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Pistes de sermon

Des angles d’attaque pour préparer, à partir des lectures du jour. Ce ne sont pas des homélies : vous connaissez votre assemblée, pas ce site.

dimanche 27 septembre 2026

Voir les textes et leur analyse

Ce qui relie les lectures

Ézéchiel et Matthieu se répondent directement, comme toujours au Temps ordinaire : l'un affirme que le retournement d'un homme décide de sa vie plus que son passé, l'autre met en scène deux fils dont l'un se dédit en bien et l'autre en mal. Le psaume prolonge la prière du pécheur qui demande à Dieu d'oublier les égarements de sa jeunesse. La deuxième lecture, elle, poursuit la lecture semi-continue de Philippiens : elle n'a pas été choisie pour cet évangile, et il serait forcé d'en faire la clé des deux autres. Mais la rencontre est réelle et vaut d'être signalée : l'hymne christologique donne la figure d'un Fils qui, lui, a dit oui et est allé jusqu'au bout, et c'est son obéissance qui rend possible le retournement des deux autres. Utilisez-la comme fondement, pas comme parallèle littéraire.

Par où commencer

Il y a des phrases qu'on prononce sans y penser : « oui, je t'appelle cette semaine », « oui, je passerai te voir », « compte sur moi ». Et il y a ce qu'on a vraiment fait le jeudi suivant. Chacun ici sait la distance exacte entre les deux, et personne d'autre ne la connaît. C'est précisément dans cet écart que Jésus place sa question aux chefs religieux de Jérusalem.

Piste 1 Personne n'est enfermé dans sa réputation

Le mot qui a dû faire sursauter, dans la bouche de Jésus, n'est pas « publicains » ni « prostituées » : c'est le verbe qui dit qu'ils passent devant. Ils ne remplacent pas les chefs religieux, ils marchent en tête sur la même route — ce qui laisse la place ouverte derrière eux, et rend l'affront plus insupportable encore. Dans un monde où la naissance, le métier et la faute publique assignaient un homme à une place pour toujours, dire qu'un collecteur d'impôts entre avant un docteur de la Loi revenait à faire sauter le classement social et religieux tout entier. Ézéchiel avait déjà posé le principe : c'est l'état présent d'un homme devant Dieu qui décide, pas son dossier. Non par indulgence, mais parce que Dieu traite avec des vivants, pas avec des archives.

Dans le texte

Chez Ézéchiel, les deux cas sont symétriques et déroutants : le juste qui se détourne, le méchant qui se détourne. L'évangile applique exactement cette symétrie à deux fils, puis Jésus nomme les bénéficiaires réels de la parabole — et il les nomme devant les autorités religieuses, au Temple, pendant la semaine de sa Passion.

Où ça atterrit

Nous avons tous une ou deux personnes dont nous savons d'avance ce qu'elles sont : le cousin qui a fait de la prison, l'ancien collègue qui a menti sur ses comptes, le voisin qui a quitté sa famille. Nous ne leur voulons pas de mal ; simplement, la phrase qui les concerne est déjà écrite, et nous la ressortons intacte chaque fois que leur nom revient à table. Cette semaine, quand ce nom reviendra, ce serait déjà beaucoup de ne pas ajouter la phrase. Et si l'un d'eux a changé, de lui dire une fois, simplement, qu'on l'a remarqué. Ce n'est pas de la tolérance : c'est croire que le Christ est mort pour lui aussi, et que Dieu a sur lui une information plus fraîche que la nôtre.

L’écueil

Ne transformez pas cela en éloge du désordre, comme si la faute était une bonne préparation au Royaume : Jésus ne loue pas ce qu'ont été les publicains, il loue le fait qu'ils aient cru à Jean. Et ne faites pas des chefs religieux des méchants de théâtre : ils sont ici l'image du pratiquant sûr de lui, c'est-à-dire de nous.

Piste 2 Le « oui » qui ne coûte rien est le plus dangereux

Le second fils est irréprochable : sa réponse est respectueuse, rapide, elle emploie même le mot de l'adoration. Et rien ne suit. Ce fils-là ne ment pas vraiment, il fait quelque chose de pire : il achète la paix avec son père au prix d'une phrase, et il s'en va content de lui. C'est le péril propre des gens religieux, et Jésus s'adresse ici à des hommes dont toute la vie était une réponse correcte. Le péché de ce fils n'est pas la révolte, c'est le confort d'avoir bien répondu. L'autre a été grossier, mais il s'est retrouvé dans la vigne, avec de la terre sur les mains.

Dans le texte

Tout tient dans la construction en miroir : deux fils, la même demande, des réponses inversées, et une question posée aux auditeurs qui les oblige à se juger eux-mêmes avant de comprendre de qui l'on parle. Notez que le père ne commente ni le refus ni l'acceptation : c'est la journée de travail qui tranche.

Où ça atterrit

Pensez à ce que vous avez dit oui cette année et qui n'existe pas encore : la visite à la maison de retraite, la réconciliation avec votre frère « quand ce sera le bon moment », le coup de téléphone à cette amie qui vient de perdre son mari. Le plus honnête n'est pas de vous en vouloir, c'est d'en choisir un, un seul, et de fixer le jour avant de quitter cette église. Le repentir de l'évangile n'est pas un sentiment : c'est un homme qui se lève et marche vers la vigne. Et si vous avez un jour répondu non à Dieu, sèchement, en claquant la porte d'une paroisse ou d'une prière : cette parabole vous dit que le dossier n'est pas clos.

L’écueil

Évitez de suggérer que les paroles ne comptent pas et que « seuls les actes comptent » : le premier fils a mal parlé, ce n'est pas son mérite. Et n'installez pas l'idée que le salut se gagne au rendement : c'est le père qui appelle, et la vigne est la sienne.

Piste 3 Quand c'est Dieu qu'on trouve injuste

Ézéchiel ouvre par une plainte des exilés : la manière de faire de Dieu ne tient pas la route. C'est la protestation du croyant régulier qui voit un converti de la dernière heure accueilli les bras ouverts, alors que lui a tenu bon quarante ans sans applaudissements. Cette plainte est vieille comme la foi, et le Seigneur ne la balaie pas : il la retourne, et demande qui, au juste, a une manière de faire douteuse. Ce qui nous choque dans la miséricorde, c'est qu'elle ne nous rembourse pas. Le fond du problème n'est pas la justice de Dieu mais notre comptabilité, où nous nous sommes mis créanciers.

Dans le texte

La première lecture commence par une citation de ce que le peuple dit dans son dos, ce qui est rare, et la réponse divine prend la forme d'une question retournée. C'est le même procédé que dans l'évangile : Jésus fait répondre ses adversaires avant de leur montrer qu'ils ont prononcé leur propre sentence.

Où ça atterrit

Cela se joue dans des scènes très petites : le frère parti loin qui revient pour l'héritage et que les parents accueillent en fête, alors que vous avez porté les visites, les papiers, les hospitalisations. Le collègue arrivé il y a huit mois qui obtient ce que vous attendiez depuis quatre ans. La colère est légitime, et on ne vous demande pas de faire semblant qu'elle n'existe pas. On vous demande de ne pas la retourner contre Dieu, et de ne pas exiger qu'il soit moins bon avec un autre pour être juste avec vous. Concrètement : ne pas dire à table la phrase qui rabaisserait ce frère, et, si vous en êtes capable, lui écrire trois lignes.

L’écueil

Ne réglez pas cela par un « il faut se réjouir du bien des autres » lancé d'en haut : c'est exactement ce qui fait sortir les gens en silence. Et ne laissez pas entendre qu'Ézéchiel abolit toute solidarité humaine dans le péché ; il vise une résignation fataliste, pas la communion des saints.

Piste 4 Il y a un troisième fils dans cette histoire

La parabole en montre deux : un qui refuse puis va, un qui promet et reste. L'hymne de Philippiens en donne un troisième, qui dit oui et descend jusqu'au bout de la vigne — jusqu'à la croix. Sans lui, l'évangile du jour n'est qu'une leçon de cohérence morale, et personne n'a jamais été sauvé par une leçon de cohérence. Ce n'est pas notre volonté qui nous fait retourner vers la vigne : c'est d'avoir été rejoints par quelqu'un qui y est descendu le premier. Et notons que l'abaissement du Christ n'est pas une stratégie pédagogique : il est la manière dont Dieu est Dieu, ce qui était proprement impensable pour le monde antique, où la divinité se définissait par ce qu'elle ne pouvait pas subir.

Dans le texte

La deuxième lecture suit ici son cours propre dans Philippiens et n'a pas été accordée à l'évangile ; mais l'articulation entre l'exhortation de Paul et l'hymne montre que l'attitude demandée n'est pas un effort à fournir, elle est d'abord reçue de Celui dont on chante l'abaissement et l'exaltation.

Où ça atterrit

Estimer les autres supérieurs à soi n'est pas une opinion à se forcer d'avoir, c'est une place à prendre : laisser la parole à celui qui parle mal en réunion, accepter que la décision prise ne soit pas la vôtre sans y revenir trois fois, porter la valise de quelqu'un sans le raconter. Dans une famille, c'est renoncer à avoir le dernier mot dans une discussion qui tourne depuis des années. Et la raison de le faire n'est pas la bonne éducation : c'est que le Seigneur devant qui tout genou fléchit a commencé par se mettre au-dessous de nous. Si vous chantez cet hymne à la messe, vous ne pourrez plus tenir le haut du pavé chez vous le soir même.

L’écueil

Ne réduisez pas la kénose à un exemple d'humilité à imiter : l'anéantissement du Fils est un événement de salut avant d'être une vertu, sinon on prêche la modestie et non la Rédemption. Évitez aussi de faire croire que l'humilité chrétienne consiste à se dévaloriser ou à subir l'injustice sans rien dire.

Ce qu’il vaut mieux ne pas dire

N'opposez pas « ceux qui disent » et « ceux qui font » sur un ton qui laisserait entendre que la foi et les sacrements sont des mots et que seule l'action compte : c'est un contresens fréquent sur cette parabole et il vide la messe qu'on est en train de célébrer. De même, ne faites pas des publicains et des prostituées des personnages sympathiques par nature, comme si la marginalité valait sainteté ; ce qui est loué, c'est leur crédit accordé à Jean le Baptiste, pas leur vie antérieure.

Sur Ézéchiel, évitez deux dérapages. Le premier : conclure que Dieu tient une comptabilité au dernier instant, où tout dépendrait de l'état dans lequel la mort nous surprend, ce qui installe une angoisse que le texte ne veut pas produire — il annonce au contraire une possibilité toujours ouverte de vivre. Le second : lire la mort dont parle le prophète comme une menace de damnation individuelle qu'on brandirait, notamment devant des familles endeuillées par un suicide ou une mort soudaine.

Enfin, ne bâtissez pas votre plan sur un accord entre Philippiens et Matthieu comme s'il avait été voulu par le lectionnaire. Si vous prenez l'hymne, prenez-le pour ce qu'il est et donnez-lui sa place de fondement christologique ; ne le réduisez pas à « soyez humbles comme Jésus ». Et gardez-vous de conclure sur un « alors, lequel des deux fils êtes-vous ? » : la question est rhétorique, elle produit un frisson et aucun acte.

Pour préparer

  • Lc 15, 25-32 — Le fils aîné met en scène exactement la protestation d'Ézéchiel contre la façon de faire de Dieu.
  • Ez 33, 11 — Donne l'intention de tout le chapitre 18 : Dieu ne prend pas plaisir à la mort du pécheur mais à sa conversion.
  • Mt 7, 21 — Formule la même opposition entre la parole adressée au Seigneur et l'accomplissement effectif de la volonté du Père.
  • Catéchisme, § 461 — Lit l'hymne de Philippiens comme énoncé de l'Incarnation, ce qui évite de la réduire à un modèle d'humilité.

Ces pistes sont produites par une intelligence artificielle. Vérifiez toute référence avant de la citer, et méfiez-vous des exemples : ce qui ressemble à une anecdote vécue n’en est pas une. Rien ici ne remplace votre propre travail sur le texte.