Jacques, fils d'Alphée
Jacques, fils d'Alphée, est l'un des douze apôtres choisis par Jésus. Il ne figure dans les évangiles que dans les listes des Douze : on ne lui connaît aucune parole ni aucun geste.
À ne pas confondre
Il ne faut surtout pas le confondre avec Jacques, fils de Zébédée, dit « Jacques le Majeur » : celui-là est le frère de l'apôtre Jean, il fait partie du groupe des trois proches de Jésus, et il est le premier apôtre mis à mort, sous Hérode Agrippa. C'est lui que la tradition rattache au pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle. Les deux Jacques sont deux apôtres distincts, tous deux dans la liste des Douze.
Autre Jacques encore : « Jacques, le frère du Seigneur », qui dirige la communauté chrétienne de Jérusalem après la Pentecôte et auquel on attribue une lettre du Nouveau Testament. La tradition l'a souvent identifié à Jacques fils d'Alphée ; les textes ne le font jamais, et cette identification reste discutée.
Enfin, « Jacques le petit » mentionné au pied de la croix par Marc n'est nommé fils d'Alphée dans aucun texte : le rapprochement est une tradition, non une donnée des évangiles.
Qui c'est
Jacques est la forme française du nom hébreu Jacob, très répandu chez les Juifs du Ier siècle : d'où le nombre de Jacques dans le Nouveau Testament. Celui-ci est toujours désigné par le nom de son père, Alphée, précisément pour le distinguer d'un autre apôtre appelé Jacques, le fils de Zébédée.
On ne sait rien de lui : ni son métier, ni son lieu d'origine, ni les circonstances de son appel. Il est galiléen selon toute vraisemblance, comme la plupart des Douze, mais les textes ne le disent pas.
Le surnom de « Jacques le Mineur » ne vient pas des listes d'apôtres. Il provient d'un autre passage, où l'évangile de Marc mentionne un « Jacques le petit » (ou « le mineur ») dont la mère s'appelle Marie et qui se tient au Calvaire. La tradition a rapproché les deux, mais aucun texte ne les identifie l'un à l'autre. « Mineur » n'a donc rien de péjoratif : cela signifiait sans doute « le plus jeune » ou « le plus petit de taille ».
Dans les évangiles
Jacques, fils d'Alphée, apparaît quatre fois seulement, et toujours de la même manière : dans la liste des douze apôtres. On le trouve chez Matthieu, chez Marc, chez Luc, et une quatrième fois dans les Actes des Apôtres, quand les Onze se retrouvent à Jérusalem après l'Ascension.
Dans les trois évangiles, il occupe la neuvième place de la liste, juste avant Thaddée (ou Jude, selon l'évangile) et Simon le Zélote. Cette place stable est le seul indice dont on dispose : les listes semblent regrouper les apôtres par petits ensembles, mais on ignore ce qui les rassemblait.
En dehors de ces listes, aucune parole, aucun geste, aucune scène ne lui est attribué. Il ne pose pas de question à Jésus, ne reçoit pas de reproche, n'accomplit rien qui soit rapporté. C'est le cas de plusieurs des Douze, dont les évangiles retiennent le nom sans rien dire de plus.
Un détail intrigue les lecteurs : l'évangile de Marc appelle également « fils d'Alphée » le collecteur d'impôts Lévi, que Jésus appelle à sa suite. Les textes ne disent pas s'il s'agit du même Alphée, ni si les deux hommes étaient frères. C'est une question ouverte, pas une information.
Ce que la tradition en retient
La tradition latine a fusionné trois figures en une seule : Jacques fils d'Alphée, « Jacques le petit » du Calvaire, et Jacques « frère du Seigneur », chef de l'Église de Jérusalem. C'est ce personnage composite que l'on fête et que la piété appelle « Jacques le Mineur », en le tenant pour l'auteur de l'épître de Jacques. Les Églises d'Orient, elles, ont plutôt maintenu la distinction entre ces figures.
Il faut donc être clair : cette identification vient de la tradition, non des évangiles, qui se contentent de citer le nom de Jacques fils d'Alphée parmi les Douze. L'art occidental le représente souvent avec un bâton de foulon, instrument de son supplice selon des récits tardifs qui n'ont aucune base dans le Nouveau Testament.
Passages à lire
- Mt 10, 2-4 — La liste des douze apôtres, où Jacques fils d'Alphée est nommé à la neuvième place, distinct de Jacques fils de Zébédée.
- Mc 3, 16-19 — Marc énumère les Douze et mentionne les deux Jacques, l'un fils de Zébédée, l'autre fils d'Alphée.
- Lc 6, 13-16 — Troisième liste des apôtres, qui confirme la place de Jacques fils d'Alphée entre Matthieu et Simon le Zélote.
- Ac 1, 13 — Dernière mention de son nom : les apôtres réunis à Jérusalem après l'Ascension.
- Mc 15, 40 — La mention de « Jacques le Mineur », fils d'une Marie présente au Calvaire, sans que le texte l'identifie au fils d'Alphée.
- Mc 2, 14 — L'appel de Lévi « fils d'Alphée », qui pose la question, non résolue, d'un lien de parenté avec l'apôtre Jacques.
Où on l'a rencontré sur ce site
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- samedi 12 septembre 2026 Lc 6, 13-16
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