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de la férie

24ème Semaine du Temps Ordinaire

Première visite ? Ce que vous lisez ici

Ces textes sont ceux lus aujourd'hui dans toutes les églises catholiques : une lecture de l'Ancien Testament, un psaume chanté en réponse, parfois une lettre d'apôtre le dimanche, puis l'Évangile.

Comprendre ces pages explique le reste : pourquoi plusieurs lectures, ce que veut dire « Temps Ordinaire », et comment lire l'analyse.

Première lecture Nouveau Testament

1 Corinthiens 15, 12-20

« Si le Christ n’est pas ressuscité, votre foi est sans valeur »

12 Or, si l’on prêche que le Christ est ressuscité des morts, comment quelques-uns parmi vous disent-ils qu’il n’y a pas de résurrection des morts ?

13 S’il n’y a pas de résurrection des morts, le Christ non plus n’est pas ressuscité.

14 Et si le Christ n’est pas ressuscité, notre prédication est donc vaine, vaine aussi est votre foi.

15 Il se trouve même que nous sommes de faux témoins à l’égard de Dieu, puisque nous avons témoigné contre lui qu’il a ressuscité le Christ, tandis qu’il ne l’aurait pas ressuscité, s’il est vrai que les morts ne ressuscitent pas.

16 Car si les morts ne ressuscitent pas, le Christ non plus n’est pas ressuscité.

17 Et si le Christ n’est pas ressuscité, votre foi est vaine, vous êtes encore dans vos péchés,

18 et par conséquent aussi, ceux qui se sont endormis dans le Christ sont perdus.

19 Si nous n’avons d’espérance dans le Christ que pour cette vie seulement, nous sommes les plus malheureux de tous les hommes.

20 Mais maintenant le Christ est ressuscité des morts, il est les prémices de ceux qui se sont endormis.

Comprendre ce passage

Deux réponses qui débloquent la lecture, puis des repères, puis ce qui intéresse les curieux.

Où l’on se trouve Pour situer le passage avant de lire

Le chapitre 15 de la lettre aux Corinthiens forme la dernière grande question traitée par Paul dans cette lettre. Juste avant notre passage (15, 1-11), il a rappelé mot pour mot la profession de foi qu'il avait lui-même reçue et transmise : le Christ est mort, il a été enseveli, il est ressuscité, et il s'est montré vivant à plusieurs témoins nommés.

À partir du verset 12, Paul passe du rappel à la discussion : dans la communauté de Corinthe, certains admettent la résurrection de Jésus mais refusent l'idée que les morts, eux, ressuscitent. Notre passage est la réfutation de cette position ; il s'achève sur un renversement au verset 20, qui ouvre la suite (15, 21-28), où Paul décrit l'ordre des événements à venir, puis la question de la nature du corps ressuscité (15, 35 et suivants).

En semaine, la liturgie lit les lettres de Paul de façon continue, morceau après morceau : ce passage vient simplement à son tour dans le parcours de la lettre.

Qui est là Les personnages, en deux lignes chacun
Paul

Juif de Tarse, d'abord adversaire des premiers chrétiens, devenu après une expérience du Christ ressuscité l'un des principaux prédicateurs de l'Évangile dans le monde grec. Il a fondé la communauté de Corinthe et lui écrit à distance.

Il argumente : il part de ce que les Corinthiens professent déjà, la résurrection de Jésus, pour montrer que la nier chez les morts revient à la nier chez le Christ.

les frères de Corinthe

Les membres de la communauté chrétienne de Corinthe, grande ville portuaire grecque, en majorité d'origine non juive. « Frères » est l'appellation ordinaire des chrétiens entre eux.

Ce sont les destinataires directs : Paul les met devant les conséquences de ce que certains d'entre eux soutiennent.

certains d'entre vous

Un groupe non nommé à l'intérieur de la communauté. La culture grecque admettait volontiers la survie de l'âme, mais tenait le retour à la vie d'un corps pour absurde.

Ils nient la résurrection des morts. Paul ne les attaque pas personnellement : il démonte leur affirmation en en tirant toutes les conséquences.

Ce qui surprend dans cette traduction

Le texte affiché est celui de Sainte Bible néo-Crampon Libre (2022). Ce n’est pas la traduction lue à la messe, qui appartient à l’AELF : les mots diffèrent, le sens est le même.

« ceux qui se sont endormis »

L'expression traduit littéralement le grec : « s'endormir » est, dans le vocabulaire chrétien ancien, une manière courante de dire « mourir ». Certaines traductions rendent simplement par « les morts ».

Ailleurs dans l’Écriture
1 Co 15, 3-5

Ce sont les versets qui précèdent immédiatement notre passage. Paul y cite une formule de foi qu'il déclare avoir reçue avant lui : elle remonte donc aux toutes premières années du christianisme. Notre passage s'appuie entièrement sur ce socle déjà reçu par les Corinthiens.

Ac 17, 32

Dans le livre des Actes des Apôtres, à Athènes, l'auditoire grec écoute Paul jusqu'au moment où il parle de résurrection des morts, et se met alors à se moquer. Ce détail éclaire la difficulté corinthienne : l'obstacle n'est pas la foi en Dieu, mais l'idée d'un corps rendu à la vie.

1 Th 4, 13-14

Dans une lettre plus ancienne, Paul répond à une communauté inquiète du sort de ses défunts et emploie déjà l'image du sommeil pour parler de la mort des croyants. Le raisonnement est le même : ce que Dieu a fait pour Jésus, il le fera pour ceux qui lui sont unis.

Dn 12, 2 Ancien Testament

Ce verset du livre de Daniel est l'une des expressions les plus nettes, dans l'Ancien Testament, de l'espérance d'un réveil des morts. Il rappelle que l'attente dont Paul parle n'est pas une nouveauté chrétienne : elle était déjà portée par une partie du judaïsme, même si d'autres courants la refusaient.

Clés de lecture
Une chaîne de conséquences

Paul reprend deux fois le même enchaînement : pas de résurrection des morts, donc pas de résurrection du Christ, donc prédication vide, foi vide. La répétition n'est pas une maladresse : elle serre l'argument et le rend inévitable.

Le point de bascule du verset 20

Tout le passage est construit sur des hypothèses négatives, jusqu'à un renversement brutal qui affirme le contraire. C'est ce verset qui donne sens à tout ce qui précède : Paul n'a déroulé l'absurde que pour rendre sensible ce qu'il tient pour acquis.

La foi tient à un événement

L'argument suppose que la foi chrétienne n'est pas d'abord une doctrine sur Dieu mais le témoignage d'un fait. C'est pourquoi Paul envisage, si ce fait est faux, que les prédicateurs soient des menteurs : ce n'est pas une opinion qui serait erronée, c'est un témoignage qui serait faux.

Résurrection et pardon liés

Paul associe l'absence de résurrection au maintien des péchés. Pour lui, la mort et la résurrection de Jésus forment un seul événement de salut : si la seconde tombe, la première ne libère de rien.

Ce que la tradition catholique y lit

Au sens littéral, Paul défend un point précis contre une position corinthienne : on ne peut pas retenir la résurrection de Jésus tout en refusant celle des morts, car la première est le commencement de la seconde, non une exception isolée.

La tradition catholique a fait de ce passage un texte de référence sur la résurrection du Christ : elle n'y est pas présentée comme un supplément consolant, mais comme ce sans quoi la foi chrétienne s'effondre entièrement. L'image du premier ressuscité, les prémices, fonde aussi l'espérance de la résurrection des corps, professée dans le Credo.

Spirituellement, cette page soutient la prière pour les défunts et le refus chrétien de réduire l'espérance à l'horizon de la vie présente : le dernier verset du passage rattache le sort des croyants morts à celui du Christ.

Pour les curieux Rien d’indispensable
Quel genre de texte

C'est un passage d'argumentation, à l'intérieur d'une lettre. Paul procède par démonstration par l'absurde : il suppose vraie la thèse qu'il conteste, puis en déroule les conséquences jusqu'à ce qu'elles deviennent insoutenables.

Cela change la manière de lire : les phrases qui disent que la foi est vide ou que les défunts sont perdus ne sont pas des affirmations de Paul, ce sont les conséquences de l'opinion adverse. Le seul énoncé que Paul assume en propre est le renversement final.

Qui écrit, et pour qui

La lettre est de Paul, qui a fondé la communauté de Corinthe vers 50-51 et lui écrit ensuite, probablement depuis Éphèse, au milieu des années 50. Ce n'est pas un traité mais une réponse à des nouvelles reçues et à des questions posées : divisions, procès entre chrétiens, mariage, repas communautaires, dons spirituels.

L'attribution à Paul de cette lettre n'est pas discutée, contrairement à celle de quelques autres écrits du Nouveau Testament. Les destinataires sont une communauté urbaine, cosmopolite et traversée de tensions, à qui Paul écrit en grec.

Lectures et références
  • Catéchisme, § 991 — Le Catéchisme cite précisément ce passage pour montrer que la foi en la résurrection appartient au christianisme depuis ses débuts.
  • Catéchisme, § 651 — Il expose la valeur de la résurrection du Christ comme fondement de toute la prédication chrétienne.
  • Catéchisme, § 655 — Il explique la résurrection du Christ comme principe et source de la résurrection des croyants.
  • Rm 6, 5 — Paul y exprime autrement le lien entre l'union au Christ mort et la participation à sa résurrection.

À retenir

Paul démonte l'opinion de ceux qui refusent la résurrection des morts en montrant qu'elle ruinerait aussi la résurrection du Christ, et donc la foi entière, avant d'affirmer au contraire que le Christ ressuscité inaugure celle de tous.

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Échanges

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Psaume

Psaumes 16, 1 . 16, 6-7 . 16, 8 . 16, 15

1 Prière de David. Yahweh, entends la justice, écoute mon cri ; prête l’oreille à ma prière, qui n’est pas proférée par des lèvres trompeuses.

6 Je t’invoque, car tu m’exauces, ô Dieu ; incline vers moi ton oreille, écoute ma prière.

7 Signale ta bonté, toi qui sauves ceux qui se réfugient dans ta droite contre leurs adversaires.

8 Garde-moi comme la prunelle de l’œil ; à l’ombre de tes ailes mets-moi à couvert ;

15 Pour moi, dans mon innocence je contemplerai ta face ; à mon réveil, je me rassasierai de ton image.

La numérotation des psaumes diffère entre la liturgie et les bibles imprimées : le découpage ci-dessus peut s'écarter d'un verset de la sélection liturgique.

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Évangile

Luc 8, 1-3

« Des femmes les accompagnaient et les servaient en prenant sur leurs ressources »

1 Ensuite Jésus cheminait par les villes et par les villages, prêchant et annonçant la bonne nouvelle du royaume de Dieu. Les Douze étaient avec lui,

2 ainsi que quelques femmes qui avaient été guéries d’esprits malins et de maladies : Marie, dite de Magdala, de laquelle étaient sortis sept démons ;

3 Jeanne, femme de Chusa, intendant d’Hérode, Suzanne et plusieurs autres, qui l’assistaient de leurs biens.

Comprendre ce passage

Deux réponses qui débloquent la lecture, puis des repères, puis ce qui intéresse les curieux.

Où l’on se trouve Pour situer le passage avant de lire

Nous sommes au milieu du ministère de Jésus en Galilée, cette région du nord de la Palestine où il a commencé à prêcher. Luc vient de raconter le repas chez un pharisien : une femme de mauvaise réputation y répand du parfum sur les pieds de Jésus et s'entend dire que ses péchés sont pardonnés (Lc 7, 36-50). La parabole du semeur suit immédiatement (Lc 8, 4-15).

Entre les deux, ces trois versets forment un sommaire. Pas un épisode, donc, mais une vue d'ensemble qui résume toute une période et présente le groupe entourant Jésus. Luc en profite pour nommer des femmes dont aucun autre évangéliste ne parle à cet endroit du récit.

En semaine, la lecture de l'évangile progresse jour après jour dans un même livre : ce passage arrive simplement à sa place, dans la traversée continue de Luc.

Qui est là Les personnages, en deux lignes chacun
Jésus

Le maître itinérant venu de Nazareth, dont Luc raconte la vie publique ; il parcourt la Galilée en enseignant et en guérissant.

Il va de localité en localité et annonce le règne de Dieu ; le passage le montre entouré d'un groupe stable qui voyage avec lui, et non pas seul.

les Douze

Le groupe restreint que Jésus a choisi parmi ses disciples (Lc 6, 12-16) pour être avec lui et être envoyés. « Disciple » désigne largement quiconque suit Jésus ; « les Douze » désigne ce noyau précis.

Ils forment le premier cercle des compagnons de route, mentionnés ici sans qu'aucun ne soit nommé ni ne prenne la parole.

Marie, appelée Madeleine

Une femme originaire de Magdala, bourgade de pêcheurs au bord du lac de Galilée ; son surnom vient de ce lieu. Les quatre évangiles la citeront parmi les témoins de la mort et du tombeau de Jésus.

Luc la présente comme guérie d'une emprise démoniaque particulièrement lourde. Rien dans le texte ne l'identifie à la femme pécheresse du chapitre précédent : cette assimilation est une tradition occidentale tardive, que l'exégèse actuelle ne retient pas.

Jeanne, femme de Kouza

L'épouse d'un haut fonctionnaire chargé des biens d'Hérode Antipas, le prince qui gouvernait la Galilée pour le compte de Rome. Luc la nommera de nouveau parmi les femmes venues au tombeau (Lc 24, 10).

Sa présence montre que le groupe de Jésus touche aussi les milieux aisés, et jusqu'à l'entourage du pouvoir qui fera bientôt exécuter Jean Baptiste.

Suzanne et les autres femmes

Des femmes guéries par Jésus, dont Luc ne dit rien de plus ; il précise qu'elles sont nombreuses.

Elles suivent Jésus en déplacement et financent le groupe sur leurs propres biens, ce qui suppose qu'elles en disposaient librement.

Mots à connaître
le règne de Dieu

Expression centrale de la prédication de Jésus. Elle désigne moins un territoire que l'intervention décisive de Dieu venant rétablir la justice et sauver son peuple. Le judaïsme de l'époque la connaissait bien et l'attendait comme une délivrance à venir.

Magdala (d'où « Madeleine »)

Localité de la rive occidentale du lac de Galilée, connue pour le salage du poisson. Le surnom indique l'origine, comme un nom de famille, et distingue cette Marie des autres femmes portant ce prénom très répandu.

intendant d'Hérode

Hérode Antipas gouvernait la Galilée sous l'autorité de Rome ; son intendant administrait ses domaines et ses revenus. Charge importante, qui suppose fortune et proximité avec le pouvoir.

sept démons

Dans le langage de l'époque, on attribuait souvent maladies graves et troubles profonds à des esprits mauvais. Le chiffre sept indique une plénitude : il dit l'extrême gravité du mal dont Marie a été libérée, sans permettre d'en tirer un diagnostic médical.

Ce qui surprend dans cette traduction

Le texte affiché est celui de Sainte Bible néo-Crampon Libre (2022). Ce n’est pas la traduction lue à la messe, qui appartient à l’AELF : les mots diffèrent, le sens est le même.

« Kouza »

Le nom du mari de Jeanne est diversement transcrit du grec selon les traductions : Kouza, Chouza ou Chuza. Il s'agit du même personnage.

« esprits mauvais »

D'autres bibles écrivent « esprits impurs » ou « mauvais esprits » : la formule désigne, dans le langage de l'époque, les puissances tenues pour responsables de troubles graves du corps ou de l'esprit.

Ailleurs dans l’Écriture
Mc 15, 40-41 même épisode, autre évangile

Marc ne donne cette information qu'au pied de la croix, notant alors, rétrospectivement, que ces femmes suivaient Jésus et le servaient déjà en Galilée. Luc le dit dès le milieu du ministère galiléen. Le même fait se retrouve donc à deux endroits différents : révélation tardive chez Marc, élément constitutif du groupe dès le départ chez Luc.

Lc 24, 10 même épisode, autre évangile

Au matin de Pâques, Luc nomme de nouveau Marie Madeleine et Jeanne parmi celles qui rapportent aux apôtres ce qu'elles ont vu au tombeau. Les deux passages se répondent : les compagnes de route présentées ici se retrouvent témoins jusqu'au bout.

Mt 27, 55-56 même épisode, autre évangile

Matthieu signale lui aussi, au moment de la crucifixion, des femmes venues de Galilée à la suite de Jésus pour le servir. Il en nomme d'autres que Luc. La mémoire de ce groupe était donc large, et transmise de plusieurs façons.

Clés de lecture
Un groupe plus large que les Douze

Le passage juxtapose deux cercles : les Douze, choisis et envoyés, et des femmes qui font le même voyage. Luc les distingue sans les opposer. Et il note que les unes comme les autres sont là en permanence, non de passage.

Guéries, puis compagnes de route

Luc ne présente pas ces femmes par leur statut familial ou social, mais d'abord par ce que Jésus a fait pour elles. La notice tient sur ce lien entre la guérison reçue et la vie donnée ensuite : ce qu'elles ont reçu explique qu'elles soient là.

L'argent du groupe

La dernière indication est très concrète. Le ministère de Jésus coûte, matériellement, et ce sont ces femmes qui l'assument sur leurs biens propres. Le détail vaut de l'or pour l'historien, puisqu'il suppose qu'au moins certaines disposaient de ressources personnelles.

Des noms qui reviendront

Marie Madeleine et Jeanne ne passent pas une seule fois : Luc les fera réapparaître au tombeau, au chapitre 24. Nommer ici des témoins précis relève de la méthode annoncée dans le prologue de l'évangile (Lc 1, 1-4), qui dit s'appuyer sur ceux qui ont vu.

Ce que la tradition catholique y lit

Au sens littéral, le texte documente la composition et le financement du groupe itinérant qui suit Jésus en Galilée. Il atteste ce que les autres évangiles ne mentionnent qu'au moment de la Passion : des femmes ont fait partie du cercle des compagnons de route, et durablement.

La tradition catholique y lit une préfiguration de l'Église, communauté rassemblée autour du Christ où les rôles diffèrent sans que la dignité en dépende : les Douze envoyés en mission, d'autres soutenant l'annonce par leurs moyens et leur présence. Le service évoqué ici n'a rien de subalterne. C'est le mot que les évangiles emploient pour désigner l'attitude que Jésus demande à tous.

Reste la continuité, très soulignée, entre cette notice et le matin de Pâques : celles qui accompagnent le ministère sont aussi celles qui se tiennent au tombeau et portent la première annonce aux apôtres.

Pour les curieux Rien d’indispensable
Quel genre de texte

Ni récit d'événement, ni enseignement : un sommaire. Une notice brève qui résume une manière de vivre étalée sur des mois et présente les personnes concernées. Ce type de texte articule deux grandes sections.

On n'y cherchera pas une scène datée. Plutôt une information de fond : comment Jésus se déplaçait, avec qui, et de quoi vivait ce groupe.

Qui écrit, et pour qui

La tradition attribue l'évangile selon Luc à un compagnon de l'apôtre Paul, qui aurait aussi écrit les Actes des Apôtres ; les deux livres forment un ensemble adressé à un certain Théophile. On situe le plus souvent la composition entre 80 et 90, pour des communautés chrétiennes de culture grecque, hors de Palestine.

Luc soigne sa langue et la construction de son récit. Son attention aux pauvres, aux étrangers et aux femmes se repère sans peine, et il rapporte sur elles plusieurs épisodes absents des autres évangiles.

Lectures et références
  • Lc 6, 12-16 — Le choix des Douze, auquel ce sommaire renvoie sans le redire.
  • Lc 1, 1-4 — Le prologue où Luc explique s'appuyer sur le témoignage de ceux qui ont vu, ce qui éclaire le soin mis ici à nommer des personnes.
  • Lc 22, 27 — Jésus définit sa propre place parmi les siens par le service, ce qui donne sa portée au verbe employé pour les femmes.
  • Catéchisme, § 641 — Sur les femmes comme premiers témoins de la Résurrection, aboutissement du chemin commencé ici.

À retenir

Un simple résumé de voyage, où Luc note que le groupe de Jésus comprenait aussi des femmes guéries par lui, nommées une à une, et qui en assuraient la subsistance.

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Ce que les Pères de l’Église en ont dit

Extraits de la Chaîne d’or, compilation des commentaires des Pères réunie par saint Thomas d’Aquin vers 1263. Contrairement au reste de cette page, ces textes ne sont pas produits par une intelligence artificielle : ils sont recopiés sans modification.

Théophile

Celui qui est descendu des cieux pour nous tracer la voie et nous donner l’exemple, nous enseigne à ne jamais négliger le devoir de l’instruction : « Et il arriva ensuite que Jésus parcourait les villes, » etc.

S. Grég. de Nazianze

Il va de pays en pays, non seulement pour gagner à Dieu un plus grand nombre d’âmes, mais encore pour consacrer par sa présence un plus grand nombre d’endroits. Il dort et se fatigue pour sanctifier notre sommeil et nos travaux ; il pleure pour donner du prix à nos larmes, il annonce les mystères du ciel pour élever et agrandir l’esprit de ceux qui l’écoutent.

Tite de Bostra

Celui qui est descendu du ciel sur la terre, annonce le royaume des cieux aux habitants de la terre, pour changer la terre et en faire un ciel anticipé. Mais qui peut annoncer dignement ce royaume, que le Fils de Dieu qui en est le souverain Maître ? Bien des prophètes ont paru sur la terre, mais sans annoncer le royaume des cieux, car comment auraient-ils pu parler des choses qu’ils n’avaient pas vues ?

S. Isidore

(Liv. XXIII, lettre 206.) Il en est qui pensent que ce royaume de Dieu est plus élevé et plus parfait que le royaume céleste ; d’autres prétendent au contraire que c’est le même dans sa nature, mais auquel on donne des noms différents. On l’appelle royaume de Dieu, parce qu’il a Dieu pour souverain ; et quelquefois le royaume des cieux, quand on considère ce royaume dans ses sujets, c’est-à-dire, dans les anges et les saints auxquels la sainte Écriture donne le nom de cieux.

6 autres commentaires sur ce passage. Traduction de l’abbé J.-M. Peronne, 1868. Texte mis en ligne par eschatologie.free.fr, avec son autorisation.

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