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Matthieu, l'apôtre

Matthieu est l'un des douze apôtres de Jésus. Collecteur d'impôts de métier, il est appelé alors qu'il est assis à son bureau de taxes ; la tradition l'identifie à l'évangéliste auteur du premier évangile.

À ne pas confondre

Ne pas confondre Matthieu avec Matthias, tiré au sort dans les Actes des Apôtres pour remplacer Judas Iscariote parmi les Douze : ce sont deux hommes différents, aux noms voisins. Ne pas confondre non plus avec Zachée, autre collecteur d'impôts, chef des publicains à Jéricho, qui monte dans un arbre pour voir Jésus : lui n'est pas appelé à faire partie des Douze. Enfin, Marc dit Lévi « fils d'Alphée », et un autre apôtre, Jacques, est également dit fils d'Alphée ; rien dans les textes ne dit qu'ils sont frères, et l'identification de Matthieu à l'évangéliste est elle-même une donnée de la tradition, non du texte.

Qui c'est

Matthieu est un Juif de Galilée, au premier siècle, qui exerce le métier de publicain : un collecteur d'impôts et de taxes travaillant pour le compte de l'occupant romain ou du pouvoir local. Ce métier était doublement mal vu : il servait l'occupant et il donnait lieu à des prélèvements abusifs. Les évangiles rangent d'ailleurs les publicains, par formule toute faite, aux côtés des « pécheurs ».

Deux évangiles, Marc et Luc, appellent cet homme Lévi ; Matthieu l'appelle Matthieu. Comme le récit de l'appel est le même dans les trois cas, on considère qu'il s'agit d'une seule personne portant deux noms, ce qui n'avait rien d'exceptionnel à l'époque. Marc précise qu'il est fils d'Alphée. Le nom Matthieu vient d'un mot hébreu signifiant à peu près « don de Dieu ».

On ne sait rien de plus de lui : ni son âge, ni sa famille, ni ce qu'il est devenu après la Résurrection. Les évangiles sont ici très avares.

Dans les évangiles

L'épisode central est celui de son appel. Jésus passe, le voit assis à son bureau de taxes, lui dit « Suis-moi », et l'homme se lève et le suit (Mt 9, 9). Le récit est d'une brièveté frappante : aucune parole de Matthieu, aucune explication, aucune hésitation rapportée.

Suit un repas, chez lui selon Luc, où Jésus se met à table avec « des publicains et des pécheurs ». Des pharisiens s'en scandalisent et interrogent les disciples ; Jésus répond que ce ne sont pas les bien-portants qui ont besoin du médecin, mais les malades, et qu'il est venu appeler non les justes mais les pécheurs.

En dehors de cette scène, Matthieu n'apparaît que dans les listes des Douze, chez Matthieu, Marc, Luc et dans les Actes des Apôtres. Il y figure toujours, mais sans rien qui lui soit propre : il ne prend jamais la parole, n'agit jamais seul, et aucun autre épisode ne le met en scène. La liste de l'évangile selon Matthieu est la seule à le désigner comme « Matthieu le publicain », rappelant son ancien métier.

Aucun évangile ne dit qui a écrit l'évangile selon Matthieu : les quatre évangiles sont anonymes dans leur texte même.

Ce que la tradition en retient

Dès les premiers siècles, la tradition chrétienne attribue à l'apôtre Matthieu la rédaction du premier évangile, celui qui porte son nom. Les spécialistes modernes en discutent, l'ouvrage étant anonyme et paraissant refléter une communauté plutôt qu'un témoin direct ; l'Église continue néanmoins de le désigner sous ce nom. La tradition le représente accompagné d'un homme ailé ou d'un ange, l'un des quatre symboles attribués aux évangélistes.

Des récits tardifs le font prêcher en Éthiopie ou en Perse et mourir martyr, mais ces traditions varient et ne remontent pas aux évangiles. Il est fêté le 21 septembre et considéré comme patron des comptables, des banquiers et des douaniers, en souvenir de son métier.

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