Marthe et Marie de Béthanie
Marthe et Marie sont deux sœurs de Béthanie, un village proche de Jérusalem, où Jésus est reçu chez elles avec leur frère Lazare. Marie de Béthanie est une personne distincte de Marie Madeleine, même si la tradition occidentale les a longtemps confondues.
À ne pas confondre
Marie de Béthanie n'est pas Marie Madeleine. Marie Madeleine, c'est-à-dire Marie de Magdala, est une femme de Galilée dont Luc dit que Jésus l'a délivrée de sept démons, et que les quatre évangiles placent à la croix et au tombeau ; rien dans les textes ne l'identifie à la sœur de Lazare. La tradition occidentale les a longtemps confondues, en y ajoutant la pécheresse anonyme qui oint les pieds de Jésus chez un pharisien en Galilée : ces trois femmes sont trois personnages distincts dans les évangiles, et l'onction de Marie de Béthanie n'est pas celle-là.
Attention aussi à ne pas confondre Lazare, le frère de Marthe et Marie, avec le pauvre Lazare de la parabole racontée par Jésus, qui est un personnage fictif. Et Marie de Béthanie n'est évidemment ni Marie mère de Jésus, ni Marie de Cléophas, ni Marie mère de Jacques.
Qui c'est
Marthe et Marie sont deux sœurs qui habitent Béthanie, un village situé à environ trois kilomètres de Jérusalem, sur le versant est du mont des Oliviers. Elles vivent avec leur frère Lazare, et leur maison est l'un des rares lieux où les évangiles montrent Jésus accueilli comme un ami, en dehors de tout enseignement public.
Les deux prénoms sont courants dans la Judée du Ier siècle. Marthe vient d'un mot araméen qui signifie « maîtresse de maison », ce qui correspond au rôle qu'elle tient dans les récits. Marie est la forme grecque de Myriam, le prénom le plus répandu chez les femmes juives de l'époque — d'où le nombre de Marie différentes dans le Nouveau Testament, et les confusions qui en découlent.
Les évangiles ne disent rien de leur âge, de leur situation matrimoniale ni de ce qu'elles sont devenues après les événements rapportés.
Dans les évangiles
Elles apparaissent dans deux évangiles seulement, celui de Luc et celui de Jean.
Chez Luc, Jésus entre dans un village et Marthe le reçoit chez elle. Elle s'affaire au service pendant que sa sœur Marie reste assise aux pieds de Jésus à l'écouter. Marthe s'en plaint ; Jésus lui répond qu'elle s'inquiète de beaucoup de choses et que Marie a choisi la meilleure part. Luc ne nomme pas le village et ne mentionne pas Lazare.
Chez Jean, les deux sœurs interviennent dans le récit de la maladie et de la mort de leur frère. Elles envoient prévenir Jésus ; il arrive quatre jours après la mise au tombeau. Marthe va au-devant de lui et lui dit : « Si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort » — puis elle prononce une confession de foi qui, dans cet évangile, est l'une des plus explicites : « Tu es le Christ, le Fils de Dieu. » Marie vient ensuite et tombe à ses pieds en pleurant, et c'est en la voyant pleurer que Jésus est bouleversé et pleure lui-même.
Peu avant la Pâque, Jean les montre une dernière fois : au cours d'un repas à Béthanie, Marthe sert tandis que Marie répand sur les pieds de Jésus un parfum de grand prix et les essuie avec ses cheveux, sous les protestations de Judas. Les évangiles ne racontent rien d'elles après cet épisode : elles ne figurent ni au pied de la croix ni au tombeau.
Ce que la tradition en retient
La scène de Luc, où Marthe s'affaire pendant que Marie écoute, est devenue en Occident l'image classique de deux manières de suivre Jésus : l'action et la contemplation. Cette lecture est traditionnelle, mais le texte lui-même parle simplement d'un repas et d'une plainte entre sœurs.
La liturgie romaine a longtemps fêté Marthe seule le 29 juillet ; depuis une réforme récente, elle fête ce jour-là Marthe, Marie et Lazare ensemble, ce qui reflète la distinction retrouvée entre Marie de Béthanie et Marie Madeleine, fêtée pour sa part le 22 juillet. Les Églises d'Orient, elles, n'ont jamais confondu les deux femmes.
Des légendes médiévales, notamment provençales, font venir Marthe et sa sœur en Gaule après la Pentecôte ; ces récits sont très tardifs et n'ont aucun appui dans les évangiles.
Passages à lire
- Lc 10, 38-42 — Marthe reçoit Jésus et se plaint que Marie l'écoute au lieu de l'aider : la seule scène des deux sœurs chez Luc.
- Jn 11, 1-44 — La mort et le relèvement de Lazare : les deux sœurs y parlent tour à tour à Jésus, et Marthe confesse qu'il est le Christ.
- Jn 11, 5 — Une notation rare : « Jésus aimait Marthe et sa sœur et Lazare ».
- Jn 12, 1-8 — Le repas de Béthanie : Marthe sert, Marie répand le parfum de nard sur les pieds de Jésus.
- Lc 8, 1-3 — Marie de Magdala y est présentée comme une femme de Galilée délivrée de sept démons, sans aucun lien avec Béthanie.
- Lc 7, 36-50 — La pécheresse anonyme qui oint les pieds de Jésus chez Simon le pharisien : une scène différente, avec une femme que le texte ne nomme pas.
Où on l'a rencontré sur ce site
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- lundi 5 octobre 2026 Lc 10, 38-42
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- jeudi 1er octobre 2026 Lc 10, 38-42
- mardi 22 septembre 2026 Lc 8, 1-3
- samedi 19 septembre 2026 Lc 8, 1-3
- vendredi 18 septembre 2026 Lc 8, 1-3
- jeudi 17 septembre 2026 Lc 7, 36-50
- mercredi 16 septembre 2026 Lc 7, 36-50
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