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de la férie

28ème Semaine du Temps Ordinaire

Première visite ? Ce que vous lisez ici

Ces textes sont ceux lus aujourd'hui dans toutes les églises catholiques : une lecture de l'Ancien Testament, un psaume chanté en réponse, parfois une lettre d'apôtre le dimanche, puis l'Évangile.

Comprendre ces pages explique le reste : pourquoi plusieurs lectures, ce que veut dire « Temps Ordinaire », et comment lire l'analyse.

Première lecture Nouveau Testament

Galates 5, 1-6

« Ce qui a de la valeur, ce n’est pas que l’on soit circoncis ou non, mais c’est la foi, qui agit par la charité »

1 Dans la liberté par laquelle le Christ nous a affranchis, tenez ferme, et ne vous laissez pas mettre de nouveau sous le joug de la servitude.

2 C’est moi, Paul, qui vous le dis : Si vous vous faites circoncire, le Christ ne vous servira de rien.

3 Au contraire, je déclare encore une fois à tout homme qui se fait circoncire, qu’il est tenu d’accomplir la Loi tout entière.

4 Vous n’avez plus rien de commun avec le Christ, vous tous qui cherchez la justification dans la Loi ; vous êtes déchus de la grâce.

5 Nous, c’est de la foi, par l’Esprit, que nous attendons l’espérance de la justice.

6 Car dans le Christ Jésus ni circoncision ni incirconcision n’ont de valeur, mais la foi qui est agissante par la charité.

Comprendre ce passage

Deux réponses qui débloquent la lecture, puis des repères, puis ce qui intéresse les curieux.

Où l’on se trouve Pour situer le passage avant de lire

La lettre aux Galates est une lettre de crise : après avoir évangélisé ces communautés d'Asie Mineure, Paul apprend que d'autres prédicateurs y sont passés pour convaincre ces chrétiens venus du paganisme qu'ils devaient aussi se faire circoncire et observer la loi de Moïse pour être pleinement sauvés.

Une longue démonstration tirée de l'Écriture occupe les chapitres 3 et 4 et démonte cette exigence. Abraham a été déclaré juste à cause de sa foi ; la Loi, venue plus tard, n'annule pas cette promesse. Juste avant notre passage, Paul vient de relire l'histoire de Sara et d'Agar, qui oppose les enfants de l'esclave et ceux de la femme libre.

Ces versets forment la charnière de la lettre. Paul tire la conclusion de son argumentation et bascule vers la partie pratique, où il expliquera à quoi sert concrètement cette liberté. En semaine, la première lecture parcourt un livre en continu : ce passage est l'étape du jour dans la lecture suivie de Galates, sans lien voulu avec l'évangile.

Qui est là Les personnages, en deux lignes chacun
Paul

Juif pharisien devenu disciple du Christ après une rencontre bouleversante sur la route de Damas, il a fondé des communautés chrétiennes dans tout le bassin méditerranéen et leur écrit des lettres, appelées épîtres, pour les instruire ou les corriger.

Il engage ici son autorité personnelle de façon très solennelle, en se nommant lui-même, pour avertir les Galates du danger qu'ils courent.

Les Galates

Les membres des communautés chrétiennes d'une région d'Asie Mineure, dans l'actuelle Turquie. Ils viennent majoritairement du paganisme et non du judaïsme.

Destinataires de l'avertissement : certains sont sur le point d'accepter la circoncision, croyant ainsi parfaire leur appartenance au peuple de Dieu.

Les partisans de la circoncision

Des prédicateurs chrétiens d'origine juive, jamais nommés dans la lettre, pour qui l'entrée dans le salut apporté par le Christ passait nécessairement par l'adoption des observances juives.

Ils ne parlent pas dans le passage, mais c'est leur exigence que Paul combat point par point.

Le Christ

Jésus de Nazareth, mort et ressuscité, que Paul présente comme celui par qui Dieu sauve l'humanité.

Il est présenté comme l'auteur de la libération : tout le raisonnement consiste à montrer qu'on ne peut pas ajouter une condition à ce qu'il a déjà accompli.

Mots à connaître
La circoncision

Ablation d'un repli de peau du sexe masculin, pratiquée au huitième jour après la naissance, qui marque dans la chair l'appartenance au peuple de l'alliance. Pour un adulte venu du paganisme, l'accepter signifiait concrètement passer au judaïsme avec toutes ses obligations.

La loi de Moïse

L'ensemble des prescriptions religieuses et rituelles contenues dans les cinq premiers livres de la Bible : circoncision, sabbat, règles alimentaires, calendrier des fêtes. On ne peut pas en prendre un morceau sans prendre le reste, rappelle Paul. C'est un tout.

Le joug

La pièce de bois qui attelle les bœufs à la charrue. L'image sert dans la Bible à désigner une sujétion ; Paul l'emploie ici pour qualifier le retour volontaire à un régime dont les croyants ont été affranchis.

La justification, la justice

Dans le vocabulaire de Paul, ces mots ne désignent pas l'équité sociale mais le fait d'être rendu juste devant Dieu, ajusté à lui. Toute la question du passage est de savoir ce qui produit cet ajustement : l'observance de la Loi, ou la foi.

Ailleurs dans l’Écriture
Ga 6, 15

À la fin de la même lettre, Paul reprend presque mot pour mot la formule du dernier verset, mais en remplaçant la mention de la foi agissante par celle de la création nouvelle. Les deux expressions s'éclairent : ce qui compte n'est pas un signe corporel mais une transformation réelle de l'existence.

1 Co 7, 19

Écrivant à Corinthe, Paul tient le même raisonnement, en concluant cette fois sur l'observation des commandements de Dieu. Le rapprochement montre que son refus de la circoncision n'est pas un rejet de toute exigence morale, mais le refus d'en faire une condition du salut.

Gn 17, 9-14 Ancien Testament

La circoncision y est donnée à Abraham comme le signe dans la chair de l'alliance entre Dieu et sa descendance. On comprend alors pourquoi les Galates pouvaient la juger désirable : elle avait une densité religieuse que Paul ne nie pas, mais qu'il déclare dépassée par la venue du Christ.

Ga 2, 11-14

Quelques chapitres plus tôt, Paul raconte son affrontement public avec Pierre à Antioche sur une question proche : fallait-il que les croyants d'origine païenne adoptent les usages juifs ? Ce récit montre que le débat traversait l'Église naissante au plus haut niveau. Rien d'une querelle marginale.

Clés de lecture
Une liberté qui vient d'ailleurs

Le premier verset ne présente pas la liberté comme une conquête mais comme un don déjà reçu. Et la conséquence tirée immédiatement n'est pas « faites quelque chose » mais « tenez bon » : il s'agit de ne pas perdre ce qui est acquis.

L'argument du tout ou rien

Paul ne discute pas la valeur de la circoncision en elle-même. Il montre que l'accepter comme condition du salut, c'est entrer dans une logique où il faudra tout observer, et donc renoncer à attendre du Christ ce que l'on attend désormais de soi-même.

La formule finale

Le dernier verset renverse la perspective. Au lieu d'opposer la foi aux œuvres, il décrit une foi qui agit, et qui agit par la charité, c'est-à-dire par l'amour effectif. Cette précision empêche de comprendre la liberté chrétienne comme une dispense d'agir, et prépare la suite de la lettre.

Ce que la tradition catholique y lit

Au sens littéral, Paul règle une question d'organisation de l'Église naissante : les croyants venus du paganisme n'ont pas à devenir juifs pour être pleinement chrétiens. Cette décision, prise dans la douleur, a rendu possible l'universalité de l'Église.

La tradition catholique y a toujours lu davantage. Ce texte fonde en partie la doctrine de la grâce : le salut est d'abord un don reçu, non le salaire d'une performance religieuse. Mais la dernière formule interdit d'en conclure que les actes seraient indifférents, car la foi dont parle Paul est une foi vivante, qui se déploie en amour concret. Le Catéchisme reprend précisément cette expression pour décrire la foi chrétienne.

La liberté dont il est question n'est donc pas l'absence de contrainte, mais l'état de celui qui n'a plus à acheter l'amour de Dieu ; la suite de la lettre précisera qu'elle se met au service des autres.

Pour les curieux Rien d’indispensable
Quel genre de texte

Lettre réelle, écrite pour régler un conflit précis : rien d'un traité de théologie composé à froid. Ce passage en est le moment le plus tendu, où Paul emploie le style de l'avertissement juridique, avec des formules d'attestation solennelles, comme un témoin qui engage sa parole.

Les affirmations y sont volontairement tranchées et polémiques. Les lire comme un jugement général porté sur le judaïsme serait un contresens : Paul vise une situation déterminée, celle de chrétiens venus du paganisme à qui l'on présente la circoncision comme un complément indispensable.

Qui écrit, et pour qui

L'auteur est Paul. Et la lettre aux Galates compte parmi les écrits dont l'attribution n'est pratiquement pas contestée : le ton personnel, la colère contenue, les détails autobiographiques en garantissent l'authenticité.

Elle s'adresse à plusieurs communautés d'une même région, et non à une seule ville. La date et la localisation exacte sont débattues : selon que l'on situe ces Églises au nord ou au sud de la province romaine de Galatie, on propose une rédaction vers la fin des années 40 ou dans les années 50. Reste que le texte est l'un des plus anciens documents chrétiens conservés.

Lectures et références
  • Catéchisme, § 1814 — Le Catéchisme définit la foi vivante en reprenant l'expression finale de ce passage, la foi qui agit par la charité.
  • Catéchisme, § 1741 — Présente la libération opérée par le Christ comme fondement de la liberté chrétienne.
  • Ga 5, 13-14 — Immédiatement après, Paul précise que cette liberté n'est pas un prétexte mais un service mutuel résumé dans l'amour du prochain.
  • Ac 15, 1-29 — Le récit de l'assemblée de Jérusalem montre comment l'Église primitive a tranché la même question de la circoncision des croyants venus du paganisme.
  • Ga 3, 6-9 — Le fondement du raisonnement : Abraham est déclaré juste à cause de sa foi, avant toute observance.

À retenir

Paul avertit des chrétiens tentés d'ajouter la circoncision à leur foi : ajouter une condition au salut donné par le Christ, c'est en réalité y renoncer, car ce qui compte est une foi qui se traduit en amour.

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Échanges

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Psaume

Psaumes 118, 41 . 118, 43 . 118, 44-45 . 118, 47-48

41 Que vienne sur moi ta miséricorde, Yahweh, et ton salut, selon ta parole !

43 N’ôte pas entièrement de ma bouche la parole de vérité, car j’espère en tes préceptes.

44 Je veux garder ta loi constamment, toujours et à perpétuité.

45 Je marcherai au large, car je recherche tes ordonnances.

47 Je ferai mes délices de tes commandements, car je les aime.

48 J’élèverai mes mains vers tes commandements que j’aime, et je méditerai tes lois.

La numérotation des psaumes diffère entre la liturgie et les bibles imprimées : le découpage ci-dessus peut s'écarter d'un verset de la sélection liturgique.

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Évangile

Luc 11, 37-41

« Donnez plutôt en aumône ce que vous avez, et alors tout sera pur pour vous.»

37 Pendant qu’il parlait, un Pharisien le pria de dîner chez lui ; Jésus entra et se mit à table.

38 Or le Pharisien vit avec étonnement qu’il n’avait pas fait l’ablution avant le dîner.

39 Le Seigneur lui dit : « Vous, Pharisiens, vous nettoyez le dehors de la coupe et du plat ; mais au dedans de vous tout est plein de rapine et d’iniquité.

40 Insensés ! celui qui a fait le dehors n’a-t-il pas fait aussi le dedans ?

41 Toutefois, donnez l’aumône selon vos moyens, et tout sera pur pour vous.

Comprendre ce passage

Deux réponses qui débloquent la lecture, puis des repères, puis ce qui intéresse les curieux.

Où l’on se trouve Pour situer le passage avant de lire

On est dans la longue section où Luc raconte la montée de Jésus vers Jérusalem, commencée au chapitre 9. Jésus vient de refuser à la foule un signe spectaculaire en évoquant Jonas, puis de comparer l'œil à la lampe du corps. Tout le contexte immédiat oppose ce qui se voit au-dehors à ce qui éclaire au-dedans.

La scène bascule alors dans un cadre domestique. Un pharisien invite Jésus à table, et c'est l'absence d'un geste rituel avant le repas qui déclenche sa réponse. Ce court échange ouvre la série de reproches qui suit immédiatement (les « malheureux » adressés aux pharisiens puis aux spécialistes de la Loi, Lc 11, 42-54), et qui s'achèvera sur une hostilité ouverte.

Ici, la liturgie découpe les cinq versets d'introduction, de sorte que le thème du pur et de l'impur soit posé avant les invectives proprement dites.

Qui est là Les personnages, en deux lignes chacun
Jésus

Prédicateur itinérant de Galilée, que les évangiles présentent comme le Messie envoyé de Dieu. Chez Luc, il est en route vers Jérusalem où il sera mis à mort.

Invité à table, il ne discute pas la règle d'hygiène rituelle. Il déplace la question vers l'intérieur de l'homme et propose le partage des biens comme véritable purification.

le pharisien (l'hôte)

Un membre du courant pharisien qui reçoit Jésus chez lui ; Luc est le seul à rapporter plusieurs repas de Jésus chez des pharisiens, ce qui suppose des relations réelles et pas seulement un affrontement.

Son étonnement silencieux, simplement constaté par le récit, sert de point de départ : il ne formule aucun reproche, c'est Jésus qui prend la parole.

les pharisiens

Un courant religieux juif du temps de Jésus, composé de laïcs pieux et non de prêtres, attachés à appliquer dans la vie quotidienne les règles de pureté prévues pour le Temple. Leur sérieux religieux était largement respecté.

Jésus les prend ici comme groupe et leur reproche une disproportion : un soin extrême pour ce qui se voit, une négligence de ce qui ne se voit pas.

Mots à connaître
les ablutions avant le repas

Il s'agit d'un lavage rituel des mains : non une question de propreté, mais un geste de pureté religieuse. Des groupes pieux comme les pharisiens étendaient à la table de chaque maison des règles prévues à l'origine pour le service du Temple. Omettre ce geste passait donc pour une négligence spirituelle.

la coupe et le plat

Dans la tradition juive, les récipients de table faisaient l'objet de prescriptions de pureté précises, avec des débats sur ce qui devait être nettoyé et comment. L'image choisie par Jésus parle donc immédiatement à son auditoire.

l'aumône

Dans le judaïsme, le don aux pauvres n'est pas une simple bonne action, c'est un acte religieux de premier plan, associé à la prière et au jeûne. Plusieurs textes lui attribuent une valeur de purification et de réparation des fautes.

le repas de midi

Inviter un prédicateur à sa table après l'avoir entendu parler était un usage courant et honorable. Partager le repas crée un lien. La franchise de Jésus n'en est que plus frappante.

Ailleurs dans l’Écriture
Mt 23, 25-26 même épisode, autre évangile

Matthieu rapporte la même image de la coupe nettoyée au-dehors, mais l'insère dans un grand discours public prononcé à Jérusalem, sans cadre de repas. Sa conclusion diffère : il demande de purifier d'abord l'intérieur du récipient. Luc, lui, remplace cette purification par le don aux pauvres, ce qui correspond à son attention constante à l'usage de l'argent.

Mc 7, 1-8 même épisode, autre évangile

Marc raconte une discussion comparable sur les mains non lavées et prend soin d'expliquer la coutume à ses lecteurs non juifs. Il la situe en Galilée, hors de tout repas. La comparaison montre que la même question circulait dans la tradition sous plusieurs mises en scène.

1 S 16, 7 Ancien Testament

Lors du choix de David, il est dit que l'homme s'arrête à l'apparence alors que Dieu regarde le cœur. L'opposition dehors/dedans utilisée par Jésus n'a donc rien de neuf : elle prolonge une conviction ancienne d'Israël.

Tb 12, 8-9 Ancien Testament

Le livre de Tobie affirme que l'aumône purifie de tout péché et vaut mieux que l'accumulation d'or. La parole finale de Jésus s'inscrit dans cette tradition juive du partage comme acte religieux, et non comme simple générosité.

Clés de lecture
Dehors et dedans

Tout le passage joue sur un seul couple d'opposés, l'extérieur et l'intérieur, appliqué d'abord à la vaisselle puis aux personnes. L'argument tient en une question : le même Dieu a fait l'un et l'autre, on ne peut donc soigner l'un en abandonnant l'autre.

Une solution inattendue

On attendrait que Jésus demande une purification intérieure, comme le fait Matthieu dans le passage parallèle. Luc met à la place le don de ce que l'on possède. Le reproche portait sur la cupidité : le remède est concret, il touche au rapport à l'argent.

Un verset difficile à traduire

La formule finale est obscure en grec, littéralement « donnez en aumône les choses qui sont dedans ». Certains y voient un jeu possible sur un mot araméen signifiant à la fois purifier et faire l'aumône. Les traductions françaises divergent, et reflètent cette incertitude, sans que le sens général soit en cause.

Ni condamnation globale, ni politesse

Jésus accepte l'invitation, entre et se met à table : le récit ne met pas en scène un rejet des pharisiens comme groupe. Mais il n'adoucit pas non plus son propos pour remercier son hôte, ce qui prépare la tension des versets suivants.

Ce que la tradition catholique y lit

Au sens littéral, Jésus ne supprime pas les pratiques rituelles : il refuse qu'elles tiennent lieu de conversion. Le culte extérieur n'a de valeur que s'il correspond à ce que devient réellement la personne, ligne déjà tracée par les prophètes d'Israël.

La tradition catholique y lit une articulation durable de la vie chrétienne : les gestes, les rites, les sacrements ne sont pas des formalités, mais ils appellent une transformation du cœur sans laquelle ils restent stériles. Le lien établi ici entre le partage des biens et la pureté a nourri la doctrine des œuvres de miséricorde ; donner à celui qui manque n'est pas un supplément de vertu, c'est une dimension constitutive de la foi. Le passage avertit aussi contre une religion qui se contenterait de l'apparence. L'Église reconnaît ce risque comme permanent, et non réservé aux adversaires de Jésus.

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Quel genre de texte

C'est une controverse : un bref récit dont toute la fonction est d'amener une parole tranchante de Jésus. Le décor, l'invitation, le repas, l'étonnement de l'hôte, est réduit au minimum.

Luc affectionne ce cadre du repas où l'on discute, forme familière à ses lecteurs grecs. Ces lignes ne sont pas un reportage détaillé mais une scène construite pour faire entendre un enseignement. Ce qui est visé, c'est un comportement religieux, pas la personnalité de l'hôte.

Qui écrit, et pour qui

La tradition attribue l'évangile à Luc, compagnon de voyage de l'apôtre Paul, auteur d'un ouvrage en deux tomes dont le second est le livre des Actes des Apôtres. Il écrit vraisemblablement vers les années 80, pour des communautés chrétiennes de culture grecque. Il dédie son travail à un certain Théophile en expliquant qu'il a voulu mener une enquête soignée sur les événements.

Les spécialistes discutent encore de la date et de l'identité exacte de l'auteur. Une chose est claire : ses lecteurs ne connaissent pas de l'intérieur les usages juifs, d'où la brièveté des explications et l'accent mis sur le sens plutôt que sur la règle.

Lectures et références
  • Is 29, 13 — Oracle reprochant un culte qui s'arrête aux lèvres, arrière-plan prophétique de la critique de Jésus.
  • Lc 12, 15 — Peu après, Jésus met en garde contre l'avidité, prolongeant le reproche de cupidité adressé ici.
  • Catéchisme, § 2447 — Présente l'aumône comme une des œuvres de miséricorde et un témoignage de justice.
  • Catéchisme, § 1430 — Rappelle que la conversion demandée par Jésus vise d'abord le cœur et non les seuls gestes extérieurs.

À retenir

À un hôte choqué par un geste rituel omis, Jésus répond que la vraie purification ne se joue pas sur la vaisselle mais dans le rapport aux biens et aux pauvres.

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Ce que les Pères de l’Église en ont dit

Extraits de la Chaîne d’or, compilation des commentaires des Pères réunie par saint Thomas d’Aquin vers 1263. Contrairement au reste de cette page, ces textes ne sont pas produits par une intelligence artificielle : ils sont recopiés sans modification.

S. Cyrille

Un pharisien, malgré son opiniâtreté, invite cependant le Sauveur à venir dans sa maison : « Pendant qu’il parlait, un pharisien le pria de venir manger chez lui. » C’est à dessein que saint Luc ne dit pas : Pendant qu’il disait ces choses, pour montrer que ce ne fut pas immédiatement après les enseignements qui précèdent, mais quelque temps après qu’il fut invité à dîner par le pharisien.

S. Augustin

(de l’acc. des Evang. , 2, 26.) En effet, pour en venir à ce récit, saint Luc s’est sépara de saint Matthieu à cet endroit, où tous deux racontent les enseignements du Seigneur sur le signe de Jonas, la reine du Midi et l’esprit immonde, car saint Matthieu ajoute immédiatement : « Comme il parlait encore à la foule, sa mère et ses frères étaient dehors, cherchant à lui parler. » Saint Luc, au contraire, après avoir rapporté quelques autres paroles du Sauveur, omises par saint Matthieu, s’écarte de l’ordre suivi par cet Évangéliste.

Bède

Ainsi nous pouvons supposer que lorsque Jésus répond à ceux qui viennent lui annoncer que sa mère et ses frères sont dehors : « Celui qui fait la volonté de Dieu, celui-là est mon frère, et ma soeur, et ma mère, » il était déjà entré sur l’invitation du pharisien dans la salie du festin.

S. Cyrille

Mais Jésus, qui connaissait la malice des pharisiens, s’applique à les ramener avec une miséricordieuse condescendance, à l’exemple des bons médecins, qui déploient toutes les ressources de leur art pour ceux de leurs malades, dont l’état est plus grave : « Or, Jésus étant entré, se mit à table. » Ce qui donna lieu aux sévères leçons qui suivent sur l’étrange disposition d’esprit de ce pharisien, qui se scandalisait de ce que Jésus, qu’il regardait comme un juste et un prophète, ne se conformait point à leurs coutumes déraisonnables : « Le pharisien commença à dire en lui-même : Pourquoi ne s’est-il pas purifié avant le repas ? »

21 autres commentaires sur ce passage. Traduction de l’abbé J.-M. Peronne, 1868. Texte mis en ligne par eschatologie.free.fr, avec son autorisation.

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