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Simon-Pierre

Pêcheur de Galilée appelé par Jésus, Simon reçoit de lui le surnom de Pierre (« le roc ») et devient le premier des Douze, celui qui confesse Jésus comme le Christ — et celui qui le renie trois fois la nuit de son arrestation.

À ne pas confondre

Plusieurs Simon apparaissent dans les évangiles : Simon le Zélote, un autre des Douze ; Simon le lépreux, chez qui Jésus est oint à Béthanie ; Simon le pharisien ; Simon de Cyrène, qui porte la croix ; et Simon, le père de Judas Iscariote. Aucun n'est Simon-Pierre. Le Simon le magicien du livre des Actes est encore un autre personnage.

Céphas et Pierre sont la même personne : ce sont deux traductions du même surnom, l'une araméenne, l'autre grecque — le lecteur qui les rencontre séparément dans les lettres de Paul et dans les évangiles pourrait croire à deux hommes différents. Enfin, Pierre et Paul, souvent fêtés ensemble et représentés côte à côte, sont deux apôtres distincts : Paul n'a pas connu Jésus de son vivant.

Qui c'est

Il s'appelle d'abord Simon, fils de Jean (Jn 1, 42) — Matthieu le nomme « Simon Bar-Jona », c'est-à-dire fils de Jonas. Il est pêcheur sur le lac de Galilée, originaire de Bethsaïde, et il habite Capharnaüm, où il est marié : les évangiles mentionnent sa belle-mère, que Jésus guérit. Son frère André fait partie du même groupe de disciples.

Jésus lui donne un surnom : en araméen, la langue qu'ils parlent, Kepha, qui veut dire « rocher », transcrit en grec Céphas et traduit par Petros, d'où le français « Pierre ». Ce n'est pas un nom de naissance mais un nom donné, qui dit une fonction : il sera la pierre sur laquelle Jésus bâtira son Église. Les textes emploient les trois formes, parfois ensemble — « Simon-Pierre » —, et Paul, dans ses lettres, l'appelle le plus souvent Céphas.

Dans toutes les listes des Douze, il est cité en premier. Après la mort de Jésus, les Actes des Apôtres le montrent à la tête du groupe des disciples à Jérusalem.

Dans les évangiles

Il est appelé au bord du lac, alors qu'il jette ses filets avec son frère André : « Venez à ma suite, je vous ferai pêcheurs d'hommes » (Mc 1, 16-18). Dans l'évangile de Jean, la rencontre se passe autrement : André le conduit à Jésus, qui le regarde et lui annonce aussitôt son nouveau nom.

Il parle souvent, et souvent le premier. À Césarée de Philippe, quand Jésus demande aux disciples qui ils disent qu'il est, c'est lui qui répond : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. » Jésus lui déclare alors qu'il est Pierre, et lui promet les clés du Royaume (Mt 16, 13-20). Quelques versets plus loin, dans le même chapitre, il refuse que Jésus aille vers la mort et s'entend appeler « Satan ». Il marche sur les eaux et coule ; il veut construire des tentes au moment de la Transfiguration ; il refuse que Jésus lui lave les pieds, puis en demande davantage.

Les quatre évangiles rapportent son reniement, sans l'atténuer. Après l'arrestation de Jésus, dans la cour du grand prêtre, interrogé par une servante puis par d'autres, il jure trois fois ne pas connaître cet homme. Le coq chante ; il se souvient de ce que Jésus lui avait annoncé, et il pleure. C'est le seul épisode de ce genre raconté par les quatre.

Après la résurrection, il court au tombeau, et l'évangile de Jean rapporte une scène au bord du lac où Jésus lui demande trois fois : « M'aimes-tu ? » — autant de fois qu'il avait renié — et lui confie ses brebis (Jn 21, 15-17).

Ce que la tradition en retient

La tradition catholique voit dans la parole de Jésus à Césarée (« Tu es Pierre... je te donnerai les clés du Royaume ») le fondement d'une charge confiée à Pierre et transmise après lui : c'est là que s'enracine la fonction de l'évêque de Rome, le pape. On le représente pour cette raison tenant des clés.

Les évangiles ne disent rien de la fin de sa vie. Une tradition ancienne, attestée hors des évangiles, le fait venir à Rome et y mourir martyr sous l'empereur Néron, vers les années 60 ; le détail de la crucifixion la tête en bas provient d'écrits plus tardifs. L'Église latine le fête le 29 juin, avec Paul. Deux lettres du Nouveau Testament portent son nom.

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