Marie
Marie est la mère de Jésus, une jeune femme juive de Nazareth, en Galilée, présente de sa naissance jusqu'à sa mort en croix. Les évangiles en parlent peu, mais aux moments décisifs.
À ne pas confondre
Il y a plusieurs Marie dans les évangiles, et c'est la confusion la plus fréquente : Marie Madeleine, Marie de Béthanie (sœur de Marthe et de Lazare), Marie mère de Jacques, Marie femme de Clopas. Aucune n'est la mère de Jésus.
Autre confusion très répandue : l'Immaculée Conception ne désigne pas la conception de Jésus, mais celle de Marie elle-même, préservée du péché dès l'origine selon la foi catholique ; c'est une croyance de la tradition, que les évangiles n'énoncent pas. Enfin, les « frères de Jésus » mentionnés par les évangiles sont l'objet d'un débat ancien : le mot peut désigner en sémitique des parents proches, cousins compris, et la tradition catholique les comprend ainsi.
Qui c'est
Marie est une jeune femme juive du village de Nazareth, en Galilée, au tout début du premier siècle. Son nom, en hébreu Miryam, est très courant à l'époque : c'était déjà celui de la sœur de Moïse, ce qui explique qu'on rencontre plusieurs Marie dans le Nouveau Testament.
Les évangiles la présentent comme fiancée puis épouse de Joseph, un artisan (le mot grec désigne un travailleur du bois ou de la construction). Ils ne disent rien de ses parents, rien de son âge, rien de sa vie après la Résurrection. Sur son milieu social, on ne sait que ce qu'en laisse deviner l'offrande modeste faite au Temple pour son fils : deux oiseaux, l'offrande prévue pour les familles pauvres.
La tradition l'appelle la Vierge Marie ou Notre-Dame. Ces titres sont postérieurs aux textes eux-mêmes, qui la nomment simplement Marie, ou plus souvent encore « la mère de Jésus ».
Dans les évangiles
Marie apparaît surtout au début de deux évangiles. Chez Luc, un messager de Dieu, l'ange Gabriel, lui annonce qu'elle enfantera un fils ; elle objecte qu'elle ne connaît pas d'homme, puis accepte. Elle rend ensuite visite à sa parente Élisabeth et prononce un long chant de louange, le Magnificat. Luc la montre encore à la naissance de Jésus, à la présentation au Temple où un vieillard, Syméon, lui annonce qu'une épée lui transpercera l'âme, et lorsqu'elle retrouve son fils de douze ans au Temple, sans comprendre sa réponse. Deux fois Luc note qu'elle « gardait ces événements dans son cœur ».
Chez Matthieu, elle est presque muette : c'est Joseph qui reçoit les avertissements en songe et qui agit, tandis qu'elle est nommée aux côtés de l'enfant lors de la visite des mages et de la fuite en Égypte.
Ensuite, elle disparaît presque. Marc ne la nomme qu'une fois, quand les gens de Nazareth appellent Jésus « le fils de Marie », et la mentionne dans une scène où la mère et les frères de Jésus viennent le chercher : Jésus répond que sa vraie famille est celle qui fait la volonté de Dieu.
Chez Jean, elle n'est jamais appelée par son nom, seulement « la mère de Jésus », et n'apparaît que deux fois : aux noces de Cana, où elle signale le manque de vin, et au pied de la croix, où Jésus la confie au disciple qu'il aimait. Les Actes des Apôtres la citent une dernière fois, en prière avec les disciples après l'Ascension. Après quoi les textes se taisent : on ne sait rien de la fin de sa vie.
Ce que la tradition en retient
Les évangiles montrent une femme qui consent, qui accompagne, qui interroge et qui ne comprend pas toujours. La tradition catholique a développé à partir de là une place beaucoup plus large.
Elle la reconnaît comme Mère de Dieu, non pas au sens où elle précéderait Dieu, mais parce que celui qu'elle a enfanté est confessé comme Dieu fait homme. Elle professe aussi sa virginité durable, son Immaculée Conception et son Assomption, c'est-à-dire son entrée corps et âme dans la gloire de Dieu au terme de sa vie ; ces deux derniers points ont été définis solennellement, l'un au XIXe siècle, l'autre au XXe.
La parole de Jésus en croix confiant sa mère au disciple a été lue très tôt comme la donnant pour mère à tous les croyants : c'est le fondement de la prière mariale, très présente dans la piété catholique. Les nombreux récits sur son enfance ou sa mort viennent d'écrits tardifs, extérieurs aux évangiles.
Passages à lire
- Lc 1, 26-38 — L'annonce de l'ange et la réponse de Marie : la scène qui fonde toute sa place dans les évangiles.
- Lc 1, 39-56 — La visite à Élisabeth et le Magnificat, le seul long discours de Marie dans les évangiles.
- Lc 2, 41-52 — Jésus à douze ans au Temple : Marie ne comprend pas la réponse de son fils et garde l'événement en mémoire.
- Mc 3, 31-35 — La mère et les frères de Jésus viennent le chercher ; Jésus redéfinit ce qu'est sa famille.
- Jn 2, 1-12 — Les noces de Cana : elle signale le manque de vin et dit aux serviteurs de faire ce que Jésus leur dira.
- Jn 19, 25-27 — Au pied de la croix, Jésus la confie au disciple qu'il aimait : sa dernière apparition dans les évangiles.
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