à lire

Cette fiche est rédigée par une intelligence artificielle et vérifiée automatiquement. Comment, et avec quelles limites.