Les pharisiens
Les pharisiens formaient un courant religieux juif du temps de Jésus, très attaché à l'observance de la Loi de Moïse et à sa mise en pratique dans la vie quotidienne. Ils n'étaient ni prêtres ni gouvernants, mais des laïcs influents auprès du peuple, avec qui Jésus discute constamment dans les évangiles.
À ne pas confondre
Ne pas les confondre avec les sadducéens, l'autre grand courant : ceux-là étaient l'aristocratie liée au Temple et au sacerdoce, ils s'en tenaient aux seuls livres écrits et niaient la résurrection des morts (Mc 12, 18). Les évangiles associent souvent aux pharisiens les scribes : ce n'est pas un parti mais un métier, celui de spécialiste des Écritures, et tous les scribes n'étaient pas pharisiens. Enfin, le mot « pharisien » a pris en français le sens courant d'hypocrite bien-pensant : c'est un héritage de la polémique évangélique, pas une description du courant réel, qui rassemblait des hommes sincèrement épris de fidélité à Dieu.
Qui c'est
Les pharisiens sont un des grands courants du judaïsme de l'époque, apparu environ deux siècles avant Jésus et encore très vivant au premier siècle. Leur nom vient probablement d'un mot hébreu signifiant « les séparés », c'est-à-dire ceux qui se tiennent à l'écart de tout ce qui rend impur au regard de la Loi.
Ce n'était ni une caste de prêtres, ni un clergé. Les prêtres, eux, servaient au Temple de Jérusalem et se recrutaient par la naissance. Les pharisiens étaient des laïcs : artisans, commerçants, enseignants, souvent instruits, qui se réunissaient dans les synagogues et vivaient de leur métier. Leur autorité ne venait pas d'une fonction officielle mais de leur réputation de fidélité et de leur savoir.
Leur projet était exigeant et, à sa manière, populaire : rendre la Loi praticable par tous, partout, en dehors du Temple, jusque dans les gestes ordinaires — les repas, le repos du sabbat, l'impôt religieux. Ils s'appuyaient pour cela sur la « tradition des anciens », un ensemble de règles transmises oralement de maître à disciple pour interpréter le texte écrit. Ils croyaient à la résurrection des morts, aux anges, au jugement à venir.
Dans les évangiles
Les pharisiens sont les interlocuteurs les plus fréquents de Jésus. Ils l'interrogent, le discutent, le contredisent : sur ce qu'il est permis de faire le jour du sabbat, sur le jeûne, sur le divorce, sur les mains à laver avant de manger, sur le fait qu'il partage la table de gens de mauvaise réputation.
Ces échanges sont souvent conflictuels. Marc rapporte que des pharisiens tiennent conseil avec les partisans d'Hérode pour faire périr Jésus (Mc 3, 6). Matthieu place dans la bouche de Jésus une longue suite de reproches très durs, où revient le mot « hypocrites » (Mt 23). Luc rapporte la parabole du pharisien et du publicain, où le premier remercie Dieu de n'être pas comme les autres hommes (Lc 18, 9-14).
Mais les textes ne les présentent pas d'un seul bloc. Plusieurs pharisiens invitent Jésus à leur table (Lc 7, 36 ; Lc 14, 1). Certains viennent le prévenir qu'Hérode cherche à le tuer (Lc 13, 31). Nicodème, « un chef des Juifs » et pharisien, vient le trouver de nuit, prend sa défense devant ses collègues, puis participe à sa mise au tombeau (Jn 3, 1-2 ; Jn 19, 39).
À noter enfin : dans les récits de la Passion, ce sont les grands prêtres et les anciens qui mènent l'arrestation et le procès de Jésus. Les pharisiens n'y jouent pratiquement aucun rôle.
Ce que la tradition en retient
La tradition chrétienne a longtemps lu les pharisiens comme la figure du croyant satisfait de lui-même, opposé à l'humble qui reconnaît son besoin de Dieu — lecture qui s'appuie sur la parabole de Luc 18. La lecture actuelle de l'Église insiste sur un autre point : ces critiques visent des attitudes possibles à tout croyant, y compris chrétien, et non un peuple ni une religion.
On rappelle aussi que Paul se présente lui-même comme pharisien, avant comme après sa rencontre du Christ (Ac 23, 6 ; Ph 3, 5), et que les évangiles montrent Jésus proche d'eux sur bien des points : la résurrection des morts, l'autorité des Écritures, la vie ordinaire comme lieu de l'obéissance à Dieu. Après la destruction du Temple en l'an 70, c'est de ce courant qu'est issu le judaïsme rabbinique, celui des synagogues, qui se poursuit jusqu'à aujourd'hui.
Passages à lire
- Mc 2, 16-17 — Les pharisiens s'étonnent que Jésus mange avec les publicains et les pécheurs : le désaccord porte sur la pureté de la table.
- Lc 18, 9-14 — La parabole du pharisien et du publicain, source principale de l'image traditionnelle du pharisien satisfait de lui-même.
- Mt 23, 1-12 — Les reproches les plus durs de Jésus, adressés aux scribes et aux pharisiens : ils disent et ne font pas.
- Jn 3, 1-2 — Nicodème, pharisien et notable, vient trouver Jésus de nuit : tous ne lui sont pas hostiles.
- Lc 13, 31 — Des pharisiens avertissent Jésus qu'Hérode veut le faire mourir.
- Ac 23, 6-8 — Paul se déclare pharisien et rappelle ce qui les sépare des sadducéens : la résurrection des morts.
Où on l'a rencontré sur ce site
- jeudi 29 octobre 2026 Lc 13, 31
- mardi 27 octobre 2026 Lc 13, 31
- lundi 26 octobre 2026 Lc 13, 31
- samedi 24 octobre 2026 Lc 13, 31
- lundi 14 septembre 2026 Jn 3, 1-2
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