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Luc

Luc est l'auteur traditionnel du troisième évangile et des Actes des Apôtres. Médecin et compagnon de voyage de l'apôtre Paul, il n'a pas connu Jésus lui-même et écrit à partir de témoignages recueillis.

À ne pas confondre

Luc n'est pas un apôtre et n'a pas connu Jésus : c'est un chrétien de la deuxième génération, à la différence de Matthieu ou de Jean que la tradition compte parmi les Douze. Ne le confondez pas avec Marc, l'autre évangéliste qui fut lui aussi compagnon de mission. Les Actes mentionnent par ailleurs un Lucius de Cyrène, et la lettre aux Romains un autre Lucius : ce sont, selon toute vraisemblance, d'autres personnes. Enfin, l'attribution du troisième évangile à Luc repose sur une tradition très ancienne, mais le texte lui-même ne signe pas le nom de son auteur.

Qui c'est

Luc n'était pas juif de naissance selon la tradition la plus ancienne : il serait un Grec d'Antioche, ville de Syrie où le christianisme s'est répandu très tôt hors du monde juif. Son nom latin, Loukas, est une forme abrégée de Lucanus. Il écrit dans le grec le plus soigné du Nouveau Testament.

On le connaît surtout par trois mentions rapides dans les lettres de Paul, où il apparaît comme un compagnon de mission. L'une d'elles, dans la lettre aux Colossiens, l'appelle « le médecin bien-aimé » : c'est de là que vient sa réputation de médecin, et rien d'autre dans le Nouveau Testament ne la précise.

La tradition lui attribue deux livres qui n'en font qu'un : l'évangile selon Luc et les Actes des Apôtres, adressés au même destinataire, un certain Théophile. Le premier raconte la vie de Jésus, le second les débuts de l'Église. Luc est ainsi le seul évangéliste à avoir écrit une suite.

Dans les évangiles

Luc n'apparaît jamais comme personnage dans les évangiles : il n'a pas suivi Jésus et ne fait pas partie des Douze. Il le dit lui-même en ouvrant son livre : d'autres ont écrit avant lui, il s'est informé auprès de ceux qui furent « témoins dès le commencement », et il rédige un récit ordonné pour un lecteur nommé Théophile.

Ce qu'on peut donc décrire, c'est sa manière. Luc est le seul à raconter l'annonce faite à Marie, la naissance de Jésus dans une mangeoire et les bergers ; le seul aussi à rapporter les paraboles du bon Samaritain, du fils prodigue, et du pauvre Lazare couché à la porte du riche.

Son attention aux pauvres est constante : chez lui, les béatitudes disent « heureux, vous les pauvres » sans autre précision, et elles sont suivies d'avertissements adressés aux riches. Le cantique de Marie, le Magnificat, annonce que Dieu renverse les puissants et comble les affamés.

Son attention aux femmes l'est autant. Il nomme des femmes qui accompagnent Jésus et financent le groupe sur leurs biens, il raconte Marthe et Marie, la veuve de Naïm, la femme courbée. Plusieurs de ces récits ne se trouvent que chez lui.

Dans les Actes des Apôtres, certains passages basculent soudain du « ils » au « nous », comme si l'auteur faisait partie du voyage. La tradition y voit la trace de sa présence auprès de Paul ; le texte ne le nomme jamais.

Ce que la tradition en retient

La tradition catholique tient Luc pour l'auteur du troisième évangile et des Actes, et pour un disciple de Paul dont il aurait recueilli la prédication. Elle lui donne pour symbole le taureau — ou le bœuf —, animal des sacrifices du Temple, parce que son livre s'ouvre sur le prêtre Zacharie offrant l'encens dans le sanctuaire.

Une légende plus tardive, qui n'a aucun appui dans les textes, en fait un peintre ayant fait le portrait de la Vierge Marie ; elle vient sans doute de la place unique que son évangile donne à Marie. Il est fêté le 18 octobre et honoré comme patron des médecins et des peintres.

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