Thomas
Thomas est l'un des douze apôtres choisis par Jésus. Surnommé « Didyme », c'est-à-dire « le Jumeau », il est resté célèbre pour avoir refusé de croire à la résurrection avant d'avoir vu lui-même.
À ne pas confondre
Le surnom Didyme n'est pas un autre apôtre : c'est le même homme, « Thomas dit le Jumeau ».
Ne pas le confondre non plus avec Thomas d'Aquin, théologien du XIIIe siècle, ni avec Thomas Becket ou Thomas More : le prénom est répandu, ces personnages n'ont aucun lien avec l'apôtre.
Enfin, l'« Évangile de Thomas » et les « Actes de Thomas » sont des écrits tardifs qui portent son nom sans être de lui et qui ne font pas partie des quatre évangiles reçus par l'Église.
Qui c'est
Thomas est l'un des Douze, le groupe d'apôtres que Jésus s'est choisi parmi ses disciples. Les évangiles ne disent rien de son métier, de sa famille ni de son village : on ignore tout de lui hors de ce qu'il fait et dit dans les récits.
Son surnom, Didyme, est simplement la traduction grecque de son nom : l'araméen « Teoma » et le grec « Didymos » veulent tous deux dire « jumeau ». Quand l'évangile de Jean écrit « Thomas, appelé Didyme », il redouble donc le même mot dans deux langues, comme on dirait « Thomas, dit le Jumeau ». De qui était-il le jumeau ? Les évangiles ne le disent pas, et personne ne le sait.
On le rencontre aussi sous la forme « Thomas Didyme », qui n'est pas un second personnage mais le nom et le surnom accolés.
Dans les évangiles
Thomas figure dans les quatre listes des Douze (Matthieu, Marc, Luc, et les Actes des Apôtres), sans autre précision. C'est l'évangile de Jean qui lui donne un vrai relief, en quatre passages.
Quand Jésus décide de retourner en Judée, où l'on a voulu le lapider, c'est Thomas qui dit aux autres disciples : « Allons, nous aussi, mourir avec lui » (Jn 11, 16). Lors du dernier repas, c'est encore lui qui coupe court : « Seigneur, nous ne savons pas où tu vas ; comment en connaîtrions-nous le chemin ? » — et cette question amène la réponse « Je suis le chemin, la vérité et la vie » (Jn 14, 5-6).
Vient l'épisode le plus connu. Absent le soir de Pâques quand Jésus ressuscité se montre aux disciples, Thomas refuse leur témoignage : il exige de voir la marque des clous et d'y mettre le doigt. Huit jours plus tard, Jésus revient et lui offre exactement ce qu'il demandait. Le texte ne dit pas que Thomas ait touché : il rapporte sa réponse, « Mon Seigneur et mon Dieu », qui est la confession de foi la plus forte de tout l'évangile de Jean (Jn 20, 24-29).
On le retrouve enfin parmi les sept disciples qui pêchent au bord du lac de Tibériade (Jn 21, 2). Après cela, les évangiles n'en disent plus rien.
Ce que la tradition en retient
La tradition l'appelle couramment « Thomas l'incrédule », et l'expression a fini par désigner tout homme qui ne croit que ce qu'il voit. C'est une lecture très réductrice : dans l'évangile de Jean, Thomas est aussi celui qui propose d'aller mourir avec Jésus, et son doute débouche sur la plus haute reconnaissance de la divinité du Christ. La parole qui suit — « Heureux ceux qui croient sans avoir vu » — s'adresse d'ailleurs par-dessus lui à tous les lecteurs qui n'ont pas vu.
Une tradition ancienne, mais qui ne vient pas des évangiles, le fait partir évangéliser l'Inde ; les chrétiens de la côte de Kerala se rattachent à lui et se nomment « chrétiens de saint Thomas ». L'Église catholique le fête le 3 juillet.
Passages à lire
- Jn 11, 16 — Thomas propose aux autres disciples d'aller mourir avec Jésus : le courage, avant le doute.
- Jn 14, 5-6 — Sa question sur le chemin provoque la réponse « Je suis le chemin, la vérité et la vie ».
- Jn 20, 24-29 — L'épisode de l'incrédulité, et la confession de foi « Mon Seigneur et mon Dieu ».
- Jn 21, 2 — Thomas parmi les sept disciples au bord du lac de Tibériade, dernière mention dans les évangiles.
- Mc 3, 16-19 — Une des listes des Douze, où Thomas figure sans autre détail.
- Ac 1, 13 — Thomas est nommé parmi les apôtres réunis à Jérusalem après l'Ascension.
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