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Caïphe

Caïphe est le grand prêtre juif en fonction à Jérusalem au moment de la mort de Jésus : c'est devant lui que Jésus comparaît la nuit de son arrestation, avant d'être livré au gouverneur romain Pilate.

À ne pas confondre

Caïphe et Anne sont deux personnes distinctes : Anne, ancien grand prêtre, est son beau-père et conserve une grande influence ; c'est pourquoi les textes les nomment parfois ensemble. Cet Anne-là n'a rien à voir avec Anne la prophétesse du Temple (Lc 2, 36), ni avec sainte Anne, mère de Marie selon une tradition postérieure aux évangiles. Ne pas confondre non plus Caïphe, autorité juive, avec Ponce Pilate, autorité romaine, ni avec Hérode : ce sont trois pouvoirs différents devant lesquels Jésus comparaît. Enfin, Marc et Luc racontent la comparution devant « le grand prêtre » sans le nommer : il s'agit du même personnage.

Qui c'est

Son nom complet, connu par l'historien juif Flavius Josèphe, est Joseph, dit Caïphe. Il exerce la charge de grand prêtre de Jérusalem d'environ 18 à 36 après Jésus-Christ, soit une durée exceptionnellement longue pour l'époque. L'évangile de Jean précise qu'il est le gendre d'Anne, lui-même ancien grand prêtre (Jn 18, 13).

Le grand prêtre était le chef du sacerdoce du Temple de Jérusalem, seul autorisé à pénétrer une fois l'an dans la partie la plus sacrée du sanctuaire. Il présidait aussi le Sanhédrin, le grand conseil qui réglait les affaires religieuses et une partie des affaires civiles du peuple juif. C'était donc à la fois une autorité religieuse et le principal interlocuteur politique de la population.

À l'époque de Caïphe, la Judée est occupée par Rome, et le grand prêtre est nommé — et révoqué — par l'autorité romaine. Sa longévité en fonction indique qu'il sut s'entendre avec le préfet Ponce Pilate, avec qui il gouverne parallèlement pendant une dizaine d'années. Cette position l'oblige à un équilibre constant : maintenir le culte et l'ordre, éviter tout mouvement populaire qui provoquerait une répression romaine.

Dans les évangiles

Luc situe le ministère de Jean-Baptiste « sous le pontificat d'Anne et de Caïphe » (Lc 3, 2), manière de dater les événements par les autorités en place.

Dans l'évangile de Jean, après la résurrection de Lazare, les chefs des prêtres s'inquiètent de l'affluence autour de Jésus et craignent une intervention romaine. Caïphe intervient alors par une phrase restée célèbre : « il vaut mieux qu'un seul homme meure pour le peuple » (Jn 11, 50). Jean commente cette parole comme une prophétie que Caïphe prononce sans en mesurer la portée.

Matthieu rapporte que les chefs des prêtres et les anciens se réunissent dans le palais de Caïphe pour décider d'arrêter Jésus (Mt 26, 3-4). Après l'arrestation, Jésus est conduit devant lui : des témoignages sont produits, Jésus garde le silence, puis répond à la question du grand prêtre sur son identité. Caïphe déchire alors ses vêtements — geste rituel d'indignation — et parle de blasphème (Mt 26, 57-66).

Jean précise que Jésus est d'abord mené chez Anne, qui l'envoie ensuite à Caïphe, puis que de chez Caïphe on le conduit au prétoire, résidence du gouverneur romain (Jn 18, 24. 28). Les évangiles ne disent rien de la fin de Caïphe ; le livre des Actes le mentionne encore une fois, lors de l'interrogatoire de Pierre et Jean (Ac 4, 6).

Ce que la tradition en retient

La tradition chrétienne a retenu Caïphe comme la figure de l'autorité religieuse qui condamne Jésus, et sa phrase sur l'homme qui meurt « pour le peuple » a été lue comme une annonce involontaire du sens de la mort du Christ. Les récits de la Passion, lus chaque année pendant la Semaine sainte, font entendre son nom.

La tradition catholique rappelle aujourd'hui que la responsabilité de la mort de Jésus ne saurait être imputée au peuple juif dans son ensemble : les évangiles mettent en cause un petit groupe de responsables, à un moment donné, dans un contexte politique précis. Sur Caïphe lui-même, en dehors des évangiles, des Actes des Apôtres et de quelques lignes de Flavius Josèphe, on ne sait presque rien.

Passages à lire

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