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Jean, fils de Zébédée

Jean, fils de Zébédée, est un pêcheur de Galilée appelé par Jésus avec son frère Jacques et compté parmi les Douze ; la tradition l'identifie à l'évangéliste Jean et au « disciple que Jésus aimait », un rapprochement ancien mais discuté.

À ne pas confondre

Jean, fils de Zébédée, n'est pas Jean le Baptiste : le Baptiste est le prédicateur du désert qui baptise Jésus dans le Jourdain, il n'appartient pas aux Douze et il est mis à mort avant la Passion. Il ne faut pas non plus le confondre avec Jean surnommé Marc, compagnon de Paul et de Barnabé dans les Actes des Apôtres. Son frère Jacques, dit Jacques le Majeur, est distinct de l'autre Jacques des Douze, fils d'Alphée. Enfin, la mère des fils de Zébédée est nommée dans Matthieu sans que son prénom soit donné ; l'identifier à la Salomé mentionnée par Marc est une hypothèse traditionnelle, non une affirmation des textes.

Qui c'est

Jean est pêcheur sur le lac de Galilée, fils d'un certain Zébédée et frère de Jacques. Le père possède une barque et emploie des ouvriers : la famille n'est donc pas misérable. Les deux frères travaillaient en association avec Simon-Pierre.

Jésus leur donne un surnom, rapporté en araméen par l'évangile de Marc : Boanergès, que le texte traduit lui-même par « fils du tonnerre ». Le sens exact de ce sobriquet n'est pas expliqué ; on y a souvent vu une allusion à leur tempérament vif, ce que certains épisodes semblent confirmer.

Son nom, Yohanan en hébreu, signifie « Dieu fait grâce ». Il figure dans les quatre listes des Douze du Nouveau Testament, toujours parmi les tout premiers cités.

Dans les évangiles

Jean apparaît d'abord au bord du lac : Jésus passe, appelle Jacques et Jean qui réparaient les filets avec leur père, et ils laissent la barque et le père pour le suivre.

Il fait partie, avec Pierre et Jacques, du petit groupe de trois que Jésus prend à part dans certains moments : la résurrection de la fille de Jaïre, la Transfiguration sur la montagne, l'agonie au jardin de Gethsémani.

Les évangiles ne le flattent pas. Avec son frère, il demande à Jésus de siéger à sa droite et à sa gauche dans sa gloire, ce qui indigne les dix autres. Ailleurs, il veut empêcher un homme qui chassait les démons au nom de Jésus, sous prétexte qu'il ne fait pas partie du groupe. Chez Luc, les deux frères proposent de faire descendre le feu du ciel sur un village samaritain qui refuse d'accueillir Jésus, et Jésus les réprimande.

Luc le montre encore envoyé avec Pierre préparer le repas de la Pâque. Après la Résurrection, le livre des Actes des Apôtres le présente aux côtés de Pierre au Temple de Jérusalem, puis devant les autorités religieuses ; il y est décrit comme un homme « sans instruction ». Les évangiles ne disent rien de sa mort.

Ce que la tradition en retient

La tradition catholique identifie Jean, fils de Zébédée, à l'auteur du quatrième évangile et au « disciple que Jésus aimait », celui qui repose contre Jésus au dernier repas et à qui Jésus confie sa mère depuis la croix. Elle lui attribue aussi les trois lettres de Jean et l'Apocalypse, et le fait vivre âgé à Éphèse. Il faut savoir que ce rapprochement est ancien mais discuté : le quatrième évangile ne nomme jamais le disciple bien-aimé, ni Jean fils de Zébédée, et beaucoup de lecteurs anciens comme modernes tiennent l'identification pour probable, d'autres pour incertaine. Elle est portée par la tradition, non affirmée par les textes eux-mêmes.

L'art le représente d'ordinaire jeune et imberbe, un aigle à ses côtés, symbole associé de longue date au quatrième évangile. La tradition en fait le seul apôtre mort de vieillesse, ce dont les évangiles ne disent rien.

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