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Jude

Jude, aussi appelé Thaddée, est l'un des douze apôtres choisis par Jésus. Il n'a pas d'autre nom que le sien dans les récits, prend la parole une seule fois dans les évangiles, et n'a rien à voir avec Judas Iscariote, le traître.

À ne pas confondre

Jude n'est pas Judas Iscariote. Ce sont deux hommes différents parmi les Douze, qui portaient le même nom hébreu ; l'un a livré Jésus, l'autre non, et l'évangile de Jean précise expressément « non pas l'Iscariote » pour qu'on ne s'y trompe pas.

Il ne faut pas non plus le confondre avec le Jude cité parmi les « frères de Jésus » que les gens de Nazareth énumèrent (Jacques, Joseph, Jude et Simon) : ce Jude-là n'est pas présenté comme un apôtre, et rien dans les évangiles ne permet de l'identifier à Jude Thaddée.

Enfin, la lettre du Nouveau Testament appelée « épître de Jude » se présente comme écrite par « Jude, frère de Jacques » ; la tradition l'a souvent attribuée à l'apôtre, mais le texte lui-même ne le dit pas et les spécialistes en discutent.

Qui c'est

Jude est l'un des Douze, ce groupe d'hommes que Jésus choisit parmi ses disciples pour l'accompagner en permanence. On ne sait à peu près rien de lui : ni son métier, ni son village, ni les circonstances de son appel. Les évangiles ne conservent de lui qu'un nom et une question.

Son nom pose une difficulté, parce que les listes des Douze ne l'appellent pas toutes pareil. Luc écrit « Jude, fils de Jacques » ; Matthieu et Marc écrivent « Thaddée ». La tradition considère qu'il s'agit du même homme portant deux noms, ce qui était courant à l'époque, d'où la forme composée « Jude Thaddée » qu'on rencontre souvent.

« Jude » est la forme française du nom hébreu Yehouda (Juda), très répandu, qui évoque la louange de Dieu. C'est le même nom que celui de Judas Iscariote : le français a pris l'habitude de dire « Jude » pour l'apôtre et « Judas » pour le traître, précisément pour les distinguer. L'origine de « Thaddée » est incertaine ; on l'explique généralement à partir d'un mot araméen, sans certitude.

Dans les évangiles

Jude apparaît d'abord dans les listes des douze apôtres, où il figure toujours vers la fin, aux côtés de Simon le Zélote : sous le nom de Thaddée chez Matthieu et Marc, sous celui de Jude fils de Jacques chez Luc.

Il intervient une seule fois, chez Jean, pendant le dernier repas de Jésus avec ses disciples. L'évangéliste prend soin de le présenter ainsi : « Judas — non pas l'Iscariote — lui dit... ». Le texte lui-même prend donc les devants pour éviter la confusion.

Sa question porte sur un mot que Jésus vient de dire, à savoir qu'il va se manifester à ceux qui l'aiment : « Seigneur, que s'est-il passé pour que tu doives te manifester à nous et non pas au monde ? » Jésus lui répond en parlant de celui qui garde sa parole et chez qui le Père et lui viendront demeurer. C'est tout.

Aucun autre épisode ne le met en scène. On le retrouve seulement dans la liste des apôtres réunis à Jérusalem après l'Ascension, au début du livre des Actes des Apôtres. Les évangiles ne disent rien de sa vie avant, ni de ce qu'il est devenu ensuite.

Ce que la tradition en retient

Les évangiles s'arrêtent au dernier repas et aux listes d'apôtres ; tout le reste vient de traditions postérieures, dont la valeur historique est incertaine. Ces traditions le font prêcher en Mésopotamie et en Perse avec l'apôtre Simon, et mourir martyr avec lui : l'Église catholique les fête ensemble le 28 octobre.

Jude Thaddée est surtout devenu, dans la piété populaire, le patron des causes désespérées. L'explication couramment donnée est savoureuse : longtemps les fidèles évitaient de s'adresser à lui à cause de la ressemblance de son nom avec celui de Judas Iscariote, si bien qu'on ne le priait plus qu'en dernier recours. Cette dévotion, très vivante dans certains pays, ne repose sur rien qui figure dans les évangiles.

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