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Barthélemy

Barthélemy est l'un des Douze, les apôtres choisis par Jésus. Les évangiles ne disent rien de lui sinon son nom dans les listes ; la tradition l'identifie à Nathanaël, que seul l'évangile de Jean fait parler.

À ne pas confondre

Le point délicat est l'identification à Nathanaël : les évangiles ne la font jamais. Jean ne nomme jamais Barthélemy, les autres évangiles ne nomment jamais Nathanaël, et Philippe est associé à Barthélemy dans les listes comme il l'est à Nathanaël chez Jean : de là vient un rapprochement traditionnel, ancien et raisonnable, mais qui reste une hypothèse et non une donnée des textes.

Le Philippe qui l'amène à Jésus est l'apôtre Philippe, à ne pas confondre avec Philippe le diacre, un autre personnage qui apparaît plus tard dans les Actes des Apôtres.

Enfin, le mot « Saint-Barthélemy » désigne aussi, dans les livres d'histoire, le massacre de 1572 à Paris, ainsi nommé parce qu'il eut lieu le jour de sa fête : cela ne dit rien de l'apôtre lui-même.

Qui c'est

Barthélemy est un Galiléen du Ier siècle, compté parmi les Douze, ce groupe de disciples que Jésus choisit et envoie. Son nom n'est pas vraiment un prénom : c'est un patronyme araméen, bar-Tolmaï, « fils de Tolmaï ». On l'appelait donc par le nom de son père, comme on dirait « le fils d'un tel », ce qui laisse penser qu'il portait par ailleurs un autre nom personnel.

C'est l'un des arguments qui ont conduit la tradition à l'identifier à Nathanaël, nom hébreu qui signifie « Dieu a donné ». Nathanaël, selon l'évangile de Jean, est originaire de Cana, un village de Galilée.

En dehors de cela, on ne sait rien de sûr de lui : ni son métier, ni son âge, ni ce qu'il est devenu après la Résurrection.

Dans les évangiles

Sous le nom de Barthélemy, il n'apparaît que dans les listes des Douze : chez Matthieu, Marc et Luc, ainsi que dans les Actes des Apôtres. Il n'y prononce aucune parole et n'y accomplit aucun geste. Dans les trois listes des évangiles, son nom suit immédiatement celui de Philippe.

Sous le nom de Nathanaël, en revanche, l'évangile de Jean lui donne une vraie scène. Philippe vient le chercher et lui annonce avoir trouvé celui qu'annonçaient les Écritures, « Jésus, fils de Joseph, de Nazareth ». Nathanaël répond par une phrase de méfiance restée célèbre : « De Nazareth peut-il sortir quelque chose de bon ? » Philippe se contente de lui dire : « Viens, et vois. »

Jésus, le voyant venir, dit de lui : « Voici un véritable Israélite, un homme sans détour. » Nathanaël s'étonne d'être connu ; Jésus lui répond qu'il l'a vu sous le figuier avant même que Philippe ne l'appelle. Nathanaël déclare alors : « Rabbi, c'est toi le Fils de Dieu, c'est toi le roi d'Israël. » Il reparaît une dernière fois au bord du lac de Tibériade, après la Résurrection, présenté comme « Nathanaël, de Cana en Galilée ».

Ce que la tradition en retient

L'Église catholique le fête le 24 août et le vénère comme apôtre et martyr. La tradition l'identifie couramment à Nathanaël, au point que les deux noms sont souvent donnés ensemble ; il faut se rappeler que cette identification vient de la tradition et non des évangiles.

Des récits tardifs, extérieurs au Nouveau Testament, lui attribuent une prédication en Arménie ou aux confins de l'Inde, et une mort par écorchement. C'est de là que vient sa représentation habituelle dans l'art, tenant un couteau et sa propre peau — image frappante, mais qui ne repose sur aucun texte évangélique.

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