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Simon le Zélote

Simon le Zélote est l'un des douze apôtres choisis par Jésus. Les évangiles ne rapportent de lui aucune parole ni aucun acte : il n'apparaît que dans les listes des Douze, où son surnom le distingue de Simon-Pierre.

À ne pas confondre

À ne pas confondre avec les nombreux autres Simon du Nouveau Testament : Simon-Pierre, le chef des apôtres ; Simon le lépreux, chez qui Jésus est oint à Béthanie ; Simon le pharisien, qui l'invite à sa table ; Simon de Cyrène, qui porte la croix ; Simon, l'un des « frères » de Jésus nommés à Nazareth ; Simon le magicien, rencontré par les apôtres dans les Actes.

Son surnom de « Cananéen » ne signifie ni qu'il venait de Cana, ni qu'il était originaire du pays de Canaan : c'est un mot araméen qui veut dire « le zélé ». Rien à voir non plus avec la femme cananéenne de l'évangile de Matthieu.

Enfin, il est distinct de Siméon fils de Clopas, que des traditions anciennes présentent comme un responsable de la communauté de Jérusalem.

Qui c'est

Simon est un Juif de Galilée, disciple de Jésus au premier siècle. Son nom, très répandu à l'époque, obligeait les évangiles à le distinguer par un surnom : Marc et Matthieu l'appellent « le Cananéen », Luc « le Zélote ». Il s'agit du même mot : « cananéen » ne renvoie ici ni au pays de Canaan ni au village de Cana, mais transcrit l'araméen qanana, « le zélé » ; Luc le rend simplement en grec par zêlôtês.

Que signifiait ce surnom ? Deux lectures sont possibles et l'on ne peut trancher avec certitude. Il peut désigner un homme d'un zèle ardent pour la Loi juive, réputé pour sa ferveur religieuse. Il peut aussi évoquer les milieux favorables à une résistance armée contre l'occupation romaine — le parti organisé des zélotes, lui, n'est clairement attesté par les historiens qu'au moment de la guerre juive contre Rome, en 66-70, soit après la mort de Jésus.

Dans un cas comme dans l'autre, le surnom éclaire la composition du groupe des Douze. À côté de Simon le Zélote figure Matthieu, collecteur d'impôts pour le compte de l'occupant romain — exactement le profil d'homme qu'un zélote détestait. Jésus appelle donc côte à côte des hommes que tout, politiquement, opposait.

Dans les évangiles

On ne le rencontre que dans les listes des douze apôtres, et nulle part ailleurs.

Marc et Matthieu le nomment « Simon le Cananéen », en avant-dernière position, juste avant Judas Iscariote (Mc 3, 18 ; Mt 10, 4). Luc écrit « Simon appelé le Zélote » (Lc 6, 15), et le nomme de nouveau dans le livre des Actes des Apôtres, parmi les Onze réunis à Jérusalem après l'Ascension de Jésus (Ac 1, 13).

Aucun évangile ne lui prête une seule parole, une seule action, une seule rencontre. On ignore son métier, sa famille, son lieu d'origine, ce qu'il est devenu. Tout ce que les textes disent de lui tient dans son nom, son surnom et son appartenance aux Douze.

Ce silence n'a rien d'exceptionnel : plusieurs apôtres, comme Jacques fils d'Alphée ou Barthélemy, ne sont eux aussi mentionnés que dans ces listes.

Ce que la tradition en retient

L'Église catholique le fête le 28 octobre, avec l'apôtre Jude — un rapprochement qui vient de la tradition et non des évangiles, lesquels ne les associent jamais l'un à l'autre.

Des récits tardifs, postérieurs de plusieurs siècles aux évangiles et sans valeur historique assurée, lui prêtent une mission en Perse, en Égypte ou en Bretagne, et un martyre par la scie — d'où la scie qui l'accompagne dans l'art religieux. Rien de tout cela n'est attesté par le Nouveau Testament.

La tradition retient surtout de lui ce que son surnom laisse entrevoir : la présence, parmi les Douze, d'hommes venus d'horizons politiques et religieux opposés.

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