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André

André est un pêcheur de Galilée, frère de Simon-Pierre et l'un des douze apôtres ; selon l'évangile de Jean, c'est lui qui rencontre Jésus le premier et qui va chercher son frère pour le lui amener.

À ne pas confondre

André est le seul personnage de ce nom dans le Nouveau Testament : aucun homonyme ne guette ici. En revanche, on retient souvent qu'il y a « les frères » parmi les Douze en oubliant qu'il y a deux paires : André et Simon-Pierre d'un côté, Jacques et Jean fils de Zébédée de l'autre.

Dans le récit de Jean, André est l'un des deux disciples du Baptiste qui suivent Jésus ; le second n'est pas nommé, et la tradition l'identifie souvent à Jean, mais le texte ne le dit pas.

Enfin, la croix en forme de X dite « croix de saint André » et sa mort à Patras ne viennent pas des évangiles : ce sont des traditions postérieures.

Qui c'est

André est un pêcheur de Galilée, originaire de Bethsaïde, un village au bord du lac de Tibériade, et installé ensuite à Capharnaüm, où il partage une maison avec son frère Simon. Il vit au premier siècle, en Palestine, sous domination romaine, dans le milieu modeste des gens du lac qui vivent de leurs filets.

Son nom, Andreas, est un nom grec et non hébreu : il vient d'un mot qui signifie « homme », « viril ». Cela n'a rien d'étonnant en Galilée, région où la culture grecque était présente ; son compagnon Philippe, lui aussi de Bethsaïde, porte également un nom grec.

Il est surtout désigné dans les évangiles par un lien de famille : « André, frère de Simon-Pierre ». C'est ainsi que les listes des Douze le présentent, et il y figure toujours parmi les tout premiers nommés.

Dans les évangiles

Les évangiles racontent son appel de deux façons différentes. Chez Matthieu et Marc, Jésus longe le lac, voit Simon et André qui jettent le filet, leur dit « Venez à ma suite, je vous ferai pêcheurs d'hommes », et ils le suivent aussitôt en laissant leurs filets.

L'évangile de Jean donne un autre récit, et c'est le plus caractéristique. André est d'abord disciple de Jean-Baptiste ; il entend celui-ci désigner Jésus en disant « Voici l'Agneau de Dieu », il le suit et passe la journée avec lui. Puis il va trouver son frère Simon et lui dit : « Nous avons trouvé le Messie. » Il amène Simon à Jésus, et c'est là que Jésus donne à celui-ci le nom de Képhas, c'est-à-dire Pierre. André est donc, dans ce récit, celui par qui Pierre arrive.

Il réapparaît ensuite à quelques reprises, toujours dans un rôle d'intermédiaire. Avant la multiplication des pains, c'est lui qui repère dans la foule un garçon portant cinq pains d'orge et deux poissons, tout en remarquant que c'est bien peu. Quand des Grecs venus à Jérusalem demandent à voir Jésus, ils s'adressent à Philippe, qui en parle à André, et tous deux vont le dire à Jésus. Enfin, sur le mont des Oliviers, il fait partie des quatre disciples — avec Pierre, Jacques et Jean — qui interrogent Jésus à l'écart sur la destruction annoncée du Temple.

En dehors de ces passages, les évangiles ne disent rien de lui : ni sa fin, ni ce qu'il est devenu après la Résurrection.

Ce que la tradition en retient

La tradition chrétienne l'appelle volontiers le « Protoclet », mot grec signifiant « le premier appelé », en s'appuyant sur le récit de Jean où il rencontre Jésus avant son frère. Des écrits tardifs, qui ne sont pas reçus comme Écriture, lui attribuent une prédication en Grèce et dans les régions de la mer Noire, puis un martyre à Patras, en Grèce, sur une croix en forme de X : rien de cela ne figure dans les évangiles.

Il est vénéré comme apôtre et martyr, fêté le 30 novembre, et tenu pour patron de la Grèce, de l'Écosse et de la Russie. Les Églises d'Orient lui accordent une place particulière, l'Église de Constantinople le regardant comme son fondateur — ce qui explique que le pape et le patriarche de Constantinople échangent traditionnellement des délégations pour sa fête.

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