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Pistes de sermon

Des angles d’attaque pour préparer, à partir des lectures du jour. Ce ne sont pas des homélies : vous connaissez votre assemblée, pas ce site.

dimanche 4 octobre 2026

Voir les textes et leur analyse

Ce qui relie les lectures

La première lecture et l'évangile sont accordés de façon très serrée : Matthieu reprend presque terme à terme le décor du chant d'Isaïe (la plantation, la clôture, le pressoir, la tour) pour que l'auditoire reconnaisse immédiatement de quoi il est question. Mais le déplacement est décisif : chez Isaïe, c'est la vigne elle-même qui déçoit ; chez Matthieu, la vigne est bonne, ce sont les vignerons qui refusent de rendre le fruit. Autrement dit, l'évangile ne condamne pas le peuple, il interpelle ceux à qui il a été confié. La deuxième lecture suit la lecture semi-continue de Philippiens et ne rejoint pas ce thème : elle achève l'épître par une exhortation à la paix et à la mise en pratique. Inutile de forcer le lien : ou bien on prêche la vigne, ou bien on prêche Philippiens 4, qui peut très bien porter un sermon à lui seul, surtout le dernier verset, où la pratique décide de tout.

Par où commencer

Il y a des maisons de famille dont personne ne veut plus parler, parce qu'à la mort des parents tout s'est joué là : qui l'occupe, qui la paie, qui en a la clé. Ce qui avait été reçu devient ce qu'on se dispute, et l'on finit par oublier que rien de tout cela n'a été fabriqué par nous. La parabole de ce dimanche part exactement de là : des hommes qui travaillent une vigne qu'ils n'ont pas plantée et qui finissent par se dire qu'elle leur appartient.

Piste 1 Le propriétaire qui s'obstine à envoyer quelqu'un

Le trait invraisemblable de cette parabole n'est pas la violence des vignerons : dans la Galilée des grands domaines, les conflits entre métayers et propriétaires absents étaient une réalité connue de tous les auditeurs. L'invraisemblance, c'est le maître. Un propriétaire normal aurait envoyé la troupe dès la première mort ; celui-ci envoie une deuxième délégation, puis son fils. Ce que la parabole met en scène, ce n'est pas la patience comme vertu, c'est l'entêtement de Dieu à ne pas passer par la force. Et le point culminant est que ce Fils envoyé, celui qui raconte l'histoire le sait, va être mis à mort hors de la ville quelques jours plus tard.

Dans le texte

Le récit est construit sur une répétition qui s'aggrave : serviteurs, serviteurs plus nombreux, enfin le fils, avec le calcul intérieur du propriétaire rapporté en style direct. C'est ce monologue du maître, et non la brutalité des vignerons, qui porte le sens du passage. Isaïe avait déjà posé la même question sans réponse : que pouvait-on faire de plus.

Où ça atterrit

Chacun de nous a congédié des envoyés. Le beau-frère qui a dit une fois, maladroitement, quelque chose de vrai sur notre manière de traiter nos parents, et à qui on ne parle plus qu'en surface. La remarque d'un ami sur notre façon de boire, qu'on a réussi à tourner en plaisanterie. Le même point qui revient en confession depuis dix ans sans qu'on y touche. Cette semaine : reprendre la conversation avec celui-là précisément, non pas pour avoir raison, mais pour lui dire qu'on a entendu. On le fait parce que Celui qui a envoyé, après les serviteurs, son propre Fils, continue d'envoyer quelqu'un vers nous, et que ce Fils est ressuscité : le dernier mot n'est pas au mur qu'on a dressé.

L’écueil

Ne pas transformer la patience de Dieu en indifférence : la parabole se termine par une question sur ce que fera le maître, et Jésus ne l'annule pas. L'obstination de Dieu n'est pas la garantie que nous aurons toujours le temps.

Piste 2 « Nous aurons son héritage » : la tentation du gérant qui se croit propriétaire

Le calcul des vignerons est lucide et court : le fils est là, donc l'héritier est là, donc en le supprimant la vigne devient sans maître. C'est le raisonnement de gens qui ont travaillé si longtemps la terre d'un autre qu'ils ne supportent plus l'idée de devoir rendre quelque chose. Le péché décrit ici n'est pas la paresse, c'est l'appropriation : ils produisent, ils entretiennent, ils tiennent le domaine — ils refusent seulement d'en remettre le fruit. Jésus vise ceux qui ont la charge du peuple de Dieu, et la charge, par nature, s'exerce sur ce qui ne nous appartient pas.

Dans le texte

Tout le passage tient sur la différence entre planter et louer : le propriétaire fait tout le travail initial, les vignerons n'arrivent qu'ensuite, et c'est le versement du produit en temps voulu que la réponse de l'auditoire finit par rétablir. Le détail du fils jeté hors de la vigne dit que le refus va jusqu'à l'expulsion du légitime.

Où ça atterrit

Cela touche d'abord ceux qui ont une charge : la chorale dont on parle en disant « ma » chorale, la catéchèse qu'on tient depuis quinze ans sans avoir jamais formé de successeur, le bureau d'association qu'on ne renouvelle pas. Cela touche aussi les familles au moment des successions, quand la maison de vacances devient le lieu d'un rapport de force entre frères et sœurs. Le geste, très concret : appeler quelqu'un cette semaine pour lui proposer de prendre la suite, lui transmettre les clés, les codes, le classeur — et accepter qu'il fasse autrement. Et pour l'héritage familial : décrocher le téléphone avant le notaire, une seule conversation, sur ce qu'on veut sauver de la relation plus que du bien. Nous ne rendons pas les clés par élégance, mais parce que rien de ce que nous tenons ne vient de nous.

L’écueil

Ne pas réduire cela à un conseil de bonne gouvernance paroissiale ou à un plaidoyer pour le renouvellement des équipes : le texte parle du refus de reconnaître un maître, pas d'un problème d'organisation.

Piste 3 La pierre que les bâtisseurs ont écartée

Après la parabole, Jésus change de registre et passe au chantier : ce que des professionnels ont mis de côté comme inutilisable se retrouve à l'angle, là où tout l'édifice s'appuie. Ce n'est pas une consolation sentimentale pour les mal-aimés : c'est l'affirmation que le jugement des bâtisseurs n'est pas le dernier. Dieu bâtit avec ce que nous avons jeté sur le bord du chantier. Les premiers chrétiens ont tout de suite lu là la mort et la résurrection du Christ, et c'est de cette pierre-là, et d'aucune autre, que vient notre droit d'espérer pour les nôtres.

Dans le texte

Le passage de la parabole au verset psalmique est brutal et voulu : la mise à mort du fils hors de la vigne est aussitôt relue comme la pierre rejetée. Jésus ne se contente pas d'accuser, il annonce ce qui sortira du refus.

Où ça atterrit

Il y a dans nos assemblées des gens qui ont été écartés : le licencié de cinquante-cinq ans qu'on n'a plus invité aux dîners parce qu'on ne savait pas quoi lui dire, l'enfant de la fratrie dont on a fini par décider qu'il ne réussirait rien, le paroissien devenu encombrant depuis son divorce. Le geste, cette semaine : celui qu'on a laissé glisser hors du cercle, on l'appelle, ou on l'invite à table un soir précis — avec une date, pas « un de ces jours ». Et pour celui qui se sent lui-même la pierre écartée : rien ne l'oblige à croire le verdict de ceux qui l'ont mis de côté, parce que le Christ est passé par là avant lui et en est sorti vivant.

L’écueil

Ne pas glisser vers un « chacun a de la valeur » qui n'a plus besoin de la résurrection pour tenir ; et ne pas laisser entendre que toute épreuve serait automatiquement retournée en bien dès cette vie.

Piste 4 Ce qui tourne en boucle à trois heures du matin

Si l'on choisit de prêcher la deuxième lecture, il faut prendre au sérieux son dernier mouvement : Paul ne demande pas de chasser l'inquiétude par un effort de volonté, il demande de la convertir en demande adressée, nommée, accompagnée d'action de grâce. La paix promise n'est pas un calme obtenu, c'est une garde posée sur le cœur et l'intelligence. Et le texte se termine sur un verbe d'action : ce qui a été appris et vu, il faut le faire — l'épître refuse de s'achever sur une émotion.

Dans le texte

Le passage articule trois temps : l'interdit de l'inquiétude, la prière avec action de grâce, puis l'examen de ce qui mérite qu'on y pense. L'expression finale ne conditionne pas la présence de Dieu à la performance, mais elle lie clairement la paix à la mise en pratique.

Où ça atterrit

Tout le monde connaît la liste qui revient vers trois heures du matin : la santé d'un parent, un enfant qui ne donne plus de nouvelles, un découvert, un examen médical dans dix jours. Paul propose quelque chose de faisable : prendre ces quatre choses une à une, les dire à Dieu par leur nom, à voix basse, et ajouter pour chacune une chose reçue qu'on n'avait pas demandée. Puis, le lendemain, faire la seule chose qui dépend de nous dans cette liste — l'appel, le rendez-vous, le mail — et laisser le reste. Ce n'est pas une technique d'apaisement : c'est croire que Quelqu'un écoute, et cette conviction-là ne se fabrique pas, elle se demande.

L’écueil

Ne pas dire à quelqu'un qui traverse une dépression ou une angoisse pathologique qu'il lui suffirait de prier ; Paul écrit à une communauté, pas une ordonnance, et l'inquiétude dont il parle n'est pas la maladie.

Ce qu’il vaut mieux ne pas dire

Le contresens le plus grave sur ce passage est la lecture de substitution : le royaume serait enlevé aux Juifs pour être donné aux chrétiens. Matthieu vise explicitement des responsables, et non un peuple ; l'avertissement porte sur ceux qui ont la charge de la vigne, ce qui inclut d'abord ceux qui prêchent. Une homélie qui laisse une assemblée avec l'idée que « nous » avons remplacé « eux » contredit à la fois le texte et la doctrine reçue : les dons de Dieu sont sans repentance.

Éviter aussi de faire d'Isaïe une menace météorologique ou punitive prise au premier degré : le chant de la vigne est d'abord un piège rhétorique, un chant d'amour qui se retourne en procès, et les auditeurs se condamnent eux-mêmes avant de comprendre. Le même mécanisme joue dans l'évangile, où c'est l'auditoire qui prononce la sentence. Là est la force du texte : ne pas la désamorcer en expliquant tout d'avance.

Enfin, ne pas plaquer Philippiens 4 sur la vigne en concluant que la paix de Dieu serait le fruit attendu du propriétaire : c'est une lecture semi-continue, le rapprochement n'est pas voulu, et il s'entendrait comme un artifice. Et ne pas conclure sur un appel général à « porter du fruit » sans dire lequel : le texte d'Isaïe, lui, nomme précisément ce qui est attendu, le droit et la justice.

Ces pistes sont produites par une intelligence artificielle. Vérifiez toute référence avant de la citer, et méfiez-vous des exemples : ce qui ressemble à une anecdote vécue n’en est pas une. Rien ici ne remplace votre propre travail sur le texte.