Marie Madeleine
Marie Madeleine, c'est-à-dire Marie de Magdala, est une disciple galiléenne de Jésus, guérie par lui, présente à la croix et première témoin du tombeau vide et du Ressuscité. Les évangiles ne l'identifient jamais à la pécheresse anonyme à laquelle la tradition occidentale l'a longtemps assimilée.
À ne pas confondre
Ce n'est pas la pécheresse anonyme qui verse du parfum sur les pieds de Jésus chez Simon le pharisien (Lc 7, 36-50) : ce récit précède de quelques versets la première mention de Marie de Magdala, mais il ne la nomme pas et ne l'identifie à personne ; l'assimilation est une lecture occidentale postérieure que les textes ne portent pas. Ce n'est pas non plus Marie de Béthanie, la sœur de Marthe et de Lazare, ni la femme adultère de Jn 8, ni la Samaritaine. Attention enfin aux autres Marie des évangiles : Marie mère de Jésus, Marie femme de Clopas, Marie mère de Jacques et de Joset. Rien dans les évangiles n'en fait une prostituée : cette réputation vient de l'amalgame avec la pécheresse, non des textes.
Qui c'est
Son nom est Marie — l'un des plus répandus de la Judée et de la Galilée du Ier siècle — et « Madeleine » n'est pas un nom de famille : c'est l'indication de son lieu d'origine, Magdala, un bourg de pêcheurs sur la rive ouest du lac de Galilée. On dit donc indifféremment Marie de Magdala ou Marie Madeleine. Ce surnom géographique sert justement à la distinguer des autres Marie de l'entourage de Jésus.
Luc la présente comme une femme dont « sept démons étaient sortis », c'est-à-dire qu'elle avait été guérie par Jésus d'un mal grave. Les évangiles ne disent rien de la nature de ce mal : le chiffre sept marque l'intensité, pas un péché particulier, et rien n'y évoque une vie de débauche.
Elle fait partie d'un groupe de femmes qui suivent Jésus depuis la Galilée et subviennent aux besoins du groupe sur leurs propres ressources. Son âge, sa situation de famille, son métier : les textes n'en disent rien.
Dans les évangiles
Elle apparaît d'abord chez Luc, en tête d'une liste de femmes qui accompagnent Jésus et les Douze sur les routes de Galilée et les assistent de leurs biens.
On la retrouve ensuite au moment de la Passion. Les quatre évangiles la placent au Calvaire ou à proximité, parmi les femmes qui regardent de loin la crucifixion ; Jean la nomme parmi celles qui se tiennent près de la croix. Matthieu et Marc précisent qu'elle observe aussi où l'on dépose le corps, et qu'elle reste assise en face du sépulcre.
Le matin du troisième jour, elle vient au tombeau et le trouve ouvert. Chez Jean, elle court prévenir Pierre et « le disciple que Jésus aimait », revient pleurer près du sépulcre, prend d'abord Jésus pour le jardinier, puis le reconnaît quand il l'appelle par son nom. Il lui dit alors de ne pas le retenir et l'envoie annoncer aux disciples ce qu'elle a vu : elle est ainsi le premier témoin de la résurrection.
Chez Luc, elle est nommée avec Jeanne et une autre Marie parmi celles qui rapportent la nouvelle aux apôtres, lesquels prennent leurs paroles pour du délire. La finale de Marc dit expressément que Jésus est apparu « d'abord à Marie de Magdala ». Après ces récits, les évangiles ne parlent plus d'elle.
Ce que la tradition en retient
L'Église catholique la vénère comme sainte et la fête le 22 juillet. La tradition lui donne le titre d'« apôtre des apôtres », parce qu'elle est envoyée annoncer la résurrection à ceux qui seront envoyés au monde : ce titre résume ce que rapporte l'évangile de Jean.
En revanche, l'image de la Madeleine pénitente, longtemps dominante dans l'art et la prédication d'Occident, repose sur la confusion avec la pécheresse de Luc et avec Marie de Béthanie ; les Églises d'Orient ont toujours distingué ces figures, et la liturgie romaine a depuis clarifié ce point.
Les récits qui la font débarquer en Provence et finir ses jours dans une grotte relèvent de légendes médiévales locales, sans appui dans les évangiles.
Passages à lire
- Lc 8, 1-3 — Première mention : Marie dite de Magdala, guérie de sept démons, parmi les femmes qui suivent Jésus et l'assistent de leurs biens.
- Mc 15, 40-41 — Elle est nommée parmi les femmes qui regardent la crucifixion de loin et qui suivaient Jésus depuis la Galilée.
- Jn 19, 25 — Elle se tient près de la croix, avec la mère de Jésus et Marie femme de Clopas.
- Jn 20, 11-18 — Le cœur de sa figure : elle prend Jésus pour le jardinier, le reconnaît à son nom, et reçoit mission d'annoncer la résurrection aux disciples.
- Lc 24, 10-11 — Elle fait partie des femmes dont les apôtres refusent d'abord de croire le témoignage.
- Lc 7, 36-50 — Le récit de la pécheresse anonyme, à laquelle elle a été assimilée à tort : le texte ne la nomme jamais.
Où on l'a rencontré sur ce site
- mardi 22 septembre 2026 Lc 8, 1-3
- samedi 19 septembre 2026 Lc 8, 1-3
- vendredi 18 septembre 2026 Lc 8, 1-3
- jeudi 17 septembre 2026 Lc 7, 36-50
- mercredi 16 septembre 2026 Lc 7, 36-50
- mardi 15 septembre 2026 Jn 19, 25
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